Home Santé Le « bruit rose » pourrait nuire à la qualité de votre sommeil, prévient une étude : ScienceAlert

Le « bruit rose » pourrait nuire à la qualité de votre sommeil, prévient une étude : ScienceAlert

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Publié le 16 février 2026 à 00h14. Longtemps vanté pour ses vertus apaisantes, le bruit rose – une tonalité sonore censée favoriser l’endormissement – pourrait en réalité perturber la qualité du sommeil, selon une nouvelle étude de l’Université de Pennsylvanie.

  • L’exposition au bruit rose, même à un niveau modéré de 50 décibels, est associée à une diminution du sommeil paradoxal et du sommeil profond.
  • La combinaison de bruit ambiant et de bruit rose semble avoir un impact encore plus négatif sur le sommeil, augmentant le temps d’éveil nocturne.
  • Le port de bouchons d’oreilles pourrait atténuer les effets néfastes du bruit rose et du bruit ambiant sur le sommeil.

Le bruit rose, une variante du bruit blanc caractérisée par une intensité plus forte dans les basses fréquences, est souvent comparé au son de la pluie ou d’une cascade. De nombreuses applications et appareils de relaxation sonore le proposent comme une solution pour améliorer le sommeil. Cependant, les recherches récentes remettent en question ces affirmations.

Des chercheurs de l’Université de Pennsylvanie, en collaboration avec des équipes européennes et canadiennes, ont mené une étude rigoureuse pour évaluer l’impact réel du bruit rose sur le sommeil. L’étude a impliqué 25 adultes, âgés de 21 à 41 ans, ne souffrant d’aucun trouble du sommeil et n’ayant jamais utilisé de sons pour s’endormir.

Pendant sept nuits consécutives, les participants ont dormi dans un laboratoire du sommeil, où leurs ondes cérébrales et autres paramètres physiologiques ont été surveillés. Après une nuit d’adaptation, ils ont été exposés à différentes conditions sonores : bruit ambiant (circulation, avions, pleurs de bébé), bruit rose seul, une nuit de contrôle silencieuse, ou une combinaison de bruit ambiant et de bruit rose, ou encore bruit ambiant avec des bouchons d’oreilles. L’ordre de ces conditions variait selon les participants.

Les résultats ont révélé que l’exposition au bruit ambiant seul réduisait en moyenne de 23 minutes la durée du sommeil profond (N3), la phase la plus réparatrice du sommeil. Le bruit rose seul était également associé à une diminution d’environ 19 minutes du sommeil paradoxal, crucial pour la consolidation de la mémoire et la régulation émotionnelle.

La combinaison de bruit ambiant et de bruit rose s’est avérée particulièrement perturbatrice, entraînant une réduction significative du sommeil paradoxal et profond, ainsi qu’une augmentation du temps d’éveil nocturne. Ce dernier effet n’a pas été observé avec l’exposition à l’un ou l’autre des sons pris isolément.

Une lueur d’espoir émerge toutefois de cette étude : les participants qui portaient des bouchons d’oreilles pendant les nuits bruyantes n’ont pas présenté les mêmes perturbations du sommeil que ceux qui n’en portaient pas. Cela suggère que les bouchons d’oreilles pourraient constituer une alternative plus sûre pour bloquer les sons indésirables.

« Bien que cette étude en laboratoire soit de petite envergure, elle soulève des doutes légitimes quant aux bienfaits supposés du bruit rose pour le sommeil, en particulier compte tenu de l’importance du sommeil paradoxal et profond pour la santé cérébrale », explique Mathias Basner, chercheur spécialisé dans le sommeil à l’Université de Pennsylvanie. dit-il.

« Le sommeil paradoxal est essentiel à la consolidation de la mémoire, à la régulation émotionnelle et au développement du cerveau. Nos résultats suggèrent donc que l’utilisation de bruit rose et d’autres types de bruits à large bande pendant le sommeil pourrait être nocive, en particulier pour les enfants dont le cerveau est encore en développement et qui passent beaucoup plus de temps en sommeil paradoxal que les adultes. »

Mathias Basner, chercheur sur le sommeil à l’Université de Pennsylvanie

Les chercheurs soulignent la nécessité de mener des études plus approfondies sur les populations vulnérables, l’utilisation à long terme du bruit rose, les différentes « couleurs » de bruit à large bande et les niveaux de bruit sans danger pour le sommeil. Ils rappellent que des millions de personnes écoutent des sons à large bande pendant leur sommeil, et que les preuves actuelles ne sont pas suffisamment concluantes pour recommander cette pratique sans réserve.

L’étude a été publiée dans la revue Sleep.

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