La pauvreté multidimensionnelle et la crise climatique : un cocktail explosif pour 887 millions de personnes. Un nouveau rapport du PNUD alerte sur les vulnérabilités accrues des plus démunis face aux défis environnementaux.
Les personnes vivant dans une pauvreté multidimensionnelle sont confrontées à des risques et des désavantages considérablement amplifiés par la crise climatique. C’est le constat alarmant dressé par un récent rapport de l’Indice de Pauvreté Multidimensionnelle (IPM), fruit d’une collaboration entre le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et l’Initiative Pauvreté et Inégalités Humaines d’Oxford (OPHI) de l’Université d’Oxford. En cause : l’exposition directe de 887 millions d’individus aux menaces climatiques telles que la chaleur extrême, les inondations, les sécheresses ou encore la pollution de l’air.
« Mettre fin à la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde reste une promesse déterminante de notre époque », a rappelé Haoliang Xu, administrateur par intérim du PNUD, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. « C’est une promesse que nous pouvons tenir en garantissant que toutes les familles puissent vivre dans la dignité, la sécurité et le pouvoir de façonner leur propre avenir. »
Ce rapport met en lumière la complexité de la pauvreté, qui affecte les individus simultanément sur plusieurs fronts. Ainsi, 651 millions de personnes sont touchées par au moins deux menaces climatiques. Ce chiffre grimpe à 309 millions pour celles souffrant de pauvreté multidimensionnelle aiguë (touchant la santé, l’éducation et le niveau de vie) et confrontées à trois ou quatre dangers climatiques simultanément. Ces conditions cumulées exacerbent leur vulnérabilité.
L’étude analyse précisément comment la crise climatique redéfinit le paysage de la pauvreté mondiale en recoupant les données sur les risques climatiques et les indicateurs de pauvreté multidimensionnelle. Elle alerte sur le fait que les inégalités déjà existantes se trouvent aggravées par l’exposition aux aléas climatiques.
L’Asie du Sud est identifiée comme un point chaud majeur, concentrant 380 millions de personnes pauvres vivant dans des zones exposées aux risques climatiques. Dans cette région, plus de 90 % de ces individus sont menacés par plus de deux périls climatiques. L’Afrique subsaharienne n’est pas en reste : avec 344 millions de personnes vivant dans la pauvreté, elle constitue une autre région critique où les conditions de vie sont rendues plus difficiles par le changement climatique.
Alors que les dirigeants mondiaux se réuniront au Brésil pour le Sommet sur le Climat (COP30) le mois prochain, Haoliang Xu insiste sur l’urgence d’une action concrète. « Leurs engagements nationaux en matière de climat devront relancer les progrès en matière de développement au point mort qui menacent de laisser de côté les populations les plus pauvres du monde », a-t-il préconisé.