Publié le 2025-10-24 12:51:00. Le Fonds monétaire international (FMI) constate la résilience inattendue de l’économie chinoise face aux tensions commerciales et à une demande intérieure faiblissante, maintenant ses prévisions de croissance pour les années à venir.
Selon son dernier rapport sur les perspectives économiques pour la région Asie-Pacifique, présenté à Hong Kong, le FMI observe que la Chine a mieux absorbé les chocs que ce qui était initialement anticipé. L’organisation maintient ses projections de croissance à 4,8 % pour 2025 et 4,2 % pour 2026, des chiffres inchangés par rapport à ses estimations de juillet.
Cette résistance s’explique notamment par la capacité du pays à atténuer l’impact des tarifs douaniers. Les mesures de relance budgétaire et la robustesse des exportations ont joué un rôle clé dans cette résilience.
« L’impact des tarifs douaniers a été moindre que prévu », a déclaré Thomas Helbling, directeur adjoint du FMI pour l’Asie-Pacifique, aux médias chinois Yicai. Il a souligné que cette différence, conjuguée à « l’avancée de l’activité économique en Chine et le soutien de la politique intérieure », ont conféré au pays une résistance « plus grande que prévu ».
Helbling a également relevé que la Chine est engagée dans un « important processus de rééquilibrage vers la consommation ». Il a exprimé l’espoir que le prochain plan quinquennal chinois, couvrant la période 2026-2030, mettra l’accent sur « l’augmentation structurelle des revenus des ménages ».
La Chine navigue à travers les tensions commerciales
Le FMI note que le ralentissement économique anticipé pour avril 2025 s’avère moins marqué, en partie grâce à une augmentation des droits de douane américains inférieure aux prévisions initiales. Les économies asiatiques, dans leur ensemble, ont démontré une capacité d’adaptation notable face aux tensions commerciales.
Les frictions commerciales avec Washington ont paradoxalement contribué à une intensification des échanges intrarégionaux. Le pourcentage des exportations chinoises destinées aux États-Unis a poursuivi sa baisse, dans la lignée de la diversification amorcée en 2018, tandis que la part des partenaires commerciaux asiatiques a augmenté.
Cependant, le Fonds monétaire international rappelle que l’économie chinoise reste freinée par une consommation intérieure modeste, des pressions déflationnistes persistantes et la crise qui frappe le secteur immobilier. Ces facteurs continuent de limiter la reprise de la demande intérieure.
Le FMI met également en garde contre un ralentissement de la croissance potentielle à moyen terme, attribué au vieillissement de la population et à un « déclin de la main-d’œuvre ».
L’institution financière estime que de nouvelles hausses de droits de douane imposées par Washington pourraient réduire le PIB chinois de 1,3 % à court terme. L’incertitude commerciale demeure, selon le FMI, un risque majeur.
Thomas Helbling a identifié les principaux risques, incluant une « possible aggravation des tensions commerciales » et une réduction des mesures de relance budgétaire en 2026. Il a préconisé que Pékin « maintienne une politique expansive, notamment axée sur la consommation privée et le rééquilibrage de l’économie », tout en s’efforçant d’« améliorer la situation du marché immobilier ».