Publié le 18 octobre 2025. Alors que les espoirs d’une trêve se poursuivent, un nombre considérable de Palestiniens souhaitent retourner à Gaza, tandis que les recherches de victimes se poursuivent dans les ruines. L’avenir du terminal de Rafah, seul point de passage non contrôlé par Israël avant la guerre, demeure un enjeu clé pour la circulation et l’aide humanitaire.
- Une forte demande de retour à Gaza a été signalée par des responsables palestiniens.
- Les opérations de recherche de corps se poursuivent, alourdissant le bilan des victimes palestiniennes.
- La question de la réouverture du terminal de Rafah est cruciale pour les soins médicaux, les voyages et les visites familiales.
Des efforts intenses sont déployés pour retrouver les otages israéliens encore détenus par le Hamas. Selon les informations fournies par l’ambassade, le nombre de personnes souhaitant regagner Gaza est « très important », bien que le chiffre exact n’ait pas été précisé. Cette situation survient dans un contexte de négociations complexes visant à pérenniser un cessez-le-feu, marqué par la remise des dépouilles d’otages et la livraison d’aide humanitaire.
Israël n’a pas commenté immédiatement ces déclarations. Le terminal de Rafah, point de passage vital, est fermé depuis mai 2024, date à laquelle Israël en a pris le contrôle de la partie gazaouie. Sa réouverture totale permettrait aux habitants de Gaza de bénéficier de soins médicaux, de voyager à l’étranger ou de rejoindre leurs familles en Égypte, où réside une importante communauté palestinienne.
Parallèlement, les décombres de Gaza continuent d’être fouillés pour retrouver des corps, plus d’une semaine après le début du cessez-le-feu. Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a annoncé que le bilan palestinien dépassait désormais les 68 000 morts. Bien que ce ministère ne fasse pas de distinction entre civils et combattants dans ses statistiques, ses registres sont généralement considérés comme fiables par les Nations Unies et des experts indépendants. Israël, de son côté, conteste ces chiffres sans toutefois proposer de bilan alternatif.
L’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 avait causé la mort d’environ 1 200 personnes, majoritairement des civils, et entraîné la prise de 251 otages. L’identification des restes d’un dixième otage, Eliyahu Margalit, 76 ans, enlevé dans le kibboutz Nir Oz, a été confirmée par le bureau du Premier ministre israélien. Ses dépouilles ont été retrouvées à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, suite à des opérations de déblaiement.
La recherche des 18 otages restants est au cœur des discussions, notamment suite à un avertissement du président américain, Donald Trump, qui a conditionné son soutien à la reprise des opérations militaires israéliennes à la libération de tous les otages. Le forum des otages, représentant les familles des personnes enlevées, a réaffirmé sa détermination à ne cesser ses mobilisations qu’une fois tous les otages rentrés.
Le Hamas, tout en affirmant adhérer aux termes du cessez-le-feu, pointe du doigt l’ampleur des destructions et la présence de munitions non explosées comme obstacles à la récupération des dépouilles. Le groupe affirme que certains restes se trouvent dans des zones sous contrôle israélien.
Dans le cadre de l’accord de trêve, Israël a restitué samedi les corps de 15 autres Palestiniens à Gaza. Le Comité international de la Croix-Rouge a remis ces dépouilles à l’hôpital Nasser, portant le total des corps rendus par Israël à 135, selon le ministère de la Santé de Gaza.
Le bilan actualisé des morts palestiniens, annoncé par le ministère, a connu une augmentation significative depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, une majorité des corps nouvellement comptabilisés ayant été découverts lors des opérations de recherche. Des milliers de personnes sont toujours portées disparues, selon la Croix-Rouge.
Accusant Israël de poursuivre ses attaques et de violer le cessez-le-feu, le Hamas a rapporté la mort de 38 Palestiniens depuis le début de la trêve. L’armée israélienne, qui contrôle toujours environ la moitié de Gaza, n’a pas réagi dans l’immédiat.
Vendredi, la Défense civile de Gaza a rapporté la mort de neuf personnes, dont des femmes et des enfants, dans la ville de Gaza, leur véhicule ayant été touché par des tirs israéliens alors qu’il pénétrait dans une zone sous contrôle israélien dans l’est de la bande de Gaza. La Défense civile a estimé qu’un avertissement différent aurait pu être donné par Israël pour éviter cette issue fatale. Les corps ont été récupérés samedi avec la coordination des Nations Unies.
L’armée israélienne a justifié son action en déclarant avoir repéré un « véhicule suspect » franchissant la ligne jaune et s’approchant de ses troupes. Elle a affirmé avoir tiré des coups de semonce, mais le véhicule aurait continué son approche, représentant une « menace imminente ». L’armée assure avoir agi en conformité avec le cessez-le-feu.
Le Hamas a par ailleurs pressé les médiateurs d’intensifier l’acheminement de l’aide humanitaire vers Gaza, dont la population est estimée à 2 millions d’habitants. Le groupe a également appelé à une réouverture accélérée et complète du terminal de Rafah et au lancement de la reconstruction du territoire dévasté.
L’accès à l’aide reste cependant limité par la fermeture persistante des points de passage et les restrictions imposées par Israël aux organisations humanitaires. Selon des données de l’ONU publiées vendredi, 339 camions ont été déchargés pour distribution à Gaza depuis le début du cessez-le-feu, alors que l’accord prévoyait l’entrée d’environ 600 camions humanitaires par jour.
Le COGAT, l’organisme israélien chargé de la coordination des activités gouvernementales dans les territoires, a signalé que 950 camions, incluant des convois commerciaux et des livraisons bilatérales, avaient traversé la frontière jeudi, et 716 mercredi, selon l’ONU. Israël a régulièrement restreint l’aide à Gaza, allant parfois jusqu’à l’interrompre complètement.
Des experts internationaux en sécurité alimentaire ont décrété la famine dans la ville de Gaza. L’ONU a vérifié plus de 400 décès liés à la malnutrition, dont plus de 100 enfants.
Israël soutient depuis longtemps que la quantité de nourriture acheminée est suffisante, accusant le Hamas de s’en approprier une large part. Cette affirmation est contestée par l’ONU et d’autres agences humanitaires.