Home Accueil La vraie raison pour laquelle Trump veut laisser mourir notre traité sur les armes nucléaires avec la Russie.

La vraie raison pour laquelle Trump veut laisser mourir notre traité sur les armes nucléaires avec la Russie.

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L’expiration du traité New START, dernier accord majeur de contrôle des armements nucléaires entre les États-Unis et la Russie, se profile à l’horizon, illustrant une fois de plus la propension de Donald Trump à privilégier l’autopromotion à la stabilité internationale. Le président sortant a réaffirmé son intention de ne pas renouveler cet accord, préférant, selon ses dires, négocier un nouveau traité, une démarche largement perçue comme une simple manœuvre rhétorique.

Jeudi, l’ancien président a publié un message sur les réseaux sociaux annonçant sa décision de laisser expirer New START, sans exprimer de réelle préoccupation. Il a écrit : « Plutôt que de prolonger le « NOUVEAU DÉPART » (un accord mal négocié… qui, en dehors de tout le reste, est gravement violé), nous devrions demander à nos experts nucléaires de travailler sur un nouveau traité amélioré et modernisé qui puisse perdurer longtemps. »

Pourtant, cet accord, signé en 2011, avait été salué à l’époque pour ses exigences strictes en matière de réduction des armes nucléaires et de vérification sur place. Si le paysage nucléaire actuel a évolué, New START restait un pilier essentiel de la sécurité mondiale. Le véritable obstacle pour Donald Trump semble être d’ordre personnel : l’accord avait été négocié et signé par son prédécesseur, Barack Obama, un homme qu’il a toujours ouvertement méprisé et envié.

Vladimir Poutine, le président russe, avait proposé une prolongation d’un an du traité, une offre rejetée par Trump. New START prévoyait d’ailleurs une prolongation unique de cinq ans, que Poutine et Joe Biden ont d’ores et déjà signée en 2021.

Dans son message, Trump a également avancé plusieurs affirmations erronées concernant le renforcement de l’armée américaine durant son mandat. Il a notamment déclaré avoir « complètement reconstruit [notre] armée, y compris des armes nucléaires nouvelles et de nombreuses remises à neuf ». Or, c’est sous l’administration Obama que le développement de nouvelles armes nucléaires pour la « Triade stratégique » (missiles balistiques intercontinentaux, missiles balistiques lancés depuis des sous-marins et bombardiers) avait été approuvé. Trump n’a ajouté aucune nouvelle arme nucléaire durant son premier mandat, et le premier vol du bombardier B-21 a eu lieu sous la présidence de Biden.

L’ancien président a également affirmé que les dépenses militaires américaines étaient à des niveaux sans précédent, surpassant même celles de la Seconde Guerre mondiale ou des présidences de John F. Kennedy et Ronald Reagan. Cette affirmation est également inexacte.

Trump a également évoqué la construction de nouveaux cuirassés, qu’il décrit comme « 100 fois plus puissants » que ceux de la Seconde Guerre mondiale, une idée qui relève davantage du fantasme que de la réalité. Aucun officier de marine ne soutient un tel projet, et la construction de tels navires semble hautement improbable.

L’ancien président s’est également attribué le mérite d’avoir « empêché les guerres nucléaires d’éclater » entre l’Inde et le Pakistan, l’Iran et Israël, et la Russie et l’Ukraine. Cette déclaration est particulièrement audacieuse, compte tenu de ses précédentes affirmations exagérées concernant son rôle de pacificateur. La situation entre l’Inde et le Pakistan était déjà apaisée avant que Trump ne revendique un quelconque mérite, et une guerre nucléaire entre l’Iran et Israël n’était pas imminente, l’Iran ne disposant pas d’armes nucléaires. Quant à la Russie et l’Ukraine, l’arrêt des livraisons d’armes à l’Ukraine par Trump pourrait même avoir contribué à aggraver la situation.

Concernant New START, Trump réaffirme son intention de négocier un accord « amélioré et modernisé », à l’instar de ce qu’il avait promis de faire avec l’accord nucléaire iranien en 2018, sans jamais réellement entamer de négociations. Il n’existe actuellement aucun « expert nucléaire » au sein de son administration capable de mener de telles discussions.

Quelques jours avant sa décision finale, des informations laissaient entendre que les États-Unis et la Russie étaient sur le point de conclure un accord de prolongation, une initiative proposée par Jared Kushner et Steve Witkoff, son gendre et un promoteur immobilier. Leur implication dans de telles négociations soulève des questions quant à leur expertise en matière de contrôle des armements.

L’expiration imminente de New START est le résultat d’une politique délibérée menée depuis le début du mandat de Trump. S’il avait réellement souhaité négocier un nouveau traité, il aurait pu le faire il y a des mois.

Au-delà des questions de sécurité internationale, cette affaire révèle une obsession de Trump pour la reconnaissance personnelle. Il a récemment proposé de restaurer les fonds pour le projet de tunnel Gateway reliant New York et le New Jersey, à condition que la gare et l’aéroport portent son nom. Cette attitude illustre sa volonté de laisser une empreinte indélébile, quitte à sacrifier l’intérêt général. Il aspire à voir son nom gravé sur le plus grand nombre de monuments possible : le Trump-Kennedy Center for the Performing Arts, le Trump Institute of Peace, une arche monumentale au large du Memorial Bridge, et bien d’autres.

Cette quête d’immortalité est, aux yeux de nombreux observateurs, pathétique. Malgré sa fortune personnelle et son pouvoir, Trump semble incapable de se contenter de l’histoire, préférant imposer son nom de force. Il ignore que la plupart des hommages présidentiels sont décidés après leur départ de la vie publique, voire après leur décès, en signe de respect et de nostalgie. Les initiatives de Trump, en revanche, apparaissent comme une manifestation criarde d’égocentrisme.

Il est fort probable que ces monuments soient renommés après son départ, mais les conséquences de sa politique désastreuse seront plus difficiles à effacer.

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