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l’alarme silencieuse de l’ostéoporose au Portugal

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Publié le 2025-10-25 17:03:00. Au Portugal, l’ostéoporose déclenche une alarme silencieuse mais persistante, synonyme de fractures osseuses fréquentes, notamment chez les plus de 50 ans. Malgré son impact majeur sur la santé publique et les coûts associés, la maladie reste largement sous-diagnostiquée et sous-traitée, tirant la sonnette d’alarme de médecins inquiets.

  • Près de 200 fractures ostéoporotiques quotidiennes sonnent l’alerte au Portugal.
  • Plus de 600 000 Portugais seraient touchés par l’ostéoporose, un chiffre en hausse.
  • La maladie souffre d’un sous-diagnostic et d’un sous-traitement criants, malgré l’existence de solutions efficaces.

Le Portugal fait face à une véritable urgence de santé publique avec l’ostéoporose. En 2019, cette maladie silencieuse qui fragilise les os aurait affecté plus de 600 000 personnes dans le pays. Les projections sont alarmantes : d’ici 2034, le nombre de fractures liées à cette pathologie pourrait connaître une augmentation de près de 29 %, atteignant quelque 91 200 cas par an. Le Docteur Filipe Cabral, médecin généraliste et membre du Groupe d’étude sur les maladies cardiovasculaires de l’Association portugaise de médecine générale et familiale (APMGF), qualifie l’ostéoporose de « problème de santé publique d’une grande importance au Portugal ».

La réalité sur le terrain contredit les besoins : l’ostéoporose est loin d’être appréhendée à sa juste mesure. Les données révèlent une prévalence de diagnostic particulièrement faible, ne dépassant pas 3,4 % en juin 2025, un chiffre bien inférieur aux 5,6 % constatés dans l’étude SCOPE. Ce constat est d’autant plus préoccupant que le traitement est souvent négligé. En 2019, seulement 25 % des femmes éligibles et 21,6 % des patients ayant déjà subi une fracture de fragilisation recevaient un traitement approprié, alors que leur indication était avérée. Heureusement, un effort est en cours : le nombre de personnes effectivement traitées est passé de 37 % à 75 % entre 2010 et 2019.

Ce double fléau du sous-diagnostic et du sous-traitement engendre un nombre élevé de fractures de fragilité. Ces dernières sont associées à une morbidité et une mortalité considérables. Les conséquences d’une fracture de la hanche sont particulièrement graves : près de 30 % de mortalité la première année et une perte d’autonomie pour la moitié des patients affectés. Les coûts pour le système de santé sont astronomiques, s’élevant à environ un milliard d’euros en 2019, soit 5,6 % des dépenses nationales de santé, alors que la prévention et le traitement pharmacologique ne représentent qu’une infime partie de cet investissement, moins de 1,5 %.

Heureusement, des solutions existent et sont efficaces. Le Docteur Luís de Almeida Pina, médecin de famille, souligne que la thérapie aux bisphosphonates demeure la plus rentable et la première intention dans la prise en charge de l’ostéoporose. Il met en avant l’importance de traitements efficaces, simples d’administration, non invasifs et minimisant la charge perçue de la maladie. Les doses mensuelles de bisphosphonates répondent particulièrement bien à ces critères, étant mieux tolérées, mieux acceptées et entraînant des taux d’observance plus élevés.

Le rôle crucial du médecin de famille

Dans ce contexte, le médecin généraliste est en première ligne, tant pour la prévention que pour la gestion de l’ostéoporose. En prévention primaire, son rôle est d’éduquer les patients aux bonnes pratiques : encourager un mode de vie sain, l’exercice physique, l’arrêt du tabac et la modération de la consommation d’alcool. Il est également essentiel pour le diagnostic précoce, comme l’explique le Docteur Cabral.

Le Docteur Luís de Almeida Pina insiste sur la nécessité d’une information claire et objective concernant la maladie, ses impacts potentiels et les mesures préventives et thérapeutiques efficaces. Il est primordial de démystifier certaines idées reçues, notamment le fait que le calcium seul ne suffit pas à traiter l’ostéoporose. Il appelle à une plus grande proactivité dans le diagnostic et la prise en charge, en luttant contre une « inertie diagnostique et thérapeutique » bien réelle et en établissant des plans de traitement clairs et simplifiés.

Le rôle du médecin de famille s’étend à l’identification systématique des facteurs de risque, même en l’absence de symptômes, grâce à des outils de stratification. La continuité des soins, avec une prescription adaptée, un suivi régulier et une collaboration avec d’autres spécialistes, ainsi que la coordination des soins au sein d’équipes multidisciplinaires, sont également essentiels pour réduire les complications et améliorer la qualité de vie des patients, précise le Docteur Cabral.

Le Docteur Luís de Almeida Pina plaide pour une utilisation généralisée de l’outil FRAX, qui permet d’évaluer le risque de fracture majeure après 50 ans. Gratuit, simple et pratique, cet outil peut prévenir de nombreux problèmes futurs : fractures de fragilité, dégradation de la qualité de vie, coûts directs et indirects pour les patients et les systèmes de santé, hospitalisations prolongées et affaiblissement général. Il compare cette démarche à l’évaluation quotidienne du risque cardiovasculaire, une pratique déjà bien ancrée. « Utilisons aussi FRAX ! » exhorte-t-il.

Une campagne nationale pour alerter

Pour marquer la Journée Mondiale de l’Ostéoporose, le 20 octobre, une campagne de sensibilisation intitulée « Alerte ostéoporose : 194 fractures par jour sonnent l’alarme » a été lancée à l’échelle nationale. Visible sur des panneaux d’affichage numériques et physiques, ainsi que dans les transports en commun, elle diffuse un message percutant : « Avez-vous plus de 50 ans ? Vous pourriez être à risque. L’ostéoporose ne fait pas mal, mais une fracture peut être mortelle. Parlez-en à votre médecin, il est possible de prévenir et de traiter. »

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