Home Divertissement «L’argent des contribuables s’en va aux États-Unis», déplore le directeur du Festival en chanson de Petite-Vallée

«L’argent des contribuables s’en va aux États-Unis», déplore le directeur du Festival en chanson de Petite-Vallée

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Les festivals régionaux du Québec dénoncent un déséquilibre flagrant dans l’attribution des fonds publics, révélant que des sommes considérables sont versées aux grands promoteurs de spectacles, dont une part importante finit par quitter la province. Cette situation, mise en lumière par une récente enquête, suscite l’indignation et des appels à une remise en question des pratiques actuelles.

Selon des informations diffusées par l’émission Enquête, les festivals Osheaga, Lasso, ÎleSoniq, les Francos, le Festival de jazz et Montréal en Lumière ont bénéficié d’un financement public de 15 millions de dollars par an entre 2022 et 2024. Un montant qui contraste fortement avec les subventions allouées aux événements régionaux, souvent divisées par dix, selon Alan Côté, directeur du Festival en chanson de Petite-Vallée.

« C’est énervant de voir que l’argent des contribuables québécois s’en va aux États-Unis », a déclaré M. Côté lors d’une entrevue à LCN. Il souligne que 49 % des profits de certains festivals subventionnés sont reversés à des intérêts américains, alors que la relève artistique et la promotion de la culture québécoise nécessitent un soutien accru.

Patrick Kearney, directeur du RÉFRain (Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants), confirme que le soutien public aux festivals régionaux n’a pas augmenté au même rythme que l’inflation. « À ce stade, on ne constate pas une diminution des subventions, mais elles ne suivent plus l’évolution des coûts », a-t-il expliqué au Journal.

La situation est d’autant plus préoccupante pour les petits festivals, qui voient leurs budgets réduits. Myriam Sénéchal, directrice générale du Festival de la chanson de Tadoussac, a révélé avoir perdu une subvention de 100 000 $ (environ 73 000 $ américains) du Conseil des arts du Canada, représentant 10 % de son budget d’exploitation. Elle attend toujours de connaître les montants qui lui seront alloués par les différents paliers de gouvernement.

« C’est comme dire que notre culture n’est pas si importante que ça », a-t-elle déploré.

Certains organisateurs, comme ceux du festival Chants de Vielles à Saint-Antoine-sur-Richelieu, vont jusqu’à réclamer l’interdiction de voir les fonds publics atterrir dans les poches d’entreprises américaines.

Face à ces révélations, le Parti québécois a exigé qu’une enquête soit menée sur la place prépondérante de Live Nation et Ticketmaster dans le paysage culturel québécois, soulevant des questions sur les pratiques anticoncurrentielles de ces géants du spectacle.

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