Home Santé L’apport parental en oméga-3 tombe en dessous des niveaux recommandés

L’apport parental en oméga-3 tombe en dessous des niveaux recommandés

0 comments 87 views

Publié le 24 septembre 2025. Une étude menée à Chicago révèle que l’apport en acides gras oméga-3 des parents est nettement inférieur aux recommandations, une carence qui pourrait avoir des répercussions sur la santé de leurs enfants, notamment en augmentant le risque de naissance prématurée.

Une enquête menée par des chercheurs de l’Université Northwestern auprès de plus d’un millier de parents résidant dans différents quartiers de Chicago met en lumière une consommation insuffisante d’acides gras oméga-3, particulièrement chez les femmes. Cette carence alimentaire pourrait avoir des conséquences négatives directes sur la santé des enfants.

L’étude, publiée dans la revue scientifique Nutriments, a identifié plusieurs facteurs associés à un faible apport en oméga-3. Parmi eux figurent un revenu familial plus modeste, certaines origines ethniques et l’absence de prise de suppléments contenant du DHA (acide docosahexaénoïque). De manière notable, les femmes ayant déjà connu un accouchement prématuré ont déclaré consommer moins d’acides gras oméga-3 que celles n’ayant pas vécu cette expérience.

Bien que l’étude se soit concentrée sur la population de Chicago, les auteurs estiment que les résultats pourraient être représentatifs de la situation des parents aux États-Unis dans leur ensemble.

Les acides gras oméga-3, et plus spécifiquement l’EPA (acide eicosapentaénoïque) et le DHA, sont essentiels au bon développement du cerveau, aux fonctions cognitives, à la santé rétinienne, à la régulation du système immunitaire et des réponses inflammatoires, ainsi qu’à la santé cardiovasculaire chez l’adulte. On les trouve principalement dans les produits de la mer, mais aussi en plus petites quantités dans les œufs et la volaille.

Les recommandations officielles, notamment celles des « Dietary Guidelines for Americans », préconisent un apport quotidien de 250 mg d’EPA et de DHA, généralement obtenu par une consommation régulière de poissons. Or, l’étude révèle que les parents interrogés consomment bien moins que cette quantité : en moyenne, un peu plus de 130 mg par jour pour les mères et environ 160 mg pour les pères.

« À mesure que nos enfants grandissent, de la petite enfance à l’âge préscolaire, ils développent leurs propres habitudes alimentaires, et cela vient en grande partie de nos parents et de ce qui se passe dans le foyer. Plus tard, cela est influencé par la publicité et par leurs pairs, mais nos parents ont une influence précoce importante. Ainsi, si nous avons des parents dont les habitudes alimentaires générales font qu’ils consomment des quantités inférieures à celles recommandées d’acides gras oméga-3, je m’attendrais à ce que les habitudes alimentaires de leur enfant n’incluent probablement pas de plus grandes quantités de fruits de mer. »

Dr Daniel Robinson, professeur agrégé de pédiatrie à la Feinberg School of Medicine de l’Université Northwestern et néonatologiste à l’hôpital pour enfants Ann & Robert H. Lurie de Chicago.

Marie Heffernan, professeure adjointe de pédiatrie à Feinberg, a également co-signé cette étude.

Lien entre oméga-3 et accouchement prématuré

Des recherches antérieures avaient déjà établi un lien entre un faible apport maternel en oméga-3 et un risque accru d’accouchement prématuré. Dans cette nouvelle étude, les mères rapportant une consommation actuelle plus faible d’EPA et de DHA étaient effectivement plus susceptibles d’avoir déjà accouché prématurément, même en tenant compte d’autres facteurs démographiques.

« Nous n’avons pas mesuré cela directement dans notre étude, mais si une personne qui a eu un accouchement prématuré dans le passé mange maintenant encore moins d’oméga-3 et tombe à nouveau enceinte, elle pourrait courir un risque accru d’un autre accouchement prématuré en raison de son alimentation. »

Dr Daniel Robinson

Stratégies pour améliorer la consommation

Les auteurs de l’étude soulignent que des interventions visant à augmenter la consommation d’oméga-3 chez les parents pourraient représenter un réel bénéfice pour la santé publique, notamment en réduisant le risque de naissances prématurées. Ils suggèrent que les stratégies les plus efficaces devront prendre en compte les divers facteurs personnels, sociaux et culturels qui façonnent les habitudes alimentaires des familles. Cela pourrait inclure des recommandations nutritionnelles adaptées aux contextes locaux et nationaux, ainsi qu’un soutien continu des professionnels de santé proposant des conseils aux familles, en particulier aux femmes enceintes.

« Les prestataires de soins de santé devraient réfléchir à ce problème de manière longitudinale et non en fonction de nos propres expertises. L’ensemble du calendrier – depuis le moment où une femme tombe enceinte jusqu’au moment où cet enfant devient adulte – doit être pris en compte. »

Dr Daniel Robinson

Collecte de données auprès des parents

Pour participer à l’étude, les individus devaient avoir au moins un enfant vivant sous leur toit. Les chercheurs se sont appuyés sur les données de l’Enquête par panel « Voix de la santé des enfants à Chicago », qui interroge trimestriellement des parents sur divers aspects de la santé infantile et adolescente, du bien-être familial et de la parentalité.

Entre mai et juillet 2022, 1 057 participants ont répondu à un questionnaire de sept questions évaluant leur fréquence de consommation d’EPA et de DHA à partir d’aliments et de suppléments. Les informations relatives à la résidence des participants ont également été analysées afin d’évaluer l’indice d’opportunités pour l’enfance, une mesure des ressources et des conditions environnementales reflétant le potentiel de développement des enfants. Les femmes ont par ailleurs été interrogées sur leurs antécédents d’accouchement prématuré.

Quelles sont les meilleures sources d’acides gras oméga-3 ?

Le Dr Robinson recommande particulièrement les poissons gras tels que le saumon, le thon, les sardines, le maquereau et la truite comme étant les sources les plus riches en oméga-3. Si les suppléments de DHA peuvent aider à augmenter les niveaux corporels, il rappelle que la consommation d’aliments complets, apportant ces acides gras aux côtés d’autres nutriments essentiels comme les protéines et les vitamines, constitue la meilleure approche.

Le financement de cette étude a été assuré par une fondation familiale anonyme dédiée à la recherche sur la santé communautaire dans les zones défavorisées, ainsi que par l’Institut Patrick M. Magoon pour les communautés en bonne santé.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.