Le comté de Los Angeles a franchi une étape décisive mardi en déclarant l’état d’urgence, une mesure visant à protéger les locataires affectés financièrement par les opérations de répression de l’immigration menées par l’administration Trump. Cette décision, saluée par les défenseurs des droits des immigrés, ouvre la voie à la mise en place d’un moratoire sur les expulsions.
À retenir
Le conseil de surveillance du comté de Los Angeles a voté la proclamation de l’état d’urgence, une décision inhabituelle pour une telle situation.
Cette mesure permet d’envisager un moratoire sur les expulsions pour les locataires dont les finances ont été impactées par les descentes de l’immigration.
Le comté espère ainsi demander des fonds d’État pour offrir un soutien supplémentaire aux personnes touchées.
Contexte
Le vote du conseil de surveillance, par 4 voix contre 1, a été qualifié d’état d’urgence, un dispositif généralement réservé aux catastrophes naturelles. Cette proclamation souligne que les tactiques employées par les services de l’immigration et des douanes des États-Unis (ICE) et d’autres agents fédéraux ont engendré un « climat de peur », perturbant la vie quotidienne et affectant l’économie régionale. L’administration Trump a quant à elle défendu la légalité de ces raids, affirmant qu’ils visaient à expulser les immigrés en situation irrégulière.
Los Angeles se trouve au cœur des efforts de l’administration Trump pour expulser des immigrés. En juin, le président avait déployé la Garde nationale et des Marines américains dans la ville pour sécuriser les bâtiments fédéraux et protéger les agents de l’ICE lors de descentes, déclenchant d’importantes manifestations.
Ce qui change
La déclaration d’état d’urgence autorise le comté à imposer un moratoire sur les expulsions. Les locataires, s’ils parviennent à prouver qu’ils ont été financièrement affectés par les raids de l’immigration, seraient ainsi protégés contre l’expulsion pour non-paiement de loyer. Il est important de noter que cet argent resterait dû aux propriétaires et devrait être réglé une fois le moratoire levé. La mesure vise également à faciliter la demande de fonds de l’État pour venir en aide aux personnes touchées.
Prochaines étapes
Bien que l’état d’urgence ait été déclaré, un vote final du conseil d’administration sera nécessaire pour promulguer le moratoire sur les expulsions.
Les responsables du comté ont avancé des chiffres préoccupants, citant une étude de juin réalisée par le Bay Area Council Economic Institute et l’Université de Californie à Merced, qui estime que les descentes d’immigration pourraient entraîner une perte de 275 millions de dollars de produit intérieur brut pour l’État de Californie. Une présentation lors de la réunion des superviseurs la semaine précédente avait également mentionné que le moratoire pourrait imposer des contraintes aux propriétaires, suggérant une augmentation de l’aide au loyer comme alternative potentielle.
« Nous ne resterons pas les bras croisés pendant que la peur et le chaos se répandent dans nos quartiers », a déclaré la superviseure Lindsey Horvath, co-auteure de la motion, avant le vote. « Lorsque nos voisins immigrés sont pris pour cible, notre comté tout entier le ressent sur nos lieux de travail, dans nos écoles et dans nos foyers. »