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Le FMI estime que le modèle économique chinois nuit à l’économie mondiale

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Publié le 19 février 2026 04:25:00. Le Fonds monétaire international (FMI) critique la stratégie économique chinoise, jugée déséquilibrée et source de tensions commerciales, et appelle Pékin à privilégier la consommation intérieure pour relancer sa croissance.

  • Le FMI dénonce un excédent commercial chinois important, alimenté par un yuan affaibli, qui pénalise les partenaires commerciaux de la Chine.
  • L’organisation internationale met en garde contre les risques de surcapacité et de déflation en Chine, ainsi que contre l’augmentation de la dette publique.
  • Pékin conteste ces critiques, mettant en avant sa compétitivité et l’impact des politiques commerciales américaines.

Le Fonds monétaire international a exprimé de vives préoccupations concernant la politique économique chinoise, la jugeant source de gaspillage interne et de déséquilibres externes. Dans un communiqué publié mercredi en marge de sa consultation annuelle avec la Chine (l’examen au titre de l’article IV), le FMI a insisté sur la nécessité d’une réorientation stratégique vers un modèle de croissance davantage axé sur la consommation intérieure.

Selon les experts du FMI, la priorité absolue devrait être de stimuler la demande intérieure. Ils soulignent l’importance d’un excédent du compte courant chinois élevé, estimé à 3,3 % du produit intérieur brut (PIB) pour l’année dernière – plus du double des 1,5 % prévus dans le rapport de 2024. Cet excédent est en partie attribué à la dépréciation du renminbi (RMB), également connu sous le nom de yuan, par rapport aux autres devises.

Ces critiques rappellent celles formulées par les États-Unis et d’autres pays développés depuis des années. Elles font également écho à une analyse récente de Goldman Sachs Group Inc., qui avertit que l’expansion continue des capacités d’exportation chinoises pourrait avoir un impact négatif sur l’économie mondiale. Selon les calculs de Bloomberg, l’excédent commercial chinois a atteint 3,7 % du PIB l’année dernière, grâce à un excédent record de 1 200 milliards de dollars en matière de biens exportés. Les économistes de Goldman Sachs prévoient que cet excédent pourrait atteindre près de 1 % du PIB mondial d’ici trois ans, un niveau sans précédent.

Zhengxin Zhang, représentant de la Chine au conseil d’administration du FMI, a rejeté ces accusations, affirmant que la croissance des exportations chinoises en 2025 est principalement due à sa compétitivité et à sa capacité d’innovation, ainsi qu’aux mesures protectionnistes mises en place par Washington.

Malgré ces divergences, le conseil d’administration du FMI a appelé à un changement profond dans la politique économique chinoise, quelques semaines avant la réunion annuelle de l’Assemblée populaire nationale, où seront fixés les objectifs économiques pour 2026. Les directeurs du FMI estiment qu’une « transformation culturelle et économique significative » est nécessaire pour réorienter le modèle de croissance chinois, nécessitant une réponse globale et énergique combinant soutien macroéconomique et réformes structurelles.

Le FMI recommande notamment des mesures de relance budgétaire et un financement accru pour faire face au surplus de logements inachevés sur le marché immobilier chinois, afin de rétablir la confiance des consommateurs. Il prévoit un ralentissement de la croissance du PIB chinois, passant de 5 % en 2025 à 4,5 % cette année. De nombreux économistes s’attendent à ce que Pékin fixe son objectif de croissance pour 2026 dans une fourchette de 4,5 à 5 %.

Mettre en lumière les « déséquilibres »

Le rapport annuel du FMI utilise à plusieurs reprises l’expression « déséquilibres extérieurs » (plus de 10 fois), alors qu’elle était absente du rapport de 2024. Le fonds estime également que le yuan est sous-évalué d’environ 16 %, avec une fourchette allant de 12,1 % à 20,7 %, ce qui confère aux produits chinois un avantage concurrentiel à l’étranger.

Déchets politiques

Le FMI a également appelé à une plus grande flexibilité du taux de change. Zhang a réaffirmé que la politique monétaire de Pékin est « claire et cohérente », s’appuyant sur les forces du marché. La Chine conteste également les estimations du FMI concernant l’ampleur des politiques industrielles et leur coût. Selon le FMI, ces mesures gouvernementales en faveur des secteurs prioritaires ont représenté environ 4 % du PIB en 2023, contre moins de 1,5 % pour l’aide d’État de l’Union européenne en 2022.

Le FMI estime qu’une réduction des mesures de politique industrielle « injustifiées » d’environ 2 % du PIB à moyen terme stimulerait la productivité, réduirait la mauvaise allocation des ressources et diminuerait les coûts budgétaires. Il souligne que près d’un tiers de la croissance chinoise l’année dernière provenait des exportations nettes, une dépendance qui pourrait entraîner des problèmes de surcapacité et inciter les partenaires commerciaux à prendre des mesures protectionnistes.

Le FMI s’inquiète également de la baisse continue des prix en Chine et de ses conséquences sur l’économie. Le terme « déflation » ou « déflationniste » apparaît plus de 60 fois dans le rapport. Selon le FMI, les pressions déflationnistes sont en partie liées à la chute de la demande, notamment à la correction prolongée du secteur immobilier. Il souligne également l’importance de la dette des gouvernements locaux, qui limite leur capacité à stimuler la demande.

La dette publique chinoise continue d’augmenter, atteignant près de 127 % du PIB en 2025, soit une augmentation de 10 points de pourcentage par rapport à 2024. Ce chiffre devrait dépasser les 135 % cette année et continuer à croître jusqu’en 2034.

Mayger et Rosario écrivent pour Bloomberg.

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