Publié le 10 février 2026. Le président indonésien Prabowo Subianto a annoncé la construction d’une tour de 40 étages à Jakarta pour abriter plusieurs institutions islamiques, un projet qui suscite déjà des interrogations quant à ses motivations.
- Une tour de 40 étages sera construite dans le quartier central de Jakarta, sur l’ancien emplacement de l’ambassade britannique.
- Le bâtiment accueillera le Conseil indonésien des oulémas (MUI) et d’autres organisations islamiques importantes.
- Ce projet a soulevé des critiques, certains y voyant une tentative de cooptation des institutions religieuses par le pouvoir en place.
Le projet, révélé par le président Prabowo Subianto, vise à regrouper plusieurs acteurs clés du paysage islamique indonésien au sein d’un même complexe. Selon le secrétaire d’État, Prasetyo Hadi, la construction débutera sur un terrain vierge, l’ancien bâtiment de l’ambassade britannique ne devant pas être intégré au projet. « Oui, il sera construit à partir de zéro », a-t-il confirmé le 10 février 2026, précisant que le financement pourrait provenir du ministère des Affaires religieuses ou d’autres sources.
Nusron Wahid, président du secteur d’atténuation des catastrophes au sein du MUI, a expliqué que la tour abritera non seulement le MUI, mais également l’Agence nationale Amil Zakat (chargée de la collecte de la zakat, l’aumône obligatoire en Islam), l’Agence indonésienne Wakaf (gestion des biens pieux), l’Agence de gestion financière du Hajj et d’autres organisations similaires. L’objectif affiché est de rationaliser les coûts administratifs et de permettre à ces institutions de se concentrer pleinement sur leurs missions sociales. « L’objectif est que ces institutions soient libérées des charges mensuelles et se concentrent sur le service à la population », a-t-il déclaré.
Cependant, cette initiative ne fait pas l’unanimité. Herdiansyah Hamzah, professeur de droit constitutionnel à l’Université Mulawarman, exprime des réserves quant à la pertinence d’un tel édifice. Il craint que ce regroupement ne soit pas motivé par des considérations d’efficacité, mais plutôt par une volonté politique de contrôler ces organisations.
« Il n’y a aucun besoin urgent d’un bâtiment aussi haut, si ce n’est pour servir les intérêts et la légitimité du groupe au pouvoir. Ces organisations pourraient devenir une marque sur les décisions politiques de ceux qui sont au pouvoir. »
Herdiansyah Hamzah, professeur de droit constitutionnel à l’Université Mulawarman
Il souligne que cette démarche s’inscrit dans une tendance plus large à accorder des avantages aux organisations religieuses, souvent pour des raisons politiques plutôt que pour l’intérêt général.
La conception du bâtiment est en cours et le budget total du projet n’a pas encore été défini. Les prochaines étapes consisteront à finaliser les plans et à sécuriser les financements nécessaires pour lancer la construction.
Hendrik Yaputra et Novali Panji Nugroho ont contribué à la rédaction de cet article.
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