Une étude mondiale alarmante prévoit une augmentation disproportionnée des cas de cancer dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, soulignant un manque crucial de données en Afrique subsaharienne qui entrave la planification des politiques de santé publique.
L’analyse systématique de l’étude 2023 sur la charge mondiale des maladies, des traumatismes et des facteurs de risque (Global Burden of Diseases, Injuries, and Risk Factors Study – GBD) révèle des prévisions sombres concernant l’évolution du cancer à l’échelle mondiale. Si l’étude fournit des estimations précieuses, elle met également en lumière des lacunes importantes dans les données géographiques, particulièrement critiques pour orienter les décisions politiques.
Le problème est particulièrement aigu en Afrique subsaharienne, où la surveillance du cancer est notoirement insuffisante. L’étude GBD 2023 constate que 23 pays sur les 47 que compte la région (soit 48,9 %) ne sont pas représentés dans les données disponibles. De plus, les informations existantes sont souvent obsolètes : par exemple, les données du registre namibien datent de 1983 à 1992.
« Ces lacunes en matière de données représentent un obstacle majeur à la mise en œuvre de stratégies efficaces de prévention et de traitement du cancer en Afrique subsaharienne », explique Lisa M. Force, co-auteure de l’étude. L’absence d’informations fiables et récentes rend difficile l’évaluation précise de l’incidence du cancer, l’identification des populations les plus à risque et l’allocation adéquate des ressources.
L’étude GBD 2023, qui offre une vue d’ensemble de la charge mondiale du cancer, souligne donc l’urgence de renforcer les systèmes de surveillance du cancer dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, afin de mieux comprendre l’évolution de la maladie et d’améliorer la santé des populations.