Publié le 2024-10-27 10:30:00. Une vision non corrigée et un taux de cholestérol LDL élevé sont désormais identifiés comme des facteurs de risque modifiables de démence, ouvrant la voie à des stratégies de prévention potentiellement efficaces pour réduire l’incidence de cette maladie neurodégénérative.
- Jusqu’à 45 % des cas de démence pourraient être évités en agissant sur ces facteurs de risque.
- La Commission Lancet a élargi sa liste de facteurs de risque modifiables à 14, incluant désormais les problèmes de vue et l’hypercholestérolémie.
- Une stimulation cognitive réduite due à une mauvaise vision et des problèmes de circulation cérébrale liés au cholestérol LDL sont les mécanismes sous-jacents.
De nouvelles recherches mettent en lumière l’importance de la santé oculaire et cardiovasculaire dans la prévention de la démence. La Commission Lancet, un groupe d’experts internationaux, a récemment mis à jour sa liste des facteurs de risque modifiables associés à cette maladie, ajoutant la perte de vision non traitée et un taux élevé de cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) au milieu de vie. Cette mise à jour souligne le potentiel de réduire significativement le nombre de cas de démence grâce à des interventions ciblées.
Jusqu’à présent, des facteurs tels que l’hypertension artérielle, le tabagisme et la perte auditive étaient déjà reconnus comme des éléments modifiables influençant le risque de démence. L’ajout de la vision et du cholestérol porte désormais à 14 le nombre de facteurs sur lesquels il est possible d’agir. Selon les estimations de la Commission Lancet, une lutte systématique contre ces 14 facteurs pourrait permettre d’éviter jusqu’à 45 % des cas de démence. « Dans de nombreux cas, la démence n’est pas une fatalité », affirment les experts.
Vision : un indicateur précoce pour le cerveau
La détérioration de la vision, lorsqu’elle n’est pas corrigée, peut avoir des conséquences insidieuses sur la santé cognitive. Les personnes souffrant de problèmes de vue non traités ont tendance à s’isoler socialement, à réduire leur activité physique et à diminuer leur stimulation mentale. Cette réduction de la stimulation affaiblit la « réserve cognitive » du cerveau, c’est-à-dire sa capacité à faire face aux dommages et à maintenir ses fonctions. Il est particulièrement préoccupant de noter que des problèmes de vision peuvent apparaître jusqu’à douze ans avant un diagnostic de démence, soulignant l’importance des examens oculaires réguliers, non seulement pour la santé des yeux, mais aussi pour la santé du cerveau.
Cholestérol : quand la circulation cérébrale est compromise
Le deuxième nouveau facteur de risque identifié met en évidence le lien étroit entre la santé cardiaque et la santé cérébrale. Un taux élevé de cholestérol LDL favorise l’athérosclérose, un processus d’accumulation de plaques dans les artères, entraînant leur calcification et réduisant le flux sanguin vers le cerveau. Les taux élevés de cholestérol LDL entre 40 et 65 ans sont particulièrement critiques. Un contrôle précoce par l’alimentation, l’exercice physique ou, si nécessaire, des médicaments comme les statines, protège à la fois la santé cardiovasculaire et cognitive.
L’approche holistique : l’axe cœur-cerveau
Ces nouvelles découvertes renforcent l’approche dite de « l’axe cœur-cerveau », qui reconnaît que la santé du cœur et celle du cerveau sont intimement liées. Tout ce qui est bénéfique pour le cœur l’est également pour le cerveau. Pour les professionnels de santé, cela implique que des contrôles réguliers de l’acuité visuelle et des taux de lipides sanguins devraient devenir une pratique courante. Des études plus approfondies sont en cours pour déterminer dans quelle mesure une correction visuelle adéquate peut réduire le risque de démence. Cependant, le message est clair : une approche proactive de sa propre santé est la meilleure protection pour son esprit.
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