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L’Association norvégienne du handicap, Association des parents d’enfants handicapés

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Publié le 9 février 2026 à 08h05. Les associations norvégiennes, largement financées par les revenus du bingo, voient leurs budgets drastiquement réduits suite à l’introduction de nouvelles limites de mise par le gouvernement, menaçant des activités essentielles, notamment pour les personnes handicapées.

  • Les revenus du bingo, qui soutiennent plus de 3 000 équipes et organisations bénévoles, ont chuté après l’instauration de limites de perte strictes.
  • Ces restrictions, plus sévères que celles appliquées par Norsk Tipping, mettent en péril des initiatives cruciales, comme les voyages pour les familles d’enfants handicapés.
  • Le Parti du Centre propose de revoir ces limites pour les aligner sur celles de Norsk Tipping, tandis que le gouvernement justifie ces mesures par la protection des joueurs vulnérables.

Les organisations bénévoles à travers la Norvège sont confrontées à une crise financière suite à la décision du gouvernement d’imposer de nouvelles limites de mise au bingo. Autrefois une source de revenus stable et importante, le bingo voit ses excédents diminuer, affectant directement la capacité des associations à maintenir leurs activités et à soutenir les communautés locales.

L’année dernière a déjà été marquée par une baisse des revenus, mais l’introduction, prévue pour 2025, de limites de perte quotidiennes (900 NOK, soit environ 80 euros) et mensuelles (4 400 NOK, soit environ 390 euros) a accentué la situation. Ces restrictions sont considérablement plus strictes que celles en vigueur chez Norsk Tipping, l’opérateur national de jeux de hasard, où les limites sont respectivement de 4 000 NOK (environ 360 euros) par jour et 7 500 NOK (environ 670 euros) par mois.

Victoria Brill, membre du conseil d’administration de l’Association des parents handicapés (HBF) à Oslo, témoigne de l’impact direct de ces mesures. Sa famille, comme de nombreuses autres, voit son voyage annuel au parc d’attractions Dyreparken Kristiansand, un moment fort de l’année pour les enfants handicapés, annulé.

« C’est très triste pour toute la famille que le voyage ne puisse avoir lieu. »

Victoria Brill, membre du conseil d’administration de l’Association des parents handicapés (HBF) à Oslo

Pour les familles concernées, ces voyages représentent bien plus que de simples vacances. Ils offrent un espace d’inclusion et de compréhension mutuelle, où les enfants peuvent s’épanouir et participer pleinement, sans avoir à justifier leurs besoins spécifiques. De nombreuses familles ont des difficultés à organiser des vacances adaptées par elles-mêmes, rendant ces initiatives particulièrement précieuses.

L’impact va au-delà des loisirs. Environ 200 personnes participent habituellement à ces voyages à Dyreparken, et pour beaucoup, il s’agit d’une occasion unique de tisser des liens sociaux, de bénéficier d’un réseau de soutien et de trouver des moments de répit dans leur quotidien.

Bjarne Kristoffersen, secrétaire général de l’Association norvégienne pour les personnes handicapées, souligne que cette situation est le reflet d’une crise plus large qui touche le secteur associatif. Il a reçu de nombreux témoignages de personnes confrontées à des difficultés financières et à une réduction des services proposés.

« Cela coûte de l’argent pour louer des locaux, voyager, organiser des réunions et des activités. Il faut évidemment limiter clairement les jeux de hasard, mais ici le gouvernement est allé trop loin. »

Bjarne Kristoffersen, secrétaire général de l’Association norvégienne pour les personnes handicapées

Le Parti du Centre a déposé une proposition au Storting (le parlement norvégien) pour modifier ces conditions et aligner les limites de perte du bingo sur celles de Norsk Tipping. Maren Grøthe, du Parti du Centre, insiste sur le rôle essentiel des revenus du bingo pour le financement des associations locales.

Le ministère de la Culture et de l’Égalité, responsable de la politique des jeux de hasard en Norvège, défend sa position en mettant en avant la nécessité de protéger les joueurs vulnérables. Le secrétaire d’État Erlend Hanstveit explique que les limites de perte visent à prévenir les problèmes liés au jeu.

« Nous comprenons que l’introduction de limites de pertes entraîne une perte de revenus pour l’industrie du bingo, ce qui se traduit par une réduction des transferts vers les bénéficiaires. Mais nous ne pensons pas qu’il soit juste que des acteurs vulnérables financent de bonnes causes. »

Erlend Hanstveit, secrétaire d’État au ministère de la Culture et de l’Égalité

Selon les enquêtes menées par l’Université de Bergen, le bingo informatique présente un taux élevé de joueurs à risque ou problématiques (44,1 % selon la dernière enquête). Le gouvernement affirme que les nouvelles limites sont équivalentes à celles appliquées aux jeux de bingo les plus similaires proposés par Norsk Tipping.

Malgré ces justifications, le gouvernement assure qu’il surveillera l’impact de ces mesures sur le secteur associatif et qu’il explorera des solutions alternatives pour assurer le financement des organisations bénévoles. Cependant, la priorité reste la protection des joueurs vulnérables, même au détriment des revenus du volontariat.

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