Publié le 2025-11-06 14:32:00. Le Bundestag a adopté un plan d’austérité majeur visant à consolider les finances des caisses d’assurance maladie, écartant ainsi, du moins pour l’instant, une hausse des cotisations en 2026. Parallèlement, une réforme cherche à renforcer l’autonomie des professions infirmières.
- Un plan d’économies de 2 milliards d’euros est prévu pour 2026 afin de combler un déficit des caisses d’assurance maladie.
- Les cliniques devront réaliser 1,8 milliard d’euros d’économies, tandis que les frais administratifs des caisses seront réduits.
- Une nouvelle loi accorde aux infirmières des compétences élargies, notamment dans la prise en charge de certaines pathologies chroniques.
Le Parlement allemand, le Bundestag, a donné son feu vert à un ensemble de mesures d’économies visant à alléger la pression sur les cotisations d’assurance maladie pour l’année prochaine. Cette initiative, portée par la ministre de la Santé Nina Warken (CDU), s’articule autour d’une réduction des dépenses, notamment dans le secteur hospitalier, afin de résorber un déficit financier estimé à 2 milliards d’euros pour 2026 dans les caisses d’assurance maladie légales.
Au cours des débats parlementaires, Georg Kippels (CDU), secrétaire d’État parlementaire au ministère, a souligné que cette démarche visait à stabiliser les taux de cotisation, respectant ainsi un engagement politique. Il a ajouté :
« C’est la première fois depuis 2019 que la cotisation supplémentaire moyenne ne doit pas être augmentée. »
Georg Kippels, secrétaire d’État parlementaire au ministère
Cependant, l’opposition a exprimé des réserves, prévoyant une augmentation des cotisations en 2026 malgré ce plan. Janosch Dahmen, expert santé des Verts, a qualifié ces annonces de « label frauduleux », accusant le gouvernement de « jeter du sable aux yeux des citoyens ». De son côté, Ates Gürpinar, représentant de gauche, a jugé cette promesse « sans valeur ».
Des économies substantielles et une réorganisation des dépenses
Concrètement, les hôpitaux sont appelés à réaliser des économies à hauteur de 1,8 milliard d’euros. Pour y parvenir, les augmentations de rémunérations seront indexées sur les hausses réelles des coûts supportés par les établissements. Parallèlement, les caisses d’assurance maladie devront elles-mêmes réduire leurs dépenses administratives, par exemple dans les frais postaux ou les campagnes publicitaires, pour un montant estimé à 100 millions d’euros. Une économie supplémentaire de 100 millions d’euros est attendue grâce à la division par deux des versements destinés à un fonds de recherche en santé.
L’autonomie des caisses face aux cotisations
Il est important de noter que les politiciens ne peuvent pas fixer directement la stabilité des cotisations. Ce sont les caisses d’assurance maladie qui, dans les semaines à venir, décideront des cotisations supplémentaires pour 2026, en fonction de leur propre situation financière. Un groupe d’experts évaluateurs a calculé un taux de 2,9 %, équivalent au niveau actuel, pour 2026. Cette prévision ne prend cependant pas en compte la nécessité pour les caisses de reconstituer leurs réserves jusqu’aux minima réglementaires.
Un renforcement des compétences infirmières
Le Bundestag a également validé une loi initiée par Nina Warken visant à réduire la bureaucratie dans le secteur des soins infirmiers et à conférer de nouvelles prérogatives au personnel soignant. Cette législation étend les compétences des professionnels infirmiers à des domaines jusqu’alors réservés aux médecins, notamment dans la gestion des plaies, du diabète et de la démence. L’objectif est également de simplifier les démarches administratives.
« Les infirmières peuvent faire bien plus que ce qu’elles étaient auparavant autorisées à faire », a affirmé Nina Warken. Elle a souligné l’importance d’une meilleure répartition des tâches de soins et la contribution essentielle du personnel infirmier, insistant sur le fait que cette autonomie accrue renforce l’attractivité de la profession. Désormais, les professionnels infirmiers pourront réaliser certains traitements sans diagnostic médical préalable, sous réserve de l’avoir déterminé dans le cadre d’un diagnostic infirmier. Les détails des services concernés seront définis par l’auto-administration du système de santé.
La loi vise également à simplifier la documentation requise et les contrôles de qualité. « Chaque minute pendant laquelle une infirmière n’a pas à faire face à la bureaucratie est une minute gagnée pour les soins humains », a conclu la ministre.