New York, ville de tous les excès, l’est aussi en matière de santé. Un résident coréen témoigne d’un choc culturel face à des coûts médicaux exorbitants et à un système d’assurance complexe, contrastant fortement avec la couverture universelle de son pays d’origine.
La première visite à l’hôpital new-yorkaise fut une révélation, et non dans le bon sens du terme. Une simple consultation pour un rhume pouvait coûter 350 dollars (environ 320 €) sans assurance, un montant qui laissait le témoin stupéfait. « Est-ce vraiment possible de payer 500 000 wons (environ 360 €) pour une consultation pour un rhume ? », se demandait-il.
Les exemples s’accumulent : 200 dollars (environ 180 €) pour un suivi du même rhume, 600 dollars (environ 540 €) pour une extraction dentaire chez un dentiste privé (après réduction!), et jusqu’à 1 604 dollars (environ 1 450 €) pour un simple examen physique pédiatrique. À Washington DC, le même rhume coûtait entre 100 et 150 dollars (environ 90 à 135 €), mais à New York, les prix sont multipliés par deux, voire par quatre.
Le problème ne se limite pas aux consultations. Une pommade stéroïdienne, prescrite pour de l’urticaire, pouvait coûter 175 dollars (environ 160 €), et le pharmacien proposait même une dose plus faible pour réduire le prix. Le système est tel qu’il est parfois plus judicieux de comparer les prix d’un hôpital à l’autre, une situation impensable en Corée du Sud.
En Corée, l’accès aux soins est considéré comme un droit fondamental. Grâce à l’assurance maladie universelle, les citoyens peuvent bénéficier de traitements abordables pour les maladies courantes. Les hôpitaux sont nombreux et facilement accessibles, et les coûts sont généralement compris entre 5 000 et 10 000 wons (environ 3,60 à 7,20 €) par consultation, médicaments inclus. Des examens complets, de la tête aux pieds, peuvent être réalisés en quelques heures.
Aux États-Unis, la situation est radicalement différente. Plus d’un Américain sur dix n’a pas d’assurance maladie, en raison d’un système complexe basé sur des compagnies d’assurance privées. Les primes d’assurance peuvent varier considérablement, allant de 30 millions de wons (environ 21 500 €) à plus de 100 millions de wons (environ 72 000 €) par an pour une famille de quatre personnes. Même avec une assurance, les frais restent élevés et les patients doivent souvent se battre avec les hôpitaux et les compagnies d’assurance pour obtenir un remboursement.
L’affaire Luigi Manzoni, survenue en décembre 2023, illustre cette frustration. Le PDG de United Healthcare a été abattu devant l’hôtel Hilton à Manhattan. La douille d’obus portait les mots « Retarder, Refuser, Dénier », suggérant un mobile lié à la colère contre les compagnies d’assurance. Manzoni, l’auteur présumé, souffrait d’une grave maladie de la colonne vertébrale et avait été confronté à des difficultés pour obtenir des soins.
L’incident a suscité une vague de sympathie envers Manzoni, certains le considérant comme un « héros ». Les compagnies d’assurance ont dû renforcer la sécurité de leurs dirigeants. Manzoni est actuellement en détention, recevant un flot de lettres de soutien, à tel point que les autorités ont dû limiter le nombre de correspondances.
Ce témoignage souligne un contraste saisissant entre deux systèmes de santé. Alors que les Américains se débattent avec des coûts élevés et une couverture incertaine, les Coréens bénéficient d’un accès abordable et universel aux soins, une réalité que beaucoup de New-Yorkais envieraient.