Le président argentin Javier Milei a reçu dimanche un net soutien lors des élections législatives de mi-mandat, consolidant son mandat pour poursuivre des réformes économiques radicales et bénéficiant du soutien financier crucial de Donald Trump.
Cette victoire offre un vote de confiance significatif pour les mesures d’austérité et les politiques de libre marché prônées par le dirigeant libertaire, alors que son principal allié américain, l’ancien président Donald Trump, a promis un financement de 20 milliards de dollars. Trump a d’ailleurs félicité Milei pour sa « victoire écrasante » sur les réseaux sociaux.
Un mandat pour l’austérité et le soutien américain
Le résultat des élections législatives confirme la trajectoire des réformes de Javier Milei. Ces mesures incluent la suppression des subventions à l’énergie et aux transports, la réduction des effectifs dans la fonction publique (des dizaines de milliers de postes), le gel des projets d’infrastructures publiques, ainsi qu’un blocage des salaires et des retraites en deçà du taux d’inflation. Cet appui politique est d’autant plus vital que le soutien financier américain semble directement lié au succès électoral de Milei. Donald Trump avait averti : « S’il ne gagne pas, nous partons. » Le plan de sauvetage américain, un swap de devises de 20 milliards de dollars, vise à soutenir le peso argentin et, plus largement, à stabiliser un gouvernement jugé stratégique pour l’influence des États-Unis dans une région où la Chine accroît sa présence.
Un paysage politique redessiné
Les élections de dimanche portaient sur le renouvellement de 127 des 257 sièges de la Chambre des députés, la chambre basse du Congrès national, et d’un tiers des 72 sièges du Sénat. Le parti de Milei, La Libertad Avanza, a remporté 64 députés et 12 sénateurs. Selon les décomptes officiels, le parti a obtenu plus de 40 % des voix à la Chambre des députés, une performance notable. Le mouvement d’opposition péroniste, de gauche, a quant à lui recueilli plus de 31 % des suffrages, marquant ce qui est décrit par les analystes comme sa pire performance depuis des années.
À la tribune, Javier Milei a célébré les résultats en reprenant des paroles de la chanson death metal qui est devenue son hymne : « Je suis le roi d’un monde perdu ! » Il a vu dans cette victoire la preuve que l’Argentine tourne la page de décennies de péronisme, période marquée par de multiples défauts de paiement de la dette souveraine. « Le peuple argentin a laissé la décadence derrière lui et a opté pour le progrès », a-t-il déclaré, remerciant « tous ceux qui ont soutenu les idées de liberté pour redonner sa grandeur à l’Argentine ».
Le taux de participation s’est élevé à près de 68 %, l’un des plus bas enregistrés depuis le retour du pays à la démocratie en 1983. Cet indicateur soulève des interrogations quant à l’engagement citoyen.
Un soutien sous conditions
Avant le scrutin, Donald Trump avait clairement indiqué que l’aide financière américaine de 20 milliards de dollars pourrait être remise en question en cas de défaite de Milei. « S’il perd, nous n’allons pas être généreux avec l’Argentine », avait-il prévenu. Parallèlement, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, avait exprimé son intention de mobiliser 20 milliards de dollars supplémentaires auprès d’investisseurs privés.
Depuis son élection en 2023, Javier Milei a mis en œuvre des politiques d’austérité visant à réduire les dépenses publiques et à stopper l’impression monétaire par la banque centrale. Ces mesures ont permis de ramener l’inflation de 211 % à environ 32 % en moins d’un an, une performance saluée par les marchés internationaux. Cependant, elles ont également entraîné une hausse des taux d’intérêt à 80 % et une augmentation du chômage, tandis que les salaires réels restent faibles et la croissance économique stagnante.
Réactions et perspectives
Donald Trump a salué la victoire sur sa plateforme Truth Social, affirmant : « Félicitations au président Javier Milei pour sa victoire écrasante en Argentine. Il fait un travail merveilleux ! Notre confiance en lui a été justifiée par le peuple argentin. »
Pour sa part, Javier Milei a confié à ses partisans : « Aujourd’hui, nous avons dépassé le point de bascule : la construction d’une grande Argentine commence. »
Gustavo Cordoba, directeur de la société de sondages Zuban Cordoba, a analysé auprès de Reuters : « Beaucoup de gens étaient prêts à donner une autre chance au gouvernement… Nous verrons combien de temps la société argentine accorde au gouvernement argentin. Mais le triomphe est incontestable, incontestable. »
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, avait déclaré le 15 octobre : « Le président Milei a donné à l’Argentine une chance de mettre fin à un déclin péroniste qui dure depuis des décennies, et nous espérons que l’Argentine saisira cette opportunité sous sa direction. »
La prochaine élection présidentielle en Argentine est prévue pour octobre 2027.