Publié le 9 février 2026. Les cas d’automédication chez les adolescents et les jeunes adultes continuent de progresser en Suède, avec une augmentation significative des consultations hospitalières liées à des tentatives d’intoxication volontaire.
- En 2025, le centre antipoison a enregistré 3 429 appels concernant des patients âgés de 10 à 19 ans ayant ingéré des médicaments dans un but d’automutilation.
- Ce chiffre représente une hausse de près de 32 % par rapport à 2021, où 2 602 appels similaires avaient été recensés.
- Le paracétamol reste la substance la plus fréquemment impliquée dans ces intoxications.
L’augmentation de l’automédication chez les jeunes est une tendance inquiétante observée en Suède depuis 2019, particulièrement chez les filles. Selon les données du centre antipoison, les appels concernant des intoxications autodestructrices chez les adolescentes de 15 à 19 ans ont de nouveau augmenté l’année dernière, après une période de stabilisation chez les plus jeunes.
Johanna Nordmark Grass, médecin-chef et responsable de la gestion médicale au centre d’information antipoison, souligne l’évolution de la situation :
« Il s’est passé quelque chose en 2019. Ensuite, les filles ont décollé en forte hausse, tandis que les effectifs des garçons sont restés assez stables. L’augmentation a ensuite également été constatée chez les jeunes filles âgées de 10 à 14 ans. Aujourd’hui, l’augmentation chez les plus jeunes s’est arrêtée, mais chez les filles âgées de 15 à 19 ans, nous avons de nouveau constaté une augmentation l’année dernière. »
Johanna Nordmark Grass, médecin-chef et responsable de la gestion médicale au Centre d’information antipoison
Bien que les statistiques ne permettent pas de déterminer les causes profondes de ces actes d’automutilation – qui peuvent aller de simples tentatives de gestion de l’anxiété à de véritables tentatives de suicide – le centre antipoison constate une augmentation du nombre de cas nécessitant une hospitalisation. Heureusement, les décès restent rares, mais certains patients se retrouvent dans un état critique nécessitant une prise en charge médicale intensive.
Les intoxications sont généralement le résultat d’actes impulsifs, les jeunes ayant recours aux médicaments disponibles à leur domicile. Le paracétamol est le plus souvent utilisé, suivi des médicaments prescrits pour le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et des antidépresseurs.
Le centre antipoison mène une campagne de sensibilisation, Teen Safe the Home, visant à informer les parents sur les risques liés à la présence de médicaments accessibles aux adolescents. L’objectif est de rappeler l’importance de ne pas stocker de grandes quantités de médicaments à portée de main.
« Les tentatives de suicide sont fréquentes et impulsives – un moment de crise peut dégénérer très rapidement et être dévastateur. Les surdoses de médicaments peuvent mettre la vie en danger et même les médicaments en vente libre peuvent provoquer une intoxication médicamenteuse. Assurez-vous que votre adolescent ne puisse pas obtenir de grandes quantités de médicaments au mauvais moment. »
Centre d’information antipoison
Une étude récente commandée par l’Agence norvégienne des médicaments, et publiée en décembre, révèle que seulement un parent adolescent sur dix range les médicaments hors de portée de ses enfants. Le centre antipoison espère sensibiliser davantage les parents et les professionnels de santé, notamment les équipes des services de santé scolaire, afin de prévenir ces drames.
« Je pense que de nombreux parents perdent un peu la conscience des risques liés aux médicaments lorsque les enfants grandissent et n’y pensent pas. En ce qui concerne le paracétamol, il peut également être perçu comme inoffensif car il est en vente libre. C’est pourquoi nous aimerions proposer un petit rappel pour que les parents réfléchissent à la manière dont ils conservent les médicaments de la famille. Il est important de ne pas garder de grandes quantités de médicaments facilement accessibles à la maison. »
Johanna Nordmark Grass, médecin-chef et responsable de la gestion médicale au Centre d’information antipoison