Publié le 2025-11-04 13:22:00. Dick Cheney, figure politique américaine aux multiples casquettes, est décédé à l’âge de 84 ans. Cet homme d’État a marqué la politique des États-Unis pendant plusieurs décennies, occupant des postes clés sous différentes administrations.
- Ancien chef de cabinet de la Maison Blanche, membre du Congrès, secrétaire à la Défense et vice-président des États-Unis.
- Il a joué un rôle central durant la présidence de George W. Bush, notamment dans les décisions post-11 septembre.
- Son influence fut considérable, façonnant des pans entiers de la politique étrangère et de défense américaine.
Né en 1941, Dick Cheney a gravi les échelons de la politique américaine, s’imposant comme une personnalité influente malgré des problèmes de santé. Après avoir obtenu son diplôme de Yale, il a occupé des fonctions importantes : assistant à la Maison Blanche sous Richard Nixon, puis le plus jeune chef de cabinet de la Maison Blanche sous Gerald Ford. Il fut ensuite membre du Congrès durant la présidence de Ronald Reagan, avant de devenir secrétaire à la Défense sous George H.W. Bush. C’est en 2001 qu’il accède au poste de vice-président aux côtés de George W. Bush.
En dehors de sa carrière politique, Cheney a également eu une expérience dans le secteur privé, dirigeant le géant industriel Halliburton avant de rejoindre la campagne présidentielle de 2000. Sa vie n’a pas été exempte d’incidents, comme un tir accidentel lors d’une partie de chasse alors qu’il était vice-président. Son héritage politique se perpétue à travers sa fille, Liz Cheney, représentante du Wyoming et figure de proue du Parti républicain à la Chambre des représentants.
La présidence de George W. Bush, durant laquelle Dick Cheney a exercé une influence considérable, a été marquée par les attentats du 11 septembre 2001. Dans les jours qui ont suivi, alors que le président était mis en sécurité, Cheney a pris les rênes des opérations depuis le Centre des opérations d’urgence présidentiel. Cette période a vu l’intensification de la lutte contre le terrorisme, avec des interventions militaires en Afghanistan contre les talibans et al-Qaïda.
Cependant, la décision la plus controversée de cette administration, à laquelle Cheney a fortement contribué, fut l’invasion de l’Irak en mars 2003. Malgré le rôle qu’il a joué en tant que secrétaire à la Défense lors de la première guerre du Golfe, cette seconde guerre, justifiée par des liens allégués entre le régime de Saddam Hussein et al-Qaïda, ainsi que par la possession d’armes de destruction massive, s’est révélée fondée sur des informations erronées. Aucune preuve n’a été trouvée pour étayer ces allégations, qui se sont rapidement avérées fausses.
Les conséquences de ces conflits ont été dévastatrices. Selon les chiffres officiels américains, plus de 4 431 soldats américains ont perdu la vie en Irak, et près de 32 000 ont été blessés. En Afghanistan, le bilan s’élevait à 2 352 morts et plus de 20 000 blessés. L’impact global de ces guerres, qui s’étendent également à la Syrie, au Yémen et au Pakistan, a entraîné, depuis 2001, la mort d’au moins 800 000 personnes selon le Watson Institute of International and Public Affairs de l’Université Brown. Les méthodes employées pour le traitement des prisonniers dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme » ont également suscité de vives critiques, Cheney défendant publiquement le recours à la torture.
Même après avoir quitté ses fonctions, Dick Cheney n’a jamais renié ses décisions, conservant une image de personnage déterminé, voire sombre, surnommé « Dark Vador ». Comme l’a souligné son biographe Jake Bernstein en 2018, une certaine réhabilitation de sa figure a pu s’opérer par comparaison avec des personnalités politiques ultérieures, mais Cheney lui-même semblait peu enclin à adoucir son image publique.