Publié le 2025-10-13 10:15:00. La ministre de l’Éducation britannique, Bridget Phillipson, a adressé une missive aux universités du pays dimanche, leur demandant de renforcer leurs mesures de lutte contre l’antisémitisme sur les campus. Cette initiative fait suite à une attaque meurtrière dans une synagogue de Manchester, perpétrée le jour le plus saint du judaïsme.
- Les universités ont un rôle crucial à jouer dans la protection des étudiants juifs et le renforcement de la sécurité des communautés qu’elles servent.
- L’Office for Students (OFS) peut infliger des amendes, voire priver de financement public les établissements ne respectant pas leurs obligations.
- Le Royaume-Uni a enregistré plus de 3 500 incidents antisémites l’année dernière, un chiffre alarmant qui a plus que doublé entre 2022 et 2023 dans le secteur universitaire.
Dans une lettre adressée aux vice-chanceliers, Bridget Phillipson a souligné que chaque établissement d’enseignement supérieur a la responsabilité de garantir la sécurité de ses étudiants juifs. « Les universités, comme tout un chacun dans le pays, ont un rôle clair à jouer : non seulement assurer la sécurité des étudiants juifs, mais aussi servir de point d’ancrage pour les communautés qu’elles servent », a-t-elle écrit.
Cette directive survient dans le sillage d’une attaque tragique perpétrée à la synagogue de la congrégation hébraïque de Heaton Park à Manchester, au nord de l’Angleterre. L’agression, survenue le jour de Yom Kippour, la fête la plus solennelle du calendrier juif, a causé la mort d’au moins deux personnes. La ministre a fermement condamné le choix de la date par les auteurs de l’attaque, affirmant : « Les manifestants auraient pu choisir n’importe lequel des 364 autres jours de l’année pour faire entendre leur voix ».
Selon les autorités, l’assaillant, identifié comme Jihad Al-Shamie, a délibérément foncé avec son véhicule sur l’entrée de la synagogue avant de pénétrer à l’intérieur et d’attaquer les fidèles à l’aide d’un couteau. Les victimes, Adrian Daulby et Melvin Cravitz, font partie des deux fidèles décédés dans l’attaque. Le commandement de la lutte contre le terrorisme a été saisi de l’affaire.
Bridget Phillipson a rappelé que l’Office for Students (OFS), organisme indépendant chargé de la régulation de l’enseignement supérieur britannique, dispose de pouvoirs coercitifs. En cas de non-respect des obligations de protection des étudiants juifs, les universités s’exposent à des sanctions pouvant aller jusqu’à des amendes et, dans les cas les plus graves, à la suspension du financement public.
Il est à noter que depuis août 2025, neuf réglementations imposent déjà aux établissements d’enseignement supérieur britanniques de mettre en place des systèmes structurés pour le signalement du harcèlement et l’application de codes de conduite. Cependant, l’ampleur croissante des incidents antisémites au Royaume-Uni justifie cette nouvelle mobilisation.
L’année écoulée a été marquée par plus de 3 500 incidents antisémites recensés au Royaume-Uni, soit le deuxième bilan le plus lourd de l’histoire récente du pays, selon la Community Security Trust (CST), une organisation caritative dédiée à la lutte contre l’antisémitisme et au soutien de la communauté juive britannique. Les données de la CST indiquent une augmentation spectaculaire des incidents antisémites, ayant plus que doublé entre 2022 et 2023. Le secteur universitaire est particulièrement touché, avec une hausse de 117 % des incidents liés aux campus sur deux années universitaires consécutives.
« Un seul cas d’antisémitisme est déjà de trop, c’est pourquoi je suis convaincu que la responsabilité incombe aux universités lorsqu’il s’agit d’éradiquer la haine de leurs campus », a conclu Bridget Phillipson. « Les établissements ont tout mon soutien pour utiliser leurs pouvoirs à cette fin et assurer la sécurité de leurs étudiants ».