Home International Le développement conjoint des chasseurs européens de nouvelle génération est sur le point de s’effondrer

Le développement conjoint des chasseurs européens de nouvelle génération est sur le point de s’effondrer

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Le projet pharaonique de développement d’un avion de combat de nouvelle génération, mené conjointement par la France, l’Allemagne et l’Espagne, est au bord de l’implosion. Berlin explore désormais activement des alternatives, notamment une coopération avec la Suède ou une adhésion au programme anglo-italo-japonais, après des désaccords majeurs sur le partage des responsabilités.

Selon le quotidien allemand Welt, le gouvernement allemand a entamé des discussions parallèles suite à l’impasse rencontrée avec Paris et Madrid concernant le Système de Combat Aérien Futur (SCAF). Une coopération avec Saab, le constructeur suédois de l’avion de chasse Gripen, ou une participation au Global Air Combat Program (GCAP), impliquant le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon, sont à l’étude.

Le Premier ministre italien, Giorgia Meloni, et le chef de file de l’opposition allemande, Friedrich Merz, auraient abordé la possibilité d’une intégration allemande au GCAP lors d’une rencontre le mois dernier. De son côté, Michael Johansson, PDG de Saab, a déclaré en décembre dernier à un média allemand : « Nous sommes prêts à développer conjointement des avions de combat avec l’Allemagne si les deux gouvernements manifestent une volonté politique claire. »

Le SCAF, estimé à plus de 100 milliards d’euros (173 000 milliards de wons), est un système d’armes complexe combinant un chasseur de sixième génération, un drone de combat et un nuage de combat interconnecté. Lancé en 2017 à l’initiative du président français Emmanuel Macron et de la chancelière allemande Angela Merkel, il s’agissait du plus grand projet d’armement de l’histoire européenne, l’Espagne rejoignant l’initiative par la suite.

Les négociations ont toutefois été bloquées l’année dernière en raison des exigences de Dassault Aviation, le fleuron de l’industrie aéronautique française, qui réclamait une participation majoritaire dans le développement de l’avion de combat. Initialement, les trois pays devaient se partager équitablement les travaux. La position de Dassault, impliquant un contrôle sur la conception et les composants clés, a suscité une forte opposition de l’Allemagne.

Malgré une tentative de sauver le projet en fixant une date limite d’accord en décembre dernier, les divergences n’ont pu être surmontées. Le président Macron a affirmé dans le quotidien Le Monde qu’il n’avait pas entendu d’objections de la part de l’Allemagne quant à la pertinence du projet : « Je n’ai jamais entendu une voix venant d’Allemagne dire que ce projet n’est pas bon. »

Cependant, un parlementaire français impliqué dans les questions de défense a confié à Politico début février : « Le SCAF est mort. Tout le monde le sait, mais personne ne veut en parler. » Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a quant à lui fait allusion au proverbe allemand selon lequel « on ne doit pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué », déclarant le 11 février : « Il deviendra clair dans quelques jours si ce dicton est vrai ici. »

Paris aurait demandé un délai supplémentaire jusqu’à la fin du mois de février. Selon des sources, ce délai coïncide avec le discours attendu du président Macron sur la doctrine nucléaire française, les futurs avions de combat devant être équipés de missiles de croisière nucléaires et la question d’un éventuel bouclier nucléaire européen étant indissociables.

Par ailleurs, certains acteurs de l’industrie de la défense allemande et des milieux politiques estiment que l’Allemagne dispose désormais des ressources financières nécessaires, grâce à une augmentation significative des dépenses militaires, pour développer ses propres avions de combat. L’idée serait de maintenir le cadre du projet SCAF, mais de se concentrer sur le développement conjoint d’autres systèmes, tels que des drones et des logiciels.

« Le SCAF est plus qu’un simple avion de combat », a souligné Siemthi Möller, experte en politique de défense du Parti social-démocrate (SPD). « Il pourrait être raisonnable que chaque pays développe certaines parties, en fonction de ses propres priorités militaires. »

Il est à noter que la France avait déjà participé aux discussions concernant le développement de l’Eurofighter Typhoon dans les années 1980, aux côtés du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Espagne, avant de finalement développer le chasseur Rafale de manière indépendante.

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