Home Économie Le Brent oscille autour de 70 $ alors que les pics de fret compensent la réduction des flux russes

Le Brent oscille autour de 70 $ alors que les pics de fret compensent la réduction des flux russes

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Les prix du pétrole brut oscillent dans une fourchette étroite, tirés par des tensions géopolitiques et des contraintes logistiques qui limitent les gains malgré une offre mondiale potentiellement abondante. Le West Texas Intermediate (WTI) et le Brent, les deux principaux benchmarks, évoluent dans des zones de consolidation, avec une prime de risque accrue liée aux incertitudes entourant le détroit d’Ormuz et les flux pétroliers russes et iraniens.

Le WTI s’échangeait autour de 65,27 $ (environ 60 €) en milieu de semaine, en légère baisse de 0,55 %, tandis que le Brent se situait près de 70,61 $ (environ 65 €), avec un recul de 0,23 %. Les analystes estiment que le WTI trouve un support entre 65 et 65,50 $, avec une résistance entre 67 et 67,20 $, tandis que le Brent se maintient entre 70 et 72 $.

La Russie et l’Iran déversent leurs approvisionnements sanctionnés vers l’Asie à des prix de plus en plus bas, une situation qui pèse sur les prix au comptant mais profite aux marges des raffineries. Le brut russe d’Oural est désormais coté à environ 12 $ de moins que le Brent ICE, contre 10 $ il y a un mois, et le brut léger iranien est proposé avec une décote de 11 $ par rapport au Brent, contre 8 à 9 $ en décembre. Cette guerre des prix vise principalement à attirer la demande chinoise.

Les raffineurs indépendants chinois, qui représentent environ 25 % de la capacité de raffinage du pays, sont les principaux acheteurs de ces qualités de pétrole fortement sanctionnées, tandis que les entreprises publiques évitent les nouveaux contrats russes et réduisent leurs achats de pétrole iranien. En conséquence, d’importants stocks de pétrole brut s’accumulent au large des côtes asiatiques : environ 48 millions de barils de pétrole iranien flottent dans les mers de Chine et de Singapour, et les navires transportant du pétrole russe contiennent environ 143 millions de barils, soit près du double de l’année dernière, dont 9,5 millions de barils sont stockés en Asie.

Le transport de ce pétrole représente un défi supplémentaire. Les taux de fret pour les très grands porte-conteneurs (VLCC) du Moyen-Orient vers la Chine ont dépassé les 170 000 $ par jour, en raison de la ruée des affréteurs pour sécuriser des capacités avant une éventuelle escalade des tensions géopolitiques et une augmentation des primes de risque liées à la guerre. Ces coûts de transport élevés élargissent les écarts entre les acheteurs proches et lointains, incitant certains raffineurs à se tourner vers des sources d’approvisionnement moins chères et plus proches.

Le détroit d’Ormuz reste un point de tension majeur. Des rapports font état de brouillage électronique lié à l’activité des Gardiens de la révolution iraniens, bien qu’aucune perte d’exportation n’ait encore été signalée. Cependant, cette situation a modifié la répartition des probabilités des résultats, et toute perturbation dans ce corridor vital pourrait entraîner une réévaluation du risque extrême sur l’ensemble du marché pétrolier.

La Russie et l’Iran utilisent les prix à la marge pour préserver leur part de marché, notamment après que l’Inde a réduit ses achats de pétrole russe en raison du risque de sanctions. Les flux russes vers la Chine ont atteint environ 2,09 millions de barils par jour début février, en hausse de 20 % par rapport à la moyenne de janvier. Les exportations iraniennes vers la Chine, en revanche, ont diminué d’environ 12 % sur un an.

D’un point de vue macroéconomique, une hausse soutenue de 10 $ du prix du pétrole pourrait ajouter environ 0,2 point de pourcentage à l’inflation annuelle aux États-Unis, un facteur important dans un contexte où les banques centrales sont en train de calibrer leurs politiques de baisse des taux d’intérêt. Les prochaines publications sur les stocks américains seront scrutées : le consensus prévoit une augmentation d’environ 1,3 million de barils. Une accumulation plus importante affaiblirait le WTI, tandis qu’un tirage surprise pourrait valider l’idée d’un resserrement de l’offre effective.

Techniquement, le WTI se situe dans une phase de consolidation, avec une résistance autour de 67,20 $ et un support immédiat près de 65,75 $. Le Brent a testé des niveaux jamais atteints depuis fin juillet, avant de reculer vers la zone des 70,50-71,00 $. Les traders paient une prime pour l’optionnalité, anticipant une possible escalade des tensions géopolitiques ou une désescalade lors des prochaines négociations américano-iraniennes à Genève.

Dans l’ensemble, la configuration actuelle favorise une position prudemment haussière, avec une gestion stricte des risques et une attention particulière aux incidents à Ormuz, à la logistique des exportations russes et aux surprises sur les stocks américains.

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