Publié le 18 février 2026 06:16:00. Une nouvelle approche thérapeutique, le pemvidutide, pourrait révolutionner le traitement de la stéatohépatite associée au dysfonctionnement métabolique (MASH), une maladie hépatique chronique en forte progression, en agissant simultanément sur les causes métaboliques et les lésions hépatiques.
- Environ 22 millions de personnes sont touchées par la MASH aux États-Unis, ce qui en fait une cause fréquente de transplantation hépatique.
- Plus de 80 % des patients atteints de MASH sont également en surpoids ou obèses.
- Le pemvidutide, développé par Altimmune, est un agoniste double récepteur glucagon/GLP-1 qui a montré des résultats prometteurs dans un essai de phase 2b.
La stéatohépatite associée au dysfonctionnement métabolique (MASH), anciennement appelée stéatohépatite non alcoolique (NASH), est une maladie hépatique complexe résultant d’une interaction entre des troubles métaboliques et des dysfonctionnements hépatiques. Elle se caractérise par une accumulation de graisse dans le foie, une inflammation et, à terme, une fibrose pouvant conduire à une cirrhose et à une insuffisance hépatique.
Aux États-Unis, la MASH affecte environ 22 millions de personnes et constitue l’une des principales indications de transplantation hépatique.1-3 Un facteur de risque majeur est l’obésité : plus de 80 % des patients atteints de MASH présentent un surpoids ou une obésité.4,5 Les traitements actuels se concentrent soit sur les aspects métaboliques de la maladie, soit sur les lésions hépatiques, mais aucun ne s’attaque simultanément aux deux aspects, tout en étant suffisamment bien toléré pour une utilisation à long terme, essentielle dans le cadre d’une maladie chronique.
Altimmune, une société pharmaceutique, travaille sur une nouvelle approche thérapeutique prometteuse : le pemvidutide. Ce médicament candidat vise à traiter à la fois les causes métaboliques et les conséquences hépatiques de la MASH. Il s’agit d’un agoniste double récepteur glucagon/GLP-1, combinant deux mécanismes d’action complémentaires. Le pemvidutide se distingue également par sa formulation EuPort, qui permet une administration hebdomadaire et pourrait améliorer sa tolérance.
Le glucagon agit directement sur le foie, réduisant l’accumulation de graisse, l’inflammation et la fibrose. Les agonistes des récepteurs GLP-1, quant à eux, améliorent le contrôle métabolique en supprimant l’appétit et en favorisant la perte de poids, tout en ayant un effet anti-inflammatoire. La combinaison équilibrée de ces deux mécanismes pourrait offrir une synergie thérapeutique.
Les résultats de l’essai de phase 2b IMPACT mené par Altimmune sur le pemvidutide sont encourageants. L’étude, dont les résultats sont disponibles ici, a montré une résolution précoce de la MASH, une réduction de l’inflammation et de la fibrose, ainsi qu’une perte de poids et d’autres améliorations métaboliques chez les patients traités. De plus, le taux d’abandon dû à des effets indésirables était inférieur à celui du placebo, ce qui suggère un bon profil de tolérance.
Altimmune prévoit de lancer un programme d’essai de phase 3 en 2026, basé sur les données de phase 2b et les échanges récents avec les autorités réglementaires. Les objectifs de ce programme sont de démontrer :
- Une réduction précoce de la graisse hépatique et de l’inflammation.
- Des améliorations cliniquement significatives de la fibrose.
- Une perte de poids bénéfique, préservant la masse musculaire.
- Un profil de tolérance favorable permettant une adhésion au traitement à long terme.
Le pemvidutide a récemment reçu la désignation de thérapie innovante de la FDA, reconnaissant son potentiel à offrir une amélioration significative par rapport aux traitements existants dans un domaine où les besoins médicaux sont importants. Au-delà de la MASH, Altimmune étudie également le potentiel du pemvidutide dans le traitement des troubles liés à la consommation d’alcool (TCA) et de la maladie hépatique alcoolique (ALD), deux affections présentant des mécanismes physiopathologiques similaires à la MASH.
Des recherches précliniques ont montré que le pemvidutide peut réduire le comportement lié à la consommation d’alcool. L’essai de phase 2 RECLAIM d’Altimmune sur le TCA a été entièrement recruté et les résultats sont attendus plus tard cette année. Une étude de phase 2 sur l’ALD est également en cours.
Altimmune se prépare à faire progresser le pemvidutide vers sa prochaine phase de développement en renforçant ses ressources financières, son équipe et ses capacités opérationnelles. L’entreprise s’engage à répondre aux besoins non satisfaits des patients atteints de maladies hépatiques graves.
Pour en savoir plus, consultez le site Altimmune.com.
1. Rinella ME, Neuschwander-Tetri BA, Siddiqui MS, et al. Pratiques cliniques de l’AASLD pour l’évaluation et la prise en charge de la stéatose hépatique non alcoolique. Hépatologie. 2023;77(5):1797-1835. doi:10.1097/HEP.00000000000000323.
2. Estes C, Razavi H, Loomba R, Younossi Z, Sanyal AJ. La modélisation de l’épidémie de stéatose hépatique non alcoolique démontre une augmentation exponentielle de la charge de morbidité. Hépatologie. 2018;67(1):123-133. doi:10.1002/hep.29466.
3. Younossi ZM, Koenig AB, Abdelatif D, Fazel Y, Henry L, Wymer M. Épidémiologie mondiale de la stéatose hépatique non alcoolique – évaluation méta-analytique de la prévalence, de l’incidence et des résultats. Hépatologie. 2016;64(1):73-84. doi:10.1002/hep.2843.
4. Milic S, Lulic D, Stimac D. Stéatose hépatique non alcoolique et obésité : présentations biochimiques, métaboliques et cliniques. Monde J Gastroenterol. (2014) 20 :9330–7. doi: 10.3748/wjg.v20.i28.9330
5. Younossi ZM. L’épidémiologie de la stéatohépatite non alcoolique. Clin Foie Dis. (2018) 11 : 92-4. doi: 10.1002/cld.710.