La livre sterling et l’euro subissent une pression baissière significative, atteignant des plus bas de plusieurs semaines face à un dollar américain en pleine ascension. Cette faiblesse des devises européennes est attribuée à une combinaison d’inquiétudes budgétaires et d’incertitudes politiques, tandis que le billet vert bénéficie de ces turbulences internationales.
La livre sterling sous pression à l’approche du budget britannique
La paire GBP/USD a chuté à son plus bas niveau des deux dernières semaines. L’ascension du dollar américain, conjuguée aux appréhensions entourant le prochain budget britannique, pèse sur la devise du Royaume-Uni. La chancelière Rachel Reeves doit présenter ce budget le 26 novembre, et l’on s’attend à ce que celui-ci privilégie la discipline budgétaire par une hausse des impôts. Une telle mesure pourrait affecter une économie déjà fragilisée, d’autant plus que des données récentes indiquent un essoufflement de la dynamique et de la confiance dans le secteur des services, pilier de l’économie britannique.
Malgré cette conjoncture, la croissance britannique se maintient à 4 %, un niveau deux fois supérieur à l’objectif de la Banque d’Angleterre (BoE). Le marché ne s’attend pas à ce que la BoE procède à une baisse des taux avant avril de l’année prochaine, avec seulement deux réductions envisagées d’ici la fin de 2026. Huw Pill, économiste en chef de la BoE, a récemment souligné la nécessité d’une approche prudente en matière de politique monétaire, plaçant le contrôle de l’inflation au premier plan.
Analyse technique du GBP/USD
La paire GBP/USD a franchi à la baisse sa tendance baissière pluriannuelle, testant actuellement le support des 1,3360. Les indicateurs techniques, tels que le RSI en dessous de 50, suggèrent que les vendeurs pourraient chercher à enfoncer ce niveau pour prolonger la baisse vers la zone des 1,3150, correspondant aux plus bas de mai et août ainsi qu’à la moyenne mobile sur 200 jours. À l’inverse, les acheteurs devront s’imposer au-dessus des 1,3480, niveau de la moyenne mobile sur 50 jours et plus haut de la semaine passée, pour espérer remonter vers les 1,36.
L’euro plombé par les affaires politiques françaises
Parallèlement, l’EUR/USD a plongé à son plus bas niveau depuis six semaines. Les marchés financiers restent focalisés sur les développements politiques en France, suite à la démission de Jean-Michel Lecornu et à la perspective d’une nomination d’un nouveau Premier ministre par le président Emmanuel Macron. Bien que les investisseurs accueillent avec soulagement l’évitement d’élections anticipées, la situation politique française demeure une source d’incertitude.
Les données économiques allemandes ont également déçu, avec des exportations en baisse inattendue et une chute plus marquée que prévu des importations. Ces chiffres interviennent dans un contexte déjà morose marqué par l’évolution de la situation économique en Europe et les turbulences politiques en France.
Le dollar américain profite pleinement de ces instabilités, tant en France qu’au Japon. Il poursuit sa trajectoire ascendante, même si les minutes de la réunion de septembre de la Réserve Fédérale (Fed) ont révélé un consensus quasi unanime en faveur d’une hausse de taux de 25 points de base, dans un contexte de faiblesse du marché de l’emploi. Les responsables de la Fed envisagent également deux baisses de taux supplémentaires d’ici la fin de l’année, sous réserve d’une inflation maîtrisée.
Le président de la Fed, Jerome Powell, doit s’exprimer plus tard dans la journée. Ses remarques, étant préenregistrées, ne devraient cependant pas aborder directement la politique monétaire.
Analyse technique de l’EUR/USD
La paire EUR/USD a rompu sa tendance haussière pluriannuelle, touchant un plus bas de six semaines et testant la zone de support située entre 1,1580 et 1,16. Avec un RSI inférieur à 50, les vendeurs pourraient tenter de briser ce support pour accentuer la baisse vers les 1,14, plus bas d’août. Si cette zone de support tient bon, les acheteurs pourraient viser un rebond au-dessus des 1,17, un niveau psychologique clé et une résistance ascendante.
Incertitudes aux États-Unis
En raison de la fermeture actuelle du gouvernement américain, aucune donnée économique majeure n’est attendue aujourd’hui aux États-Unis. L’attention se portera sur les interventions des responsables de la Réserve Fédérale, notamment le président Jerome Powell, Michelle Bowman, Neil Kashkari et Mary Daly.