Publié le 10 février 2026 15h49. Le restaurant The Pullman, niché dans l’abbaye de Glenlo à Galway, a décroché sa première étoile Michelin, couronnant des décennies de travail acharné pour le chef Angelo Vagiotis et son équipe.
- Le restaurant The Pullman à Galway a reçu une étoile Michelin lors de la cérémonie du Guide Michelin.
- Angelo Vagiotis, le chef grec du Pullman, souligne l’importance du travail d’équipe et de la discipline pour atteindre ce niveau d’excellence.
- Vagiotis a auparavant contribué à l’obtention d’étoiles pour le restaurant Terre à Cork, avant de vouloir lancer sa propre vision culinaire.
Après une nuit de célébrations à Dublin, Angelo Vagiotis, visiblement fatigué mais rayonnant, savoure sa première étoile Michelin. « Nous n’avons pas dormi du tout », confie-t-il, témoignant de l’effervescence qui règne au sein de son établissement. Cette distinction récompense un parcours semé d’ambition et de rigueur, particulièrement remarquable pour un restaurant installé dans deux anciens wagons de l’Orient Express.
Né à New York et élevé en Grèce, Vagiotis nourrit un rêve étoilé depuis ses débuts en école de cuisine. Il a ensuite perfectionné son art dans les cuisines françaises, puis dans des établissements de renom mondial tels que Noma à Copenhague et Manresa en Californie. Son arrivée en Irlande, sur invitation du chef français Vincent Crepel, a marqué une nouvelle étape.
Crepel, avec qui il avait collaboré à Paris, l’a recruté comme second chef au restaurant Terre à Castlemartyr, dans le comté de Cork, en 2022. Vagiotis a joué un rôle clé dans l’obtention de la première étoile de Terre quelques mois après son ouverture, puis de la seconde un an plus tard. « C’était le début d’un voyage », explique-t-il, mais il aspirait à plus : à voir son propre nom figurer en façade.
« Je voulais que mon nom soit au-dessus de la porte. J’étais chef cuisinier de Terre mais c’était la vision de Vincent, pas la mienne », précise-t-il. Crepel, désormais parti diriger d’autres projets et remplacé par Lewis Barker, a apporté son soutien à Vagiotis lors de la réouverture du Pullman, et reste un allié précieux. C’est d’ailleurs le premier message qu’il a reçu de son ancien mentor lorsque l’étoile a été confirmée lundi soir.
La transformation du Pullman, qui existait depuis 1998, a été un défi de taille. Vagiotis a supervisé une rénovation complète en cinq mois, métamorphosant un restaurant décontracté en un établissement gastronomique axé sur les produits locaux, avec « le soutien énorme » des propriétaires, John Lally et sa famille. « En fin de compte, c’est une entreprise. Elle doit être viable », souligne-t-il.
Le Pullman propose un menu dégustation de sept plats, servis à 60 couverts du mercredi au dimanche. Vagiotis décrit cette expérience culinaire comme « beaucoup d’assiettes, beaucoup de nourriture », préparée par une équipe de six personnes qu’il s’efforce de rémunérer équitablement. Cette philosophie s’étend également à ses fournisseurs, influencée par l’éthique de travail et le respect des producteurs agricoles inculqués par ses grands-parents dans leur ferme près d’Athènes.
Vagiotis insiste sur l’importance d’une cuisine « très propre » et « très organisée », où la musique, choisie par le personnel, crée une ambiance propice à la concentration. Il n’y a « pas de bavardage », mais beaucoup de dégustations et d’échanges d’idées. « Je suis strict, on ne peut pas ne pas être strict et atteindre le niveau d’un restaurant Michelin », affirme-t-il, ajoutant que ses collaborateurs apprécient cette approche qui leur permet de s’épanouir.
« Sans mon équipe, je ne suis rien. Je fais du fromage sur des toasts. »
Angelo Vagiotis, chef du restaurant The Pullman
Fort de sa nouvelle étoile, Vagiotis préfère prendre le temps de « laisser s’installer » la situation avant de se lancer dans de nouvelles ambitions. Il reconnaît toutefois qu’une deuxième étoile serait la bienvenue. « Je ne dirais pas non. D’abord, nous devons nous contenter d’une étoile, pour mûrir. En fin de compte, nous pourrions en choisir deux. »
Pour l’heure, il se concentre sur « l’honneur » et la clarté que cette distinction apporte à sa cuisine et à ses clients, qui peuvent désormais regarder l’étoile et savoir précisément à quoi s’attendre au Pullman. Après trois ans et demi passés en Irlande, Vagiotis se sent pleinement intégré. « L’Irlande est chez moi. Je me sens très connecté à cet endroit », dit-il, ajoutant que « cuisiner avec des produits irlandais, c’est comme tricher, c’est tellement bon ». Il apprécie également le climat et l’air « propre et pur ».
« Peut-être qu’il n’y a pas de soleil tous les jours, mais les gens sont ensoleillés », conclut-il. « Je ne me vois pas déménager ailleurs. »
L’annonce de l’étoile du Pullman a été la première des deux nouvelles étoiles Michelin décernées à des restaurants irlandais lors de la cérémonie du Guide Michelin, l’autre récompense étant attribuée à John et Sandy Wyer pour Forest Avenue à Dublin 4.