Les marchés mondiaux affichent une semaine contrastée, marquée par la fermeté du yen face au dollar et des incertitudes persistantes concernant la politique monétaire américaine. L’attentisme règne avant la publication imminente des chiffres de l’inflation aux États-Unis, tandis que la Chine tente de stabiliser ses marchés.
Le yen s’est affirmé comme la devise la plus performante du G10 cette semaine, gagnant près de 2,5 % face au dollar avant l’ouverture des marchés nord-américains. Cette progression intervient de manière surprenante après la victoire écrasante du Parti libéral-démocrate (PLD) aux élections japonaises, qui aurait pu peser sur la monnaie. Malgré un rebond du dollar en janvier, soutenu par des résultats meilleurs que prévu, le yen conserve sa dynamique positive.
Les marchés anticipent désormais une première baisse des taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine en juillet, plutôt qu’en juin, comme prévu initialement. Cette révision du calendrier est liée à la publication d’un rapport sur l’emploi en janvier qui a été plus solide que prévu. Néanmoins, une probabilité d’environ 75 % de réduction des taux en juin demeure, selon les contrats à terme sur les fonds fédéraux.
Par ailleurs, l’administration Trump envisage de limiter la portée des droits de douane sur certains produits métalliques, ce qui a entraîné une baisse des prix de plusieurs métaux industriels. La Cour suprême des États-Unis doit se prononcer vendredi prochain sur le pouvoir tarifaire du président, une décision qui pourrait avoir des conséquences importantes sur le commerce international.
Sur le marché des changes, l’euro s’est maintenu dans une fourchette étroite, oscillant entre 1,1810 $ et 1,1925 $ (soit environ 1,08 € – 1,12 €). La livre sterling a également connu une semaine calme, évoluant entre 1,3585 $ et 1,3700 $ (soit environ 1,25 £ – 1,28 £). Le dollar canadien a progressé, atteignant son plus haut niveau depuis trois ans avant de subir des prises de bénéfices. Le dollar australien, quant à lui, a reculé, affecté par la baisse des prix des matières premières.
En ce qui concerne les marchés émergents, le peso mexicain est resté stable, soutenu par des différentiels de taux d’intérêt attractifs. Le yuan chinois a continué sa progression, porté par les efforts de la Banque populaire de Chine (PBOC) pour stabiliser sa monnaie. La roupie indienne a enregistré ses premiers gains hebdomadaires depuis octobre, malgré une performance globalement faible depuis le début de l’année.
Les bourses mondiales ont été pénalisées par les pertes enregistrées aux États-Unis. La plupart des places financières de la région Asie-Pacifique ont connu des baisses de plus de 1 %, à l’exception de Taïwan, qui a affiché une hausse de 1,6 %. Le Stoxx 600 devrait également enregistrer sa deuxième semaine de baisse depuis la mi-décembre.
Les rendements obligataires à 10 ans ont globalement baissé, à l’exception des obligations japonaises, qui ont connu une hausse inattendue. Le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans a dépassé les 4,11 %. Le prix de l’or s’est stabilisé après une forte baisse la veille, tandis que celui de l’argent a également montré des signes de stabilisation.
Les prix du pétrole brut WTI ont chuté, mais ont trouvé un support autour de 62,50 $ (soit environ 57,50 €). Les investisseurs restent attentifs à la publication de l’indice des prix à la consommation (IPC) américain, qui pourrait influencer les décisions de la Réserve fédérale concernant les taux d’intérêt.
La zone euro a confirmé une croissance de 0,3 % au quatrième trimestre 2023, le rythme le plus lent depuis quatre trimestres. La Suisse est confrontée à un dilemme monétaire, avec un franc suisse proche de son plus haut niveau face à l’euro depuis 2015 et des taux d’intérêt proches de zéro. La Chine a signalé une nouvelle baisse des prix de l’immobilier en janvier, ce qui pourrait peser sur la demande de biens de consommation.