Publié le 2024-05-17 18:35:00. Le dollar américain a consolidé ses gains vendredi, porté par des indicateurs économiques encourageants aux États-Unis, des tensions géopolitiques persistantes et une attitude plus ferme de la Réserve fédérale concernant la politique monétaire.
- Le dollar américain a enregistré sa meilleure performance hebdomadaire depuis octobre, bénéficiant d’une conjoncture économique favorable et d’un regain d’intérêt pour sa valeur refuge.
- La perspective de maintenir des taux d’intérêt élevés aux États-Unis, voire de les augmenter, soutient la monnaie américaine.
- Les incertitudes liées aux relations entre les États-Unis et l’Iran contribuent également à l’attrait du dollar comme valeur refuge.
Le dollar a profité d’une série de données économiques américaines plus robustes que prévu, notamment une baisse du nombre de nouvelles demandes d’allocations chômage, signalant une résilience du marché du travail. Cette dynamique, combinée à des déclarations plus restrictives de la Réserve fédérale (Fed), a renforcé la position du billet vert face aux autres grandes devises.
Vendredi, le dollar a continué de progresser, se négociant près de son plus haut niveau du mois face à la livre sterling, à 1,3457 $. La paire sterling/dollar devrait enregistrer une baisse hebdomadaire d’environ 1,5 %. L’euro a également reculé, perdant 0,02 % pour atteindre 1,1768 $, et devrait terminer la semaine en baisse de 0,8 %, fragilisé par l’incertitude entourant l’avenir de la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde.
Face à un panier de devises, l’indice du dollar .DXY a oscillé près de son sommet de jeudi, à 97,89, et est en passe de réaliser un gain hebdomadaire de plus de 1 %, sa meilleure performance depuis plus de quatre mois.
« Il ne me surprendrait pas de voir le dollar américain continuer à s’apprécier pendant un certain temps encore »
Joseph Capurso, stratège chez Commonwealth Bank of Australia
Joseph Capurso explique que l’attitude plus ferme de la Fed, révélée dans le compte rendu de sa dernière réunion, où plusieurs responsables se sont déclarés ouverts à de nouvelles hausses de taux en cas de persistance de l’inflation, joue un rôle clé dans cette appréciation. Les tensions géopolitiques entre les États-Unis et l’Iran renforcent également l’attrait du dollar comme valeur refuge.
Le président américain Donald Trump a mis en garde l’Iran jeudi, lui accordant un délai de 10 à 15 jours pour parvenir à un accord sur son programme nucléaire, sous peine de « très mauvaises choses ». Il a également averti que Téhéran risquait des représailles en cas d’attaque contre les bases américaines dans la région. Selon Capurso, une escalade de ces tensions pourrait avoir des conséquences importantes sur les marchés pétroliers et les taux de change, et tester le statut de valeur refuge du dollar.
L’attention des marchés se porte désormais sur la publication de l’indice des prix PCE américain et des chiffres préliminaires du PIB du quatrième trimestre, qui pourraient influencer les prochaines évolutions des devises. Les investisseurs anticipent toujours environ deux baisses de taux de la Fed cette année, mais les probabilités d’une baisse en juin ont diminué, passant de 62 % à 58 % selon l’outil CME FedWatch.
« Le grand débat au sein de la Fed est de savoir s’il faut baisser les taux de manière proactive pour soutenir le marché du travail, ou maintenir les taux élevés plus longtemps afin de lutter contre l’inflation »
Chris Zaccarelli, directeur des investissements de Northlight Asset Management
Chris Zaccarelli estime que le rapport PCE de vendredi apportera de nouveaux éléments de réflexion à ce débat.
Par ailleurs, le dollar australien a légèrement baissé de 0,08 % à 0,7055 $, mais devrait limiter ses pertes hebdomadaires à 0,2 %, soutenu par les anticipations d’une politique monétaire plus restrictive en Australie. Le dollar néo-zélandais a été plus affecté, se dirigeant vers une perte hebdomadaire de 1,2 %, en raison des perspectives d’assouplissement monétaire de la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande, qui a surpris les marchés avec une série de coupes budgétaires.
Au Japon, le yen a reculé de 0,05 % à 155,08 pour un dollar, effaçant les gains initiaux enregistrés après la publication de données montrant que l’inflation sous-jacente a atteint 2,0 % en janvier, son rythme le plus lent depuis deux ans.
« Les données d’aujourd’hui ne susciteront pas vraiment un sentiment d’urgence à la (Banque du Japon) de reprendre son cycle de resserrement, surtout compte tenu du rebond terne de l’activité au dernier trimestre »
Abhijit Surya, économiste principal pour l’APAC chez Capital Economics
Abhijit Surya souligne toutefois que si la croissance économique s’améliore et que les pressions inflationnistes persistent, la Banque du Japon pourrait envisager de relever à nouveau ses taux en juin.