Publié le 26 février 2026 10:32:00. Une équipe de chercheurs marocains a identifié un composé présent dans l’aloès vera, le bêta-sitostérol, qui pourrait offrir de nouvelles pistes thérapeutiques dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer, grâce à des simulations informatiques prometteuses.
Des scientifiques de l’Université Hassan II de Casablanca ont découvert que le bêta-sitostérol, un composé naturellement présent dans les feuilles d’aloès vera, interagit fortement avec deux enzymes clés impliquées dans la dégradation de l’acétylcholine, un neurotransmetteur essentiel à la mémoire et à la fonction cognitive. Cette découverte, issue d’une étude bioinformatique, ouvre la voie à de potentielles nouvelles stratégies de traitement contre la maladie d’Alzheimer.
L’acétylcholine joue un rôle crucial dans la transmission nerveuse, tant au niveau central que périphérique. Chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, les niveaux d’acétylcholine sont souvent inférieurs à la normale, contribuant ainsi au déclin cognitif. Les enzymes acétylcholinestérase (AChE) et butyrylcholinestérase (BChE) sont responsables de la dégradation de ce neurotransmetteur. En ciblant ces enzymes, il pourrait être possible de préserver l’acétylcholine et d’améliorer les symptômes de la maladie.
Les chercheurs, coordonnés par Meriem Khedraoui et Samir Chtita, ont utilisé la technique de « docking moléculaire » pour tester divers composés présents dans l’aloès vera. Le bêta-sitostérol s’est avéré le plus efficace, affichant une affinité de liaison de -8,6 kcal/mol pour l’AChE et de -8,7 kcal/mol pour la BChE, comme l’expliquent les auteurs de l’étude.
Bien que prometteuses, ces découvertes restent à ce stade théoriques. L’activité de liaison du bêta-sitostérol avec ces enzymes n’a été démontrée que par le biais de simulations informatiques. Des recherches plus approfondies, incluant des tests en laboratoire et des essais cliniques, seront nécessaires pour confirmer l’efficacité et la sécurité de ce composé.
L’aloès vera est depuis longtemps reconnu pour ses propriétés médicinales, utilisé traditionnellement pour traiter les inflammations cutanées, améliorer la digestion et renforcer le système immunitaire. Cependant, comme le souligne l’Institut Humanitas, tous ces bienfaits potentiels ne sont pas toujours étayés par des preuves scientifiques solides. De plus, certaines études ont mis en évidence des effets secondaires potentiels liés à l’ingestion de composés présents dans la plante, tels que des polysaccharides et des composés phénoliques, pouvant provoquer des troubles digestifs ou des réactions de toxicité. L’extrait de feuilles d’aloès vera a d’ailleurs été classé comme potentiellement cancérigène pour l’homme (Groupe 2B) par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).
La maladie d’Alzheimer touche actuellement environ 50 millions de personnes dans le monde, un chiffre qui devrait tripler d’ici 2050 en raison du vieillissement de la population mondiale, selon les données de l’Organisation mondiale de la santé. La recherche de nouvelles options thérapeutiques est donc cruciale.
« Nos résultats suggèrent que le bêta-sitostérol, l’un des composés de l’Aloe vera, présente une affinité de liaison et une stabilité significatives, ce qui en fait un candidat prometteur pour le développement ultérieur de médicaments. »
Meriem Khedraoui, chercheuse
Cette découverte s’inscrit dans un contexte de recherche active sur de nouvelles approches thérapeutiques pour lutter contre la maladie d’Alzheimer. Une étude de 2018 avait déjà suggéré que l’aloé-émodine, un autre composé extrait de l’aloès vera, pourrait avoir un potentiel anticancéreux contre le glioblastome, une forme agressive de cancer du cerveau. Plus d’informations sur cette étude sont disponibles ici.
Les détails de la nouvelle recherche, intitulée « Exploration in silico des composés des feuilles d’Aloe vera en tant qu’inhibiteurs doubles de l’AChE et de la BChE pour le traitement de la maladie d’Alzheimer », ont été publiés dans la revue Current Pharmaceutical Analysis.