Publié le 24 février 2026 04:09:00. Une nouvelle approche de la stimulation magnétique transcrânienne (TMS), concentrée sur cinq jours seulement, pourrait offrir un soulagement rapide et accessible aux patients souffrant de dépression résistante aux traitements traditionnels, selon une étude de l’UCLA Health.
Pour de nombreux patients dont la dépression ne répond pas aux médicaments, la stimulation magnétique transcrânienne (TMS) – une thérapie non invasive qui utilise des impulsions magnétiques pour stimuler des zones spécifiques du cerveau – représente une option thérapeutique de plus en plus importante. Cependant, le traitement standard exige des séances quotidiennes en clinique pendant six à huit semaines, un engagement de temps qui peut s’avérer difficile pour beaucoup.
La TMS est une option thérapeutique reconnue et de plus en plus utilisée pour la dépression résistante au traitement. Des études à grande échelle ont démontré qu’elle réduisait significativement les symptômes chez 60 à 70 % des patients, avec une rémission observée chez 25 à 35 % d’entre eux. La plupart des régimes d’assurance couvrent cette prestation.
Des recherches récentes menées par l’UCLA Health suggèrent qu’une version considérablement accélérée de la TMS, consistant en cinq séances par jour sur cinq jours consécutifs (appelée « 5×5 »), pourrait produire des résultats comparables pour de nombreux patients. Cela pourrait rendre la thérapie accessible à ceux pour qui le calendrier traditionnel représente un obstacle insurmontable.
L’étude, publiée dans le Journal des troubles affectifs, a comparé les résultats obtenus auprès de 175 patients souffrant de dépression résistante au traitement. Un groupe de 135 participants a reçu une thérapie TMS conventionnelle, avec une séance quotidienne pendant six semaines. Un second groupe de 40 participants a suivi le protocole accéléré, avec cinq séances par jour pendant cinq jours consécutifs. Les deux groupes ont présenté une réduction significative des symptômes dépressifs, sans différence statistiquement significative entre les deux approches.
« Pour les patients souffrant de dépression résistante au traitement, se rendre à la clinique tous les jours de la semaine pendant au moins six semaines peut être un véritable obstacle. »
Michael Apostol, étudiant au doctorat, Institut Semel de l’UCLA pour les neurosciences et le comportement humain
L’étude a révélé un aspect particulièrement intéressant : un sous-groupe de patients ayant suivi le protocole accéléré a montré peu d’amélioration immédiatement après la fin des cinq jours de traitement. Cependant, lors d’un suivi effectué deux à quatre semaines plus tard, ces mêmes patients ont présenté une amélioration significative de leurs symptômes, avec une réduction moyenne de 36 % des scores de dépression.
Cette découverte a des implications pratiques quant à la manière dont la TMS accélérée doit être évaluée : un patient qui ne semble pas avoir répondu après cinq jours pourrait néanmoins bénéficier d’une amélioration significative dans les semaines qui suivent.
« Tous les patients de cette étude n’avaient pas bénéficié de plusieurs essais de médicaments antidépresseurs, mais ils ont obtenu un grand bénéfice du traitement 5×5. Certains patients doivent attendre quelques jours ou quelques semaines pour constater un bénéfice, et nous les encourageons à ne pas abandonner trop rapidement s’ils ne se sentent pas mieux immédiatement. »
Dr Andrew Leuchter, professeur distingué et directeur du service TMS du département de médecine de l’UCLA et des sciences biocomportementales
L’approche conventionnelle de six semaines a fait ses preuves et l’étude a montré qu’elle continuait de surpasser l’approche accélérée sur certaines mesures à plus long terme. Les auteurs soulignent que cette étude n’est pas un essai clinique formel avec répartition aléatoire et que des essais contrôlés plus vastes seront nécessaires pour confirmer ces résultats.
En plus de ses travaux sur la TMS accélérée, les chercheurs de l’UCLA explorent de nouvelles applications potentielles, telles que le trouble obsessionnel-compulsif et la douleur chronique, positionnant la TMS comme un élément clé de la prochaine génération de thérapies cérébrales pour la santé mentale.
Source:
Référence du journal :