Publié le 22 février 2026 à 06h32. Le gouvernement colombien maintient l’augmentation de 23,7 % du salaire minimum malgré une suspension provisoire et une contestation judiciaire, tout en défendant une possible réforme constitutionnelle face à des blocages institutionnels.
- Le gouvernement a confirmé le décret provisoire sur le salaire minimum, maintenant une augmentation de 23,7 %.
- Une mesure conservatoire du Conseil d’État a suspendu provisoirement l’arrêté initial, mais le gouvernement a fait appel.
- Des tensions politiques et des manifestations ont marqué le débat sur le salaire minimum, notamment à l’approche des élections législatives.
Le gouvernement colombien a réaffirmé sa position concernant l’augmentation du salaire minimum, malgré une suspension provisoire ordonnée par le Conseil d’État. Cette décision intervient après un recours contre la mesure conservatoire qui suspendait l’arrêté initial, le gouvernement estimant que les conditions requises pour une suspension provisoire n’étaient pas remplies.
La controverse a également pris une dimension politique, le président ayant mobilisé ses partisans dans la rue pour défendre l’augmentation salariale. Ces manifestations, organisées à l’approche des élections législatives et des consultations présidentielles, visaient à réaffirmer l’engagement du gouvernement à maintenir l’augmentation décrétée. Elles ont bénéficié du soutien des confédérations syndicales, mais ont suscité des critiques de la part des syndicats d’entreprises et des secteurs d’opposition, qui y ont vu une stratégie d’agitation à des fins électorales.
Parallèlement, le gouvernement fait face à des revers sur d’autres fronts, notamment concernant la réforme des retraites. La Cour constitutionnelle a accepté l’empêchement du magistrat Jorge Enrique Ibánez, qui avait été contesté par le gouvernement et ne participera donc pas à la discussion sur la réforme.
Dans une interview accordée à El Colombiano, le ministre Sanguino a défendu l’appel à la mobilisation, qu’il juge
« plus que justifié »
Ministre Sanguino
face aux obstacles qu’il perçoit de la part du Conseil d’État et aux retards de la Cour constitutionnelle. Il a également annoncé que la nouvelle urgence économique comprendra un soutien aux MPME (petites et moyennes entreprises), notamment un taux de revenu différentiel, afin d’atténuer les impacts de l’augmentation du salaire minimum.
Le gouvernement a déposé un recours contre la mesure conservatoire du juge Juan Camilo Morales du Conseil d’État, qui ordonnait l’émission d’un décret provisoire ou transitoire pendant que le Conseil d’État examine les recours demandant l’annulation du décret sur le salaire minimum. Le gouvernement souligne qu’il s’agit d’une mesure sans précédent dans l’histoire du pays, et que le Conseil d’État a agi avec une rapidité inhabituelle.
Concernant le montant de l’augmentation de 23,7 %, le gouvernement affirme qu’il s’agit d’une estimation proche du salaire vital calculé par l’Organisation internationale du travail (OIT) pour la Colombie. Il souligne également qu’il a envisagé des augmentations plus importantes, mais qu’il a souhaité maintenir des critères de durabilité économique.
Pour soutenir les petites entreprises, le gouvernement met en œuvre des mesures dans le cadre du Plan national de développement, notamment des incitations à l’embauche de personnes confrontées à des obstacles à l’accès au marché du travail. Il prévoit également de mettre en place un taux de revenu différentiel pour les petites entreprises, mais cette mesure a été suspendue par la Cour constitutionnelle dans le cadre de l’urgence économique.
Enfin, concernant la réforme des retraites, le gouvernement estime qu’une constituante est justifiée face aux blocages institutionnels. Il attend désormais une décision rapide de la Cour constitutionnelle sur la légalité de la réforme, qui a été votée deux fois par le Congrès et dont la mise en œuvre était prévue pour le 1er juillet 2025.
Le Conseil d’État doit maintenant trancher le recours déposé par le gouvernement, ce qui pourrait prendre entre un mois et un mois et demi. Une fois cette phase terminée, la Haute Cour examinera en profondeur la légalité du décret et rendra une décision définitive.