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Le centre climatique néerlandais s’est produit beaucoup plus grand pour apporter des millions

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Publié le 06/10/2025 à 17:09. Le Global Center on Adaptation (GCA), un centre climatique financé par les Pays-Bas, est accusé d’avoir considérablement exagéré ses réalisations pour attirer des subventions. Une enquête du NOS révèle que le centre joue un rôle mineur dans de nombreux projets qu’il présente comme étant largement initiés par lui-même.

  • Le GCA promet à ses donateurs d’améliorer la vie de dizaines de millions de personnes en Afrique, mais son rôle réel dans les projets est souvent limité et financé par d’autres institutions comme la Banque mondiale ou la Banque africaine de développement.
  • Des experts indépendants remettent en question les chiffres avancés par le GCA, estimant que le centre s’attribue le mérite de projets auxquels il a peu contribué, voire pas du tout dans certains cas.
  • Plusieurs pays donateurs, tels que la Norvège et le Danemark, ont exprimé leurs doutes et demandé des justifications sur les déclarations de performance du GCA, allant jusqu’à suspendre temporairement leur financement.

Une enquête approfondie menée par la rédaction de NOS, qui a interrogé plus de soixante-dix parties prenantes aux Pays-Bas et à l’étranger et analysé des centaines de documents, met en lumière des affirmations potentiellement trompeuses de la part du Global Center on Adaptation (GCA). Fondé aux Pays-Bas, ce centre a pour mission de conseiller les pays, notamment africains, sur la manière de s’adapter aux conséquences du changement climatique. Cependant, les résultats de cette enquête, soumis à des experts indépendants, suggèrent que le GCA a tendance à « se parer des plumes des autres », selon les termes de Pieter Pauw, expert en financement climatique de l’Université de technologie d’Eindhoven.

Le GCA reconnaît que son rôle dans certains projets n’est pas toujours prépondérant, admettant que sa contribution financière peut se limiter à quelques millions d’euros pour des projets se chiffrant en dizaines, voire en centaines de millions. Néanmoins, le centre maintient que ces contributions initiales sont un catalyseur essentiel pour des investissements bien plus importants. Cette affirmation est cependant contestée par la majorité des experts interrogés par NOS, qui jugent une telle influence disproportionnée au regard des contributions du GCA.

Le GCA dément fermement les accusations d’exagération, mais une communication interne suggère que le centre a déjà procédé à des ajustements dans sa communication pour « éviter les malentendus ». L’ancien Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende siège au conseil d’administration du GCA, qui a été officiellement inauguré en 2021 en présence de nombreuses personnalités.

Les conclusions de l’enquête de NOS indiquent que le GCA exagère non seulement sa contribution personnelle aux projets, mais prétend également être associé à des projets de la Banque mondiale auxquels il n’aurait pas participé. Par exemple, le GCA affirme avoir rédigé un plan d’action pour un projet de lutte contre l’érosion financé par la Banque mondiale au Congo, impliquant un investissement de 100 millions de dollars. Or, les documents de la Banque mondiale ne font aucune mention de la participation du GCA à ce projet. La Banque mondiale a confirmé à NOS que le GCA n’était pas impliqué dans ce projet spécifique.

Au total, le GCA revendique des collaborations sur au moins seize projets de la Banque mondiale, bien que des recherches dans les documents officiels n’aient permis de confirmer qu’une participation à cinq d’entre eux. La Banque mondiale n’a pas fourni d’informations sur les onze autres projets cités par le GCA. Le centre affirme que son rôle n’est pas toujours central et donc pas toujours facilement identifiable dans les documents officiels. Une employée de la Banque mondiale, contactée par NOS, a précisé que si des consultations pouvaient avoir lieu, cela ne signifiait pas une participation directe au projet ni une influence sur les investissements.

Cette situation a suscité des doutes chez plusieurs pays et organisations donateurs. Un rapport de conseil interne de la Fondation Gates, un donateur majeur, souligne que le GCA « exagère parfois son propre rôle en s’attribuant le mérite de projets qu’il n’a pas initiés, et encore moins soutenus ». La Norvège et le Danemark ont également sollicité des explications de la part du GCA, le ministère danois des Affaires étrangères notant qu' »il est difficile d’estimer ce qui peut être attribué au travail du GCA » et suggérant une évaluation indépendante des affirmations de résultats.

Suite à ces préoccupations, la Norvège a même suspendu temporairement son financement au GCA pour obtenir davantage d’informations, bien que ce financement n’ait pas été définitivement arrêté. L’évaluation de la coopération entre la Norvège et le GCA est toujours en cours. Le ministère néerlandais des Affaires étrangères a indiqué avoir été informé des interrogations des donateurs et avoir constaté des « améliorations » dans la communication du GCA suite à ses propres demandes de clarifications.

Le GCA prétend avoir lancé des investissements totalisant 25 milliards de dollars, bénéficiant à plus de 82,5 millions de personnes et créant 900 000 emplois. Ces chiffres, considérés comme très exagérés par les experts, proviennent d’une organisation dont le budget annuel s’élève à environ 22 millions d’euros. Des anciens employés du GCA ont témoigné sous couvert d’anonymat auprès de NOS, rapportant une pression de la part de la direction pour gonfler les résultats afin d’attirer davantage de financements.

Le GCA a annoncé la fermeture du robinet de financement de ces activités, une décision apparemment motivée par l’expiration des projets subventionnés plutôt que par la réputation controversée de l’organisation, selon le ministère des Affaires étrangères.

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