Home Santé Le CDC émet moins d’alertes sanitaires pendant le deuxième mandat de Trump : NPR

Le CDC émet moins d’alertes sanitaires pendant le deuxième mandat de Trump : NPR

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Publié le 7 février 2026 à 02h12. L’agence américaine de contrôle et de prévention des maladies (CDC) est de plus en plus critiquée pour son manque de communication face à des risques sanitaires croissants, suscitant l’inquiétude des médecins et des experts de santé publique.

  • Le CDC a émis seulement six alertes sanitaires en 2025, un nombre considérablement inférieur aux années précédentes.
  • Des experts estiment que ce silence prive les professionnels de santé d’informations cruciales pour anticiper et gérer les épidémies.
  • Des initiatives régionales et des experts indépendants tentent de combler le manque d’informations du CDC.

Les alertes sanitaires du CDC, diffusées via son Réseau d’alerte santé (HAN), sont un outil essentiel pour informer les médecins, les hôpitaux et les autorités sanitaires des menaces émergentes. En 2025, seulement six de ces alertes ont été publiées, un chiffre qui contraste fortement avec les années précédentes où l’agence en émettait parfois des dizaines.

« Nous volons absolument à l’aveugle », déclare le Dr Georges Benjamin, directeur exécutif de l’American Public Health Association. « Nous sommes aveugles à toute une gamme de risques pour la santé qui entrent dans notre communauté ou réapparaissent dans notre communauté. »

Ce manque d’alerte précoce a des conséquences directes sur la préparation et la réponse aux épidémies. Les alertes du CDC incitent les hôpitaux à se constituer des stocks de médicaments et de fournitures, et encouragent les services de santé à surveiller l’apparition de foyers de maladies inhabituels. « C’est notre système d’alerte précoce », explique Benjamin. « C’est le météorologue de la santé publique. Il nous donne une énorme connaissance de la situation. »

Plusieurs exemples illustrent cette diminution de la communication du CDC. L’agence n’a pas émis d’alerte concernant la saison de la grippe de 2025, même face à l’émergence d’une souche mutée et à une intensité inhabituelle. De même, aucune alerte n’a été diffusée concernant l’épidémie actuelle de rougeole en Caroline du Sud, l’une des plus graves depuis des décennies, ni concernant les récentes épidémies de coqueluche.

« Le silence est assourdissant », affirme Benjamin.

Des critiques pointent également du doigt une réduction du nombre de publications dans le Rapport hebdomadaire sur la morbidité et la mortalité, la publication phare du CDC, ainsi que la suspension de campagnes d’information, comme celle visant à encourager la vaccination contre la grippe, et un manque de transparence envers les journalistes.

« Malheureusement, je pense que cela est très emblématique d’un déclin des communications, tant en quantité qu’en qualité », déclare le Dr Debra Houry, ancienne médecin-chef du CDC, qui a démissionné en août 2025 en raison des politiques de l’administration en place.

Houry explique que l’agence a subi des licenciements massifs et est désormais davantage influencée par des considérations politiques que par des données scientifiques.

Le CDC n’a pas répondu aux questions de NPR sur le nombre d’alertes sanitaires émises. Dans un courriel adressé à NPR, Andrew Nixon, porte-parole du Département de la santé et des services sociaux, a qualifié de « fausses » les allégations selon lesquelles l’agence se serait retirée.

« Le CDC continue d’alerter le public sur les incidents urgents de santé publique et travaille en étroite collaboration avec des partenaires fédéraux, étatiques, territoriaux, tribaux et locaux pour développer des protocoles d’intervention et maintenir de solides relations avec les parties prenantes », a écrit Nixon.

Face à ce manque d’informations, des initiatives alternatives se développent. Des consortiums régionaux se mettent en place et des experts indépendants, comme Caitlin Rivers, épidémiologiste à l’Université Johns Hopkins, lancent des bulletins d’information, comme Clinique FOI, pour combler le vide.

« L’un des aspects positifs est qu’il y a d’autres modèles étant jugé. Par exemple, nous voyons beaucoup de consortiums régionaux où les États se réunissent pour voir ce qu’ils peuvent faire pour la santé publique », explique Caitlin Rivers. « Il existe un appétit pour une communication plus pertinente et à plus grand volume. »

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