Home Santé Le cancer du côlon qui a tué James Van Der Beek touche de plus en plus de jeunes : « Mais ils n’y pensent pas »

Le cancer du côlon qui a tué James Van Der Beek touche de plus en plus de jeunes : « Mais ils n’y pensent pas »

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Publié le 12 février 2026. Le cancer colorectal frappe de plus en plus de jeunes adultes, une tendance inquiétante qui pourrait en faire la première cause de décès par cancer dans cette tranche d’âge d’ici 2030.

  • Le nombre de cas de cancer du côlon chez les moins de 50 ans est en augmentation en Europe et aux États-Unis.
  • Un diagnostic sur huit concerne désormais une personne de moins de 50 ans.
  • Les causes de cette augmentation restent largement inconnues, bien que des facteurs liés au mode de vie soient suspectés.

Pise, Italie – Une tendance alarmante se confirme : le cancer colorectal n’est plus une maladie réservée aux seniors. Les diagnostics se multiplient chez les personnes de moins de 50 ans, une augmentation constatée depuis quelques années aux États-Unis et, plus récemment, en Europe. Selon les estimations, un diagnostic de cancer du côlon sur huit concerne aujourd’hui une personne de moins de 50 ans, et les experts craignent que cette maladie ne devienne la principale cause de décès par cancer dans la tranche d’âge 30-50 ans d’ici 2030.

« Nous ne connaissons pas encore toutes les causes de cette augmentation », explique la professeure Chiara Crémolini, oncologue médicale à l’Université de Pise et membre du conseil national de l’Aiom (Association italienne d’oncologie médicale). « Dans certains cas, il peut s’agir de prédispositions génétiques, d’une certaine hérédité. Mais dans 80 % des cas, l’origine n’est pas génétique. »

La disparition récente de l’acteur américain James Van Der Beek, emporté par un cancer colorectal à l’âge de 48 ans, a mis en lumière cette réalité. L’acteur, connu pour son rôle dans la série Dawson, avait annoncé son diagnostic en 2024.

Plusieurs facteurs liés au mode de vie sont pointés du doigt. « Parmi les hypothèses, on retrouve les aliments ultra-transformés, associés à un développement plus important de polypes du côlon, qui peuvent évoluer vers un cancer s’ils ne sont pas détectés à temps », précise la professeure Crémolini. « L’exposition aux antibiotiques durant l’enfance, la consommation de tabac et d’alcool sont également des éléments à surveiller. Et malheureusement, on constate que la consommation de tabac et d’alcool ne diminue pas chez les jeunes, bien au contraire. »

L’oncologue souligne l’importance de la prévention secondaire, c’est-à-dire la promotion de modes de vie sains : « Pas d’alcool, pas de tabac, pas d’aliments ultra-transformés, pas de sédentarité ; oui au régime méditerranéen et à l’activité physique régulière. »

La professeure Crémolini, qui se dit elle-même fan de la série Dawson, se souvient avoir été particulièrement touchée par la nouvelle du décès de James Van Der Beek.

« Je savais qu’il n’allait pas bien, j’étais fan de lui quand j’étais enfant. Je l’avais vu lors d’une réunion de tous les acteurs de la série télévisée tant aimée de ma génération. J’ai compris que la situation était grave, malgré le traitement. »

Chiara Crémolini, professeure d’oncologie médicale à l’Université de Pise

Chez les patients plus jeunes, le cancer colorectal semble d’ailleurs plus agressif. « Il est particulièrement agressif », explique la professeure Crémolini. « Et malgré le traitement, les résultats sont moins bons et les jeunes meurent plus tôt. Nous n’en connaissons pas les raisons, mais il pourrait y avoir un lien avec des facteurs moléculaires et biologiques : beaucoup dépend de la manière dont la tumeur est constituée. »

La détection précoce des symptômes est cruciale : maux de ventre, alternance de diarrhée et de constipation, fatigue intense et prolongée, perte de poids, présence de sang dans les selles. « Ce sont les mêmes symptômes pour tout le monde », insiste la professeure Crémolini, « mais les jeunes ont tendance à les sous-estimer, car ils ne pensent pas qu’à 38 ans ils puissent développer un cancer du côlon. Le résultat ? Ils arrivent au diagnostic plus tard. »

L’accès aux soins est également un enjeu majeur. L’acteur américain avait dû vendre aux enchères certains objets de sa carrière en 2024 pour financer son traitement.

« Les médicaments oncologiques sont très chers. En plus de la chimiothérapie, il y a les médicaments anti-vomissements, le personnel qui administre la thérapie, la structure, etc. On parle de centaines de milliers d’euros. »

Chiara Crémolini, professeure d’oncologie médicale à l’Université de Pise

« En Italie, si notre Service national de santé n’existait pas », conclut la professeure Crémolini, « seuls les riches pourraient accéder à ces thérapies, alors que la grande majorité des gens ne pourraient pas être soignés. Chez nous, le patient ne paie pas. » Un rappel de l’importance de la prévention, de l’attention portée aux symptômes et de la valeur du système de santé public pour garantir l’accès aux soins.

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