Publié le 23 février 2026 17h00. Une étude récente met en évidence l’impact dévastateur de la consommation de bœuf sur la déforestation mondiale et les émissions de gaz à effet de serre, soulignant la nécessité d’une réflexion sur nos habitudes alimentaires.
- La production de bœuf est le principal moteur de la déforestation à l’échelle mondiale, responsable de la destruction d’environ 120 millions d’hectares de forêts entre 2001 et 2022.
- L’élevage bovin a généré plus de 20 000 mégatonnes (millions de tonnes métriques) de dioxyde de carbone au cours des deux dernières décennies en raison de son impact sur les forêts.
- Bien que d’autres produits, comme l’huile de palme et le soja, contribuent également à la déforestation, l’impact du bœuf est significativement plus important.
Une analyse à grande échelle, publiée dans la revue Nature Food, révèle que la production de bœuf est de loin le principal facteur de déforestation à travers le monde. Les chercheurs ont examiné les zones où les forêts ont disparu au cours des deux dernières décennies et ont établi un lien direct avec la production de divers produits agricoles, du bétail au café en passant par le maïs.
Les résultats de cette étude confirment que l’élevage bovin a entraîné la destruction d’une superficie forestière supérieure à celle de l’État de Californie entre 2001 et 2022. La majeure partie de cette déforestation se concentre dans les régions tropicales, notamment en Amazonie, un écosystème riche en biodiversité.
L’étude souligne également que la production de bœuf est une source importante d’émissions de carbone. En brûlant les arbres pour créer des pâturages, les agriculteurs et les éleveurs libèrent dans l’atmosphère le carbone stocké dans le bois. L’élevage bovin a ainsi contribué à plus de 20 000 mégatonnes de dioxyde de carbone au cours des deux dernières décennies, ce qui représente plus de trois fois les émissions annuelles des États-Unis. Il est important de noter que ce chiffre ne tient pas compte des émissions de méthane produites par les vaches ou des émissions liées à la culture des aliments pour animaux.
D’autres produits agricoles, tels que l’huile de palme et le soja, contribuent également à la déforestation, mais dans une moindre mesure que le bœuf. L’huile de palme, utilisée dans de nombreux produits alimentaires et cosmétiques, est la plus produite au monde (rapport de la RSPO). Une grande partie du soja cultivé dans le monde n’est pas destinée à l’alimentation humaine, mais à l’alimentation du bétail, des volailles et des porcs.
Selon Chandrakant Singh, chercheur à l’Université de technologie Chalmers en Suède et auteur principal de l’étude, il est essentiel que les consommateurs soient conscients de l’origine de leurs aliments. Il explique que les évaluations des risques mondiaux ont tendance à négliger l’impact des produits de base comme le maïs, le riz et le manioc, qui ont pourtant une empreinte environnementale significative. Liz Goldman, codirectrice de la plateforme de surveillance des forêts Global Forest Watch, souligne la difficulté de suivre l’expansion des plantations de cacao et de café, car elles se fondent souvent dans les forêts naturelles, ce qui rend leur détection difficile par imagerie satellite (analyse similaire de 2022).
Malgré ces constats, la demande mondiale de viande bovine continue d’augmenter, notamment en raison de la croissance de la richesse dans des pays comme la Chine. Selon les prévisions de l’OCDE et de la FAO, la consommation de viande bovine devrait continuer à croître au cours des prochaines années.
Liz Goldman de Global Forest Watch souligne que la simple diffusion d’informations ne suffit pas à modifier les comportements. Elle déclare :
« L’hypothèse selon laquelle plus d’informations produiront de meilleurs résultats semble malheureusement ne pas se vérifier ici. Je ne suis pas sûr de ce qu’il faudra pour changer les comportements à ce sujet. »
Liz Goldman, codirectrice de Global Forest Watch