Publié le 27 février 2026 à 02h35. Le Pakistan et l’Afghanistan s’affrontent ouvertement après une escalade des tensions frontalières, le Pakistan lançant des frappes aériennes sur Kaboul et Kandahar en représailles à des attaques attribuées aux talibans.
Le Pakistan a déclaré être en « guerre ouverte » avec le gouvernement taliban en Afghanistan, suite à des attaques mutuelles ayant fait des victimes des deux côtés de la frontière. Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a affirmé sur le réseau social X :
« Notre patience est à bout. Il y a maintenant une guerre ouverte entre nous et vous. »
Les autorités pakistanaises ont confirmé avoir mené des frappes contre des cibles talibanes à Kaboul, la capitale afghane, ainsi qu’à Kandahar. Le ministre pakistanais de l’Information, Attaullah Tarar, a précisé que des attaques avaient également eu lieu dans la province de Paktia. Le ministre de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, a qualifié ces opérations de « réponse appropriée » à ce qu’il décrit comme une « agression ouverte » des talibans.
Des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP) à Kaboul ont rapporté avoir entendu de fortes explosions et des coups de feu pendant plus de deux heures. À Kandahar, où se trouve le chef taliban Hibatullah Achundsada, un journaliste de l’AFP a signalé avoir entendu le bruit d’avions. Le gouvernement taliban a confirmé les attaques pakistanaises, mais son porte-parole, Sabihullah Mujahid, a déclaré qu’il n’y avait eu aucun blessé.
Selon le gouvernement taliban, ses forces armées ont lancé jeudi une offensive « à grande échelle » contre les installations militaires pakistanaises dans la zone frontalière, capturant 15 avant-postes et tuant « des dizaines » de soldats pakistanais. D’autres soldats pakistanais auraient été blessés ou capturés. Le ministère taliban de la Défense a fait état de huit soldats afghans tués lors de cette offensive. Le ministère pakistanais de l’Information a accusé les forces afghanes d’avoir mené des attaques « non provoquées » dans la province pakistanaise de Khyber Pakhtunkhwa.
Ces frappes pakistanaises interviennent après des bombardements aériens meurtriers menés par l’armée pakistanaise dans la zone frontalière dimanche soir. Selon la mission de l’ONU en Afghanistan, au moins 13 civils ont été tués, tandis que le gouvernement taliban affirme qu’au moins 18 personnes ont péri. Islamabad a rejeté les affirmations selon lesquelles au moins 80 combattants afghans auraient été tués.
Islamabad justifie ces actions par un attentat à la bombe contre une mosquée chiite dans la capitale, revendiqué par l’État islamique (EI), qui avait fait 31 morts et plus de 160 blessés il y a deux semaines. Le gouvernement pakistanais accuse les talibans de ne pas prendre de mesures contre les groupes militants opérant depuis l’Afghanistan et menant des attaques sur son territoire. La violence dans la zone frontalière entre le Pakistan et l’Afghanistan est persistante, et les tensions se sont accrues depuis la prise de pouvoir des talibans en août 2021.
En octobre dernier, plus de 70 personnes avaient été tuées et des centaines blessées lors d’une semaine de combats entre le Pakistan et l’Afghanistan dans la zone frontalière. Bien que les deux pays se soient mis d’accord sur un cessez-le-feu grâce à la médiation du Qatar et de la Turquie, ils n’ont pas réussi à parvenir à un accord durable lors de négociations ultérieures.