Publié le 27 février 2026. Une nouvelle analyse des données d’un vaste essai clinique américain suggère qu’il pourrait être possible d’éviter des biopsies prostatiques inutiles chez certains hommes en tenant compte de la variabilité des taux de PSA (antigène prostatique spécifique) au fil du temps.
Des chercheurs dirigés par Nicholas A. Pickersgill du Memorial Sloan Kettering Cancer Center de New York ont étudié les fluctuations des valeurs de PSA chez près de 11 200 hommes participant à l’essai PLCO (Prostate, Lung, Colorectal, and Ovarian Cancer Screening Trial). Leurs travaux, publiés récemment, indiquent qu’un taux de PSA initialement élevé revient souvent à la normale lors du test annuel suivant.
L’étude révèle qu’une proportion significative des hommes présentant un taux de PSA supérieur à certains seuils (2,5 ng/ml, 3,0 ng/ml et 4,0 ng/ml) voient ce taux diminuer en dessous de ce seuil lors de la mesure suivante. Plus précisément, chez les patients ayant un taux de PSA supérieur ou égal à 2,5 ng/ml, une diminution de 22 % (intervalle de confiance à 95 % : 21–23 %) a été observée.
Les résultats suggèrent que les recommandations actuelles, qui préconisent de confirmer un taux de PSA élevé avant de procéder à d’autres examens diagnostiques, sont pertinentes. Cependant, l’équipe de recherche propose qu’une approche plus directe pourrait être envisagée pour les hommes présentant un taux de PSA constamment élevé. Selon les chercheurs, les patients dont les valeurs de PSA sont systématiquement supérieures aux seuils de biopsie ont une faible probabilité (<10 %) de voir leur PSA diminuer en dessous de ce seuil. Dans ce cas, des investigations plus approfondies pourraient être initiées sans attendre les résultats de tests supplémentaires.
L’essai PLCO, mené de 1993 à 2001, a recruté 154 910 hommes et femmes âgés de 55 à 74 ans dans dix centres à travers les États-Unis. Les participants ont été répartis aléatoirement en deux groupes : un groupe témoin recevant les soins habituels et un groupe d’intervention soumis à des tests de dépistage réguliers, notamment le test PSA pour les hommes. Les données analysées dans cette étude proviennent des hommes ayant participé au volet dépistage de l’essai et ayant subi un test PSA chaque année pendant six ans (entre 1995 et 2006) sans avoir reçu de diagnostic de cancer de la prostate. En savoir plus sur l’essai PLCO.
Les auteurs ont défini le critère d’évaluation principal comme la proportion de mesures de PSA supérieures à l’un des trois seuils (2,5, 3,0 et 4,0 ng/ml) qui sont revenues en dessous du seuil lors de la mesure annuelle suivante. Ils ont constaté que 54 % (intervalle de confiance à 95 % : 53–56) des hommes ayant au moins une valeur de PSA supérieure ou égale à 2,5 ng/ml ont ensuite eu une valeur inférieure à ce seuil.
Cette étude apporte des éléments supplémentaires pour affiner les stratégies de dépistage du cancer de la prostate et potentiellement réduire le nombre de biopsies inutiles, tout en assurant une détection précoce et un traitement efficace pour les hommes à risque.