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Le « Drame vertical » a changé le paysage hollywoodien après avoir envahi l’Asie

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Publié le 07 novembre 2025 – 14:55. Hollywood voit émerger un nouveau genre de séries, le «drame vertical», un phénomène multimilliardaire né en Chine qui séduit de plus en plus d’acteurs et de professionnels américains en quête de nouvelles opportunités de production rapide et rentable.

  • Ces séries, conçues pour être visionnées sur smartphone en format vertical par épisodes courts de 60 secondes, promettent des tournages expéditifs et des budgets maîtrisés.
  • Dominé par des plateformes comme ReelShort, DramaBox et FlareFlow, ce modèle économique en plein essor attire des milliers de talents hollywoodiens désireux de relancer leur carrière.
  • Malgré une réputation initiale sulfureuse, le « drame vertical » séduit par sa capacité à générer des profits rapides, notamment sur les marchés américains et européens.

Dans un décor de faux manoir perché sur une colline de Los Angeles, une équipe s’affaire à filmer une scène de «drame vertical». Ce secteur, qui a révolutionné Hollywood en seulement deux ans, repose sur des séries créées par algorithmes et conçues pour un visionnage mobile et fragmenté. Avec leurs scénarios haletants, leurs budgets souvent inférieurs à quelques centaines de milliers de dollars et leurs plannings de production express, ce style, originaire de Chine, représente un changement radical qui pourrait bien redresser l’industrie cinématographique américaine en difficulté, selon les experts.

Le producteur Vincent Wang décrit ces productions comme des «séries télévisées sous influence de cocaïne», soulignant la rapidité de production : «On peut produire une série en 30 jours, alors qu’à Hollywood, la même chose prend deux ans.» Les «séries verticales» sont apparues en Chine dans les années 2010 et ont rapidement conquis les grandes entreprises grâce à leur large audience et leurs coûts réduits, formant une industrie désormais évaluée à huit milliards de dollars. Aux États-Unis, le genre est largement occupé par des plateformes asiatiques influentes telles que ReelShort, DramaBox et FlareFlow. Celles-ci emploient déjà des milliers d’acteurs et de réalisateurs qui peinent à trouver du travail dans le cinéma traditionnel hollywoodien.

«Je crois fermement que c’est là l’avenir», affirme l’acteur Zachary Shadrin lors d’un entretien accordé à l’Agence France-Presse sur le lieu du tournage. Lui-même, à l’instar de nombreux confrères à Los Angeles, a d’abord abordé ce nouveau format avec scepticisme. Ce scepticisme s’expliquait en partie par la mauvaise réputation des drames verticaux, marqués par des rythmes de tournage effrénés (parfois cinq jours suffisent), des thématiques souvent centrées sur des relations toxiques et des protagonistes masculins à tendance violente. «Personnellement, je trouve ces actions négatives», confie Zachary Shadrin. Malgré ces réserves, il a accepté un rôle dans «Love Through All Seasons» sur la plateforme FlareFlow, une comédie romantique explorant les dynamiques intergénérationnelles.

«Ce n’est pas le genre de travail que j’ai l’habitude de voir dans ce type de séries», explique l’acteur, qui espère une amélioration qualitative des scénarios. De nombreux comédiens ayant récemment fait leurs débuts dans ces productions disent avoir été surpris par le professionnalisme rencontré sur les plateaux. Nicholas McDonnell témoigne : «On se moque parfois de certaines phrases très ridicules, mais chacun fait sa part et maintient son professionnalisme, parce que ça rapporte de l’argent.» Les producteurs de ce segment précisent ne pas chercher à concurrencer des géants comme HBO ou Netflix, mais plutôt à proposer des contenus populaires sur des plateformes comme TikTok, YouTube et Instagram. Leur modèle économique est simple : les premiers épisodes sont gratuits, incitant ensuite les spectateurs à payer pour découvrir la suite de l’intrigue.

Chaque épisode est ainsi conçu pour multiplier les rebondissements et maintenir l’intérêt des spectateurs à travers des intrigues directes, souvent basées sur des clichés. «Le public peut aimer la série immédiatement sans avoir à trop réfléchir», analyse Yang Li, le réalisateur de «Love Through All Seasons». «Tout le monde est épuisé par la vie», ajoute-t-il, suggérant que ce format offre une évasion rapide et accessible. Les producteurs analysent minutieusement les données d’audience et les taux de rétention pour identifier les formules gagnantes, leur permettant de lancer des dizaines de séries similaires en quelques mois. Le tournage débute fréquemment avant même la finalisation des scénarios, parfois inspirés de versions chinoises et perfectionnés grâce à l’intelligence artificielle, selon Zhu Zhiyuan, scénariste pour FlareFlow. L’affichage vertical, pensé pour les écrans de smartphone, réduit davantage les coûts en resserrant le cadre autour des acteurs, minimisant ainsi le besoin de décors élaborés et d’équipes techniques pléthoriques.

Alors que les séries verticales connaissent un succès indéniable en Asie, les marchés américain et européen en pleine expansion génèrent des profits encore plus conséquents. Suite aux fermetures de studios dues à la pandémie de Covid-19, aux grèves des scénaristes et des acteurs, ainsi qu’à la délocalisation de certaines productions, ces séries sont devenues particulièrement attrayantes pour Hollywood. Nicholas Macdonald rapporte que 80 % des auditions auxquelles il participe ces derniers temps sont pour ce type de programmes. «Je n’ai plus besoin de travailler dans d’autres emplois à temps partiel et je peux désormais me consacrer au métier d’acteur… C’est une chose merveilleuse.»

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