Marchés : Les bons du Trésor stagnent, le regard tourné vers les annonces de mercredi
Les bons du Trésor américains, censés être des valeurs refuges en période d’incertitude, ont déçu mardi en affichant une performance médiocre. Si leur rendement se maintient autour de 4 %, une accalmie pourrait ramener ce chiffre vers les 3,5 %. L’annonce du Trésor sur le remboursement de la dette, attendue ce mercredi, s’annonce comme un rendez-vous technique. Le véritable enjeu réside dans la mécanique des marchés monétaires, qui mérite une attention particulière.
Les conditions de liquidité sur les marchés monétaires américains se sont certes apaisées, mais une certaine fébrilité demeure.
Du côté des États-Unis, deux éléments majeurs retiennent l’attention. Premièrement, l’annonce du remboursement de la dette prévue pour mercredi. Cet événement devrait se dérouler sans heurts, dans la lignée du trimestre précédent, tant en termes de montant que de répartition. Une telle issue conforterait la stratégie du Trésor américain visant à limiter les fluctuations des rendements à long terme, lesquels influencent directement le taux hypothécaire, objectif que le gouvernement souhaite voir baisser.
Il est peu probable que des surprises viennent perturber les plans d’émission. Le marché sait cependant que le Trésor a la capacité de réduire l’émission de dette à long terme si la situation l’exige, ce qui pèse déjà sur les bons du Trésor. Là encore, aucun scénario catastrophe n’est envisagé, d’autant que le rendement à 10 ans n’est pas particulièrement élevé. Néanmoins, l’opération de remboursement doit être suivie avec attention.
Le second point crucial concerne la « plomberie » des marchés monétaires. Bien que loin des tensions extrêmes observées en septembre 2019, les niveaux élevés des opérations de pension restent une constante ces dernières semaines. Ce phénomène reflète le resserrement quantitatif (quantitative easing) en cours, même s’il s’est modéré ces derniers mois.
Plus significatif encore a été l’important volume net d’émission de bons du Trésor et l’accumulation du solde de trésorerie du Trésor, deux facteurs qui, par définition, drainent des liquidités des réserves bancaires. Le niveau absolu des réserves demeure relativement confortable en comparaison de septembre 2019, période où elles étaient devenues critiques.
Cependant, le taux effectif des fonds fédéraux et les opérations de pension subissent une pression croissante, signe que certains acteurs sont prêts à payer pour obtenir des liquidités. Dans ce contexte, la Réserve fédérale (Fed) se trouve dans une position d’équilibre, recevant autant de liquidités via ses facilités de prise en pension qu’elle n’en propose au marché.
Dans ces conditions, la tension ne devrait pas s’éterniser. Si le resserrement des liquidités persistait, la Fed pourrait envisager d’accélérer ses programmes d’achat de titres, dont le lancement est prévu dès le 1er décembre. On pourrait même assister à une thésaurisation des liquidités, un phénomène désormais bien identifié. Quoi qu’il en soit, la solution semble toute trouvée : la Fed reconstituerait ses réserves en rachetant des titres. Une autre option serait d’avancer immédiatement l’ajustement du ratio de liquidité supplémentaire.
### Événements de mercredi et perspectives de marché
Après une période de relative sécheresse de données économiques, mercredi pourrait offrir des indications directionnelles importantes pour le marché obligataire. Aux États-Unis, l’attention se portera sur les chiffres de l’emploi : le consensus anticipe une création nette de 40 000 postes, contrastant avec la contraction de 32 000 le mois précédent. Les indicateurs avancés devraient également être scrutés, avec une légère amélioration attendue, passant de 50 à 50,7. Parallèlement, plusieurs figures de la Fed, dont John Williams, Michael Barr, Christopher Waller, Beth Hammack, Anna Paulson et Alberto Musalem, prendront la parole.
Pour la zone euro, la publication des indices PMI des services de septembre et octobre, ainsi que ceux de l’Italie et de l’Espagne, est attendue. Du côté de la Banque centrale européenne (BCE), François Villeroy, Joachim Nagel et Martin Kocher sont annoncés pour des interventions.
En termes d’émissions, l’Allemagne rouvrira le marché obligataire avec une émission de 2 milliards d’euros. L’Italie proposera quant à elle un rachat de titres à court terme d’une valeur de 5 milliards d’euros. Les États-Unis annonceront leur plan de financement trimestriel, détaillant les montants des prochaines enchères de bons du Trésor.