Publié le 27/10/2025 13:22. Le président libertaire argentin, Javier Milei, a remporté une victoire significative aux élections législatives de mi-mandat, consolidant ainsi son pouvoir malgré des mois de crises. Ce succès renforce également le soutien de Donald Trump à l’administration argentine, conditionné à cette réussite électorale.
- La coalition « La Liberté avance » de Javier Milei a obtenu plus de 40% des voix, devançant l’opposition péroniste de neuf points.
- Cette performance permet d’accroître la présence du parti de Javier Milei au Congrès, facilitant l’adoption de ses réformes radicales et le maintien de ses vetos.
- Malgré cette victoire, l’Argentine reste confrontée à une inflation persistante, une croissance économique stagnante et une crise de la balance des paiements.
Javier Milei, président argentin, a franchi un cap décisif dimanche lors des élections de mi-mandat au Congrès. Après des mois de turbulences qui menaçaient sa jeune administration, sa coalition « La Liberté avance » a obtenu un résultat bien supérieur aux attentes, s’assurant plus de 40% des suffrages et devançant l’opposition péroniste de neuf points. Ce scrutin, qui portait sur la moitié de la chambre basse et un tiers du Sénat, représente le test le plus important depuis le début de son mandat.
Cette réussite électorale a des répercussions internationales notables. L’administration américaine de Donald Trump, qui avait apporté un soutien sans précédent à l’Argentine via une intervention sur les marchés monétaires et un accord d’échange de devises de 20 milliards de dollars (environ 17 milliards d’euros) pour soutenir le peso, peut se targuer d’une victoire régionale. Donald Trump avait expressément lié son aide monétaire à la réussite de son allié libertaire lors de ce vote crucial.
Ce succès constitue un revirement spectaculaire pour Javier Milei, alors que son parti avait subi une défaite cuisante lors des élections provinciales de Buenos Aires le mois précédent. Cette perte avait suscité des inquiétudes quant à la capacité de l’« anarcho-capitaliste » autoproclamé à faire avancer son programme de réformes radicales, compte tenu de son faible soutien au Congrès et d’une opinion publique semblant se retourner contre lui. Dimanche, non seulement sa coalition a obtenu de meilleurs résultats que ce que prédisaient les sondages, mais elle a également inversé la tendance dans la province de Buenos Aires, un bastion électoral de l’opposition péroniste.
Toutefois, la situation économique de l’Argentine demeure complexe. L’inflation, bien qu’en baisse depuis l’arrivée au pouvoir de Javier Milei, dépasse encore les 30% annuellement, et la croissance économique est en stagnation. Le pays reste dépendant du Fonds Monétaire International (FMI) et des États-Unis pour l’accès aux devises fortes. Malgré la victoire électorale, de nombreux analystes s’attendent à une dévaluation future du peso. Une crise majeure de la balance des paiements pèse également sur le pays, soulevant des interrogations quant à sa capacité à honorer ses importantes échéances de dette l’année prochaine.
L’étendue de l’engagement de l’administration Trump envers Javier Milei reste une question ouverte, malgré des liens personnels chaleureux. Les critiques ont remis en question la justification officielle de l’intervention monétaire américaine, avancée par le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, qui évoquait une importance stratégique de l’Argentine pour les États-Unis. De nombreux observateurs suggèrent plutôt que ce plan de sauvetage a permis à des investisseurs proches de Wall Street et de l’administration de se désengager de positions risquées prises lorsque Javier Milei était perçu comme un « faiseur de miracles ».
Une partie de la base électorale de Donald Trump a par ailleurs exprimé son scepticisme quant à l’aide apportée à l’Argentine, notamment au vu des récentes décisions de la Chine de suspendre ses achats de soja américain dans le cadre de sa guerre commerciale, bénéficiant ainsi aux producteurs argentins et brésiliens. Néanmoins, ce succès diplomatique et économique dans un pays allié permet à l’administration Trump de marquer un point dans la région, alors qu’elle intensifie la pression militaire sur le régime vénézuélien de gauche.
Dans ce contexte, Washington déploie une force militaire considérable dans les Caraïbes, incluant des milliers de soldats, des avions d’attaque et des navires de guerre, sous couvert de lutte contre le trafic de drogue. Donald Trump a ouvertement évoqué la possibilité d’une intervention militaire au Venezuela et a autorisé la CIA à mener des opérations secrètes dans le pays. L’armée américaine a mené plusieurs frappes contre des embarcations suspectées de transporter de la drogue, entraînant la mort de plus de 40 personnes. Ces actions ont été qualifiées d’illégales par certains juristes américains, les comparant à des exécutions sommaires. Le président colombien, Gustavo Petro, a accusé les États-Unis de meurtre suite à une frappe ayant coûté la vie à un pêcheur colombien. Donald Trump a réagi en qualifiant Petro de « leader des drogues illégales » et en imposant des sanctions à son encontre.