Publié le 2025-11-02 12:32:00. Le Brésil s’inquiète d’une hausse alarmante des décès infantiles attribuables à des maladies évitables par la vaccination, un phénomène que les statistiques officielles sous-estiment encore largement. L’absence de réponse du Programme National de Vaccination (PNI) face à ces préoccupations soulève des interrogations sur la gestion de la crise sanitaire.
- Le nombre de décès infantiles dus à des maladies qui auraient pu être prévenues par la vaccination atteint un sommet depuis 2015.
- Les données officielles ne prennent pas en compte les morts liées au Covid-19 et à la grippe, qui devraient pourtant y figurer.
- La baisse de la couverture vaccinale observée entre 2019 et 2021 est identifiée comme une cause majeure de cette recrudescence.
L’alerte a été lancée suite à l’absence de réaction de la part du Programme National de Vaccination (PNI), rattaché au ministère de la Santé, suite à une demande d’entretien formulée le 28 octobre. Cette opacité vient jeter un voile sur une situation sanitaire préoccupante où les chiffres officiels concernant les décès infantiles liés à des maladies évitables par la vaccination atteignent un niveau inédit depuis 2015.
Selon Juarez Cunha, un expert interrogé, les données enregistrées par le Système d’Informations sur la Mortalité (SIM) sous-estiment la réalité. Il pointe du doigt l’exclusion de maladies telles que la grippe et la Covid-19, pourtant toutes deux parfaitement évitables grâce à la vaccination. Le magazine UOL a révélé que 116 enfants âgés de 0 à 4 ans sont décédés en 2024 des suites de la grippe, mais ces décès ne sont pas classés comme évitables par la vaccination dans les statistiques nationales. Le bilan de la Covid-19, quant à lui, est rendu flou par son inclusion dans une catégorie plus générale d’infections, empêchant une comptabilisation précise via le SIM.
Juarez Cunha établit un lien direct entre cette augmentation des décès et le déclin de la couverture vaccinale. Entre 2019 et 2021, cette couverture avait chuté de manière alarmante, avant d’observer une amélioration à partir de 2022. Néanmoins, le chemin à parcourir reste long. Il cite l’exemple de la vaccination contre la grippe, qui n’a atteint que 50 % de son public cible, notamment les femmes enceintes.
Image : Valter Campanato/Agence Brésil