Publié le 18 février 2024 10h16:00. L’Institut néerlandais de la santé (ZonMw) remet en question l’efficacité du lécanemab, un médicament récemment autorisé pour traiter la maladie d’Alzheimer à un stade précoce, soulignant un bénéfice clinique limité et des risques d’effets secondaires graves. Cette évaluation pourrait remettre en cause sa mise à disposition aux patients.
- Le lécanemab, autorisé dans l’Union européenne, n’apporte selon l’Institut néerlandais de la santé aucune valeur ajoutée significative pour la majorité des patients atteints de la maladie d’Alzheimer à un stade précoce.
- Moins de 15 % des patients concernés pourraient être éligibles au traitement, et même chez eux, l’amélioration clinique observée est jugée trop faible pour être perceptible.
- Des effets secondaires potentiellement graves, tels que des hémorragies cérébrales et un œdème cérébral, constituent un risque majeur pour les patients.
L’Institut néerlandais de la santé (ZonMw) a exprimé de fortes réserves quant à l’intérêt thérapeutique du lécanemab, un médicament destiné à ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer à un stade précoce. Alors que la Commission européenne avait donné son feu vert pour sa commercialisation l’année dernière, un neurologue du Centre Alzheimer d’Amsterdam avait déjà salué cette autorisation comme une « avancée importante ». L’avis de ZonMw nuance considérablement cet optimisme.
Selon l’Institut, le lécanemab ne présente aucun avantage clinique notable pour la grande majorité des patients. Moins de 15 % des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer à un stade précoce pourraient même être éligibles au traitement. Et pour ceux qui le seraient, l’effet du médicament est jugé trop faible pour se traduire par une amélioration significative de leur état. Les patients continuent de « se détériorer de manière significative » malgré le traitement, soulignent les experts.
Les risques associés au lécanemab sont également une source de préoccupation majeure. Des effets secondaires graves, tels que des hémorragies cérébrales et un gonflement du cerveau, ont été identifiés. Ces complications peuvent entraîner une paralysie, une perte de la parole, une confusion sévère et, dans de rares cas, le décès.
Alzheimer Nederland, l’association néerlandaise de lutte contre la maladie d’Alzheimer, adopte une position plus nuancée. L’organisation estime que les patients devraient avoir le droit de choisir eux-mêmes s’ils souhaitent bénéficier de ce traitement, même s’il n’est pas sans risque.
« Il y a effectivement un effet modeste, mais cela concerne la vie de quelqu’un. La question de savoir si vous souhaitez entreprendre ce traitement est une affaire de patient, en consultation avec le médecin traitant. Cela prive un groupe limité de patients de la possibilité de retarder un stade plus grave de la maladie. Nous espérons que le ministre mettra le médicament à la disposition de ce groupe limité d’une manière ou d’une autre. »
Alzheimer Nederland
Alzheimer Nederland considère le lécanemab comme une « première étape » dans le développement de médicaments contre la maladie d’Alzheimer, comparant sa situation initiale à celle de certains traitements contre le cancer ou la sclérose en plaques (SEP) qui, à leurs débuts, présentaient des effets limités et des risques importants. L’organisation espère que des médicaments plus efficaces et mieux tolérés seront développés à l’avenir.
Interrogé, le ministère de la Santé a indiqué qu’il examinait attentivement les recommandations de l’Institut de la santé. Une lettre sera adressée au Parlement « dans les plus brefs délais » pour informer les parlementaires de la décision du ministre concernant la mise à disposition du lécanemab. Il est généralement admis que le ministère suit les avis des instituts scientifiques.
Mark Janssen, directeur de l’Institut de la santé, a exprimé sa « grande déception » face au manque d’avancée majeure représentée par le lécanemab, tout en restant optimiste quant aux progrès futurs dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer.
On estime qu’environ 217 000 Néerlandais sont atteints de la maladie d’Alzheimer, dont environ 80 000 se trouvent à un stade précoce. Les causes exactes de la maladie restent encore mal comprises, mais on sait qu’elle est associée à l’accumulation de protéines anormales dans le cerveau. Le lécanemab agit en se fixant à ces protéines, favorisant ainsi leur élimination par l’organisme.
(Note : le paragraphe suivant est conservé tel quel car il s’agit d’une illustration contextuelle et ne contient pas d’informations directement liées à l’évaluation du médicament.) Grâce à une boussole spéciale pour les personnes atteintes de démence, qui inclut la maladie d’Alzheimer, Truus peut à nouveau sortir de manière autonome. Un grand soulagement pour elle, confiait-elle à EditieNL en novembre dernier :