Publié le 2025-10-21 19:10:00. Une étude menée sur plus de 350 femmes a exploré le lien potentiel entre les niveaux de vitamine B12 et le succès des traitements de fécondation in vitro (FIV). Les résultats, basés sur des analyses fines, pourraient éclairer les protocoles à suivre pour optimiser les chances de grossesse.
- Une cohorte de 356 femmes ayant suivi un traitement de FIV entre novembre 2018 et décembre 2019 a été analysée.
- L’étude a examiné les taux sériques de vitamine B12 chez ces patientes, en divisant la population en trois groupes selon ces niveaux.
- Les critères d’inclusion et d’exclusion visaient à isoler les effets de la vitamine B12 sur les taux de grossesse clinique.
La recherche s’est déroulée à l’Hôpital populaire de Shiyan, affilié à l’Université de médecine du Hubei. Les 375 patientes initialement suivies pour une FIV ont été traitées selon un protocole agoniste de la GnRH en phase folliculaire. Avant le début du traitement, des prélèvements sanguins ont permis de mesurer les taux de vitamine B12 par chimiluminescence. Après application des filtres de sélection, 356 participantes ont été retenues pour l’analyse finale.
Les critères d’inclusion ont spécifiquement ciblé des femmes âgées de 20 à 45 ans, diagnostiquées d’infertilité et ne recevant pas leur premier cycle de FIV. Une attention particulière a été portée au taux d’hormone anti-Müllerienne (AMH), fixé entre 1,0 et 4,0 ng/mL. Cette mesure visait à exclure les cas de réserve ovarienne diminuée (DOR) ou de syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), qui pourraient biaiser les résultats. Les critères d’exclusion comprenaient les conditions médicales graves (hypertension, diabète, maladies gastro-intestinales), la nécessité de tests génétiques préimplantatoires (PGT), d’autres troubles endocriniens affectant le métabolisme (maladie thyroïdienne, hyperprolactinémie) ainsi que la prise de suppléments de vitamine B dans les trois mois précédant l’étude.
L’étude a obtenu l’approbation du comité d’éthique de l’hôpital et tous les couples ont fourni un consentement éclairé. Pour explorer d’éventuelles relations non linéaires entre la vitamine B12 et les taux de grossesse, la population a été divisée en trois groupes égaux en fonction de leurs taux de vitamine B12 : un groupe « faible » (96,89–292,70 pg/mL, n=119), un groupe « moyen » (293,31–422,44 pg/mL, n=118) et un groupe « élevé » (422,88–1215,28 pg/mL, n=119).
Stimulation ovarienne et suivi de grossesse
Le protocole de stimulation ovarienne comprenait une injection de 3,75 mg d’acétate de triptoréline à action prolongée le deuxième ou troisième jour du cycle. Après une période de régulation (« down-regulation ») de 30 à 42 jours, une stimulation par gonadotrophine (FSH recombinante humaine ou LH humaine méningée, 75 UI/jour) a été initiée. La stimulation était arrêtée lorsque plus de deux follicules atteignaient 18 mm de diamètre, suivie d’une injection de 250 µg de gonadotrophine chorionique humaine recombinante (hCG). La ponction ovocytaire était réalisée 36 heures plus tard. L’évaluation morphologique des embryons a eu lieu entre le troisième et le cinquième jour après la ponction, permettant la sélection des embryons de haute qualité pour le transfert.
Le diagnostic de grossesse clinique était posé en cas de taux sérique d’hCG positif associé à la visualisation échographique d’un sac gestationnel à environ six semaines d’aménorrhée. Des dosages hormonaux (FSH, LH, œstradiol et progestérone) ont également été effectués les deuxième et troisième jours des règles ainsi que le jour du déclenchement de l’ovulation, à l’aide de kits de chimiluminescence commerciaux.
Mesures des résultats et analyse statistique
Le critère de jugement principal de l’étude était le taux de grossesse clinique (CPR). Le taux de grossesse clinique cumulé (CCPR), défini comme le nombre de grossesses cliniques obtenues par cycle de prélèvement d’ovocytes, a également été calculé. La formule utilisée était la suivante : CCPR = (Nombre de premières grossesses cliniques dans les cycles frais et congelés / Nombre d’ovocytes récupérés dans les cycles) × 100%. La période d’observation s’étendait sur deux ans ou jusqu’à l’obtention d’une grossesse clinique, ou l’utilisation de tous les embryons disponibles.
Toutes les analyses statistiques ont été réalisées à l’aide du logiciel SPSS version 22.0 et d’EmpowerStats. Les variables continues normalement distribuées étaient exprimées en moyenne ± écart-type, tandis que les variables catégorielles étaient présentées en pourcentages. Une analyse univariée a permis d’identifier les facteurs de confusion potentiels, suivie d’une analyse de régression logistique multivariée pour évaluer la relation entre les niveaux de vitamine B12 et le taux de grossesse clinique, en tenant compte de ces facteurs. Des rapports de cotes avec intervalles de confiance à 95% ont été présentés. Une analyse par ajustement de courbe lisse a été employée pour évaluer l’association linéaire et un modèle de régression par morceaux a permis de déterminer d’éventuels effets de seuil.