Home Santé Le gène de longévité des supercentenaires offre un espoir pour une maladie qui provoque un vieillissement rapide chez les enfants

Le gène de longévité des supercentenaires offre un espoir pour une maladie qui provoque un vieillissement rapide chez les enfants

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Publié le 16 octobre 2025. Des chercheurs de l’Université de Bristol et de l’IRCCS MultiMedica ont découvert qu’un « gène de longévité », présent chez les personnes centenaires, pourrait inverser les dommages cardiaques causés par la progéria, une maladie génétique rare entraînant un vieillissement accéléré chez les enfants. Cette avancée ouvre la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques prometteuses.

Une nouvelle découverte pourrait révolutionner le traitement de la progéria, une maladie génétique rare qui provoque un vieillissement prématuré chez les enfants. Des scientifiques ont mis en évidence le rôle protecteur des « gènes de longévité », identifiés chez les individus dépassant les 100 ans, capables de préserver la santé cardiovasculaire. Ces gènes pourraient potentiellement inverser les effets dévastateurs de la progéria sur le cœur et les vaisseaux sanguins.

La recherche, publiée dans la revue Transduction du signal et thérapie ciblée, est la première à démontrer qu’un gène issu de personnes exceptionnellement âgées peut atténuer le vieillissement cardiaque dans un modèle de progéria. Cette maladie, également connue sous le nom de syndrome progéria de Hutchinson-Gilford (HGPS), affecte gravement les enfants. La mutation du gène LMNA conduit à la production d’une protéine toxique, la progérine, qui endommage le noyau des cellules et accélère les signes du vieillissement, particulièrement au niveau du système cardiovasculaire. La plupart des enfants atteints décèdent à l’adolescence de complications cardiaques.

Actuellement, le seul traitement approuvé par la FDA (Food and Drug Administration) américaine est le lonafarnib, qui vise à limiter l’accumulation de progérine. Des essais cliniques explorent également l’association de ce médicament avec une autre substance, Progerinin. L’étude actuelle, menée par le Dr Yan Qiu et le professeur Paolo Madeddu (Bristol Heart Institute), en collaboration avec l’équipe du professeur Annibale Puca (IRCCS MultiMedica), s’est concentrée sur le gène LAV-BPIFB4, identifié chez les supercentenaires et connu pour son rôle dans le maintien de la santé cardiovasculaire.

Les chercheurs ont administré ce gène de longévité à des souris génétiquement modifiées pour développer la progéria. Les résultats ont montré une amélioration significative de la fonction cardiaque, notamment de sa capacité à se détendre et à se remplir de sang (fonction diastolique). Les lésions tissulaires cardiaques (fibrose) ont diminué, tout comme le nombre de cellules « vieillies ». De plus, une angiogenèse accrue, c’est-à-dire la formation de nouveaux petits vaisseaux sanguins, a été observée, contribuant à la santé des tissus cardiaques.

Des expériences sur des cellules humaines de patients atteints de progéria ont confirmé ces bénéfices. L’ajout du gène LAV-BPIFB4 a réduit les marqueurs de vieillissement et de fibrose, sans affecter directement les niveaux de progérine. Cela suggère que le gène protège les cellules des effets toxiques de la progérine, plutôt que de cibler la protéine elle-même. L’objectif est donc d’aider l’organisme à mieux gérer les conséquences de cette protéine défectueuse.

« Notre recherche a identifié un effet protecteur d’un « gène de longévité supercentenaire » contre le dysfonctionnement cardiaque de la progeria dans des modèles animaux et cellulaires. Les résultats offrent de l’espoir pour un nouveau type de thérapie contre la progeria ; une thérapie basée sur la biologie naturelle du vieillissement en bonne santé plutôt que sur le blocage de la protéine défectueuse. Cette approche, à terme, pourrait également aider à lutter contre les maladies cardiaques normales liées à l’âge. Notre recherche apporte un nouvel espoir dans la lutte contre la progéria et suggère que la génétique des supercentenaires pourrait conduire à de nouveaux traitements contre le vieillissement cardiaque prématuré ou accéléré, ce qui pourrait nous aider tous à vivre plus longtemps et en meilleure santé. »

Dr Yan Qiu, chercheur honoraire au Bristol Heart Institute de l’Université de Bristol

« Il s’agit de la première étude à indiquer qu’un gène associé à la longévité peut contrecarrer les dommages cardiovasculaires causés par la progéria. Les résultats ouvrent la voie à de nouvelles stratégies de traitement pour cette maladie rare, qui nécessite de toute urgence des médicaments cardiovasculaires innovants capables d’améliorer à la fois la survie à long terme et la qualité de vie des patients. À l’avenir, l’administration du gène LAV-BPIFB4 par thérapie génique pourrait être remplacée et/ou complétée par de nouvelles méthodes d’administration basées sur des protéines ou des ARN. Nous menons actuellement de nombreuses études pour étudier le potentiel du LAV-BPIFB4 dans la lutte contre la détérioration des systèmes cardiovasculaire et immunitaire dans diverses conditions pathologiques, dans le but de traduire ces résultats expérimentaux en un nouveau médicament biologique. »

Professeur Annibale Puca, chef du groupe de recherche à l’IRCCS MultiMedica et doyen de la faculté de médecine de l’université de Salerne

Les scientifiques poursuivent leurs recherches pour explorer le potentiel du gène LAV-BPIFB4 dans la lutte contre la détérioration des systèmes cardiovasculaire et immunitaire dans diverses conditions pathologiques, avec l’objectif de développer de nouveaux traitements biologiques.

Pour en savoir plus :

Yan Qiu et al, Une variante associée à la longévité du gène humain BPIFB4 prévient le dysfonctionnement diastolique chez les souris progeria, Transduction du signal et thérapie ciblée (2025). DOI : 10.1038/s41392-025-02416-3

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