Publié le 2025-10-13 06:46:00. Les pays arabes appellent à un équilibre crucial entre énergies fossiles et renouvelables, soulignant la nécessité d’une transition énergétique réfléchie pour éviter un effondrement économique tout en luttant contre le changement climatique.
Le secteur énergétique mondial est à la croisée des chemins, confronté à un dilemme complexe : maintenir sa dépendance actuelle vis-à-vis des infrastructures de combustibles fossiles, qui ont longtemps soutenu le développement humain, tout en accélérant l’intégration des énergies renouvelables, porteuses de projets respectueux du climat. Cette dualité a été au cœur des récentes déclarations du Secrétaire général de l’Organisation Arabe de l’Énergie (OEA), Jamal Al-Loughani.
Lors d’un récent forum intitulé « Autonomiser l’avenir : transition énergétique et diversification économique dans les pays arabes », organisé par l’Institut Arabe de Planification en collaboration avec l’OEA et l’École de Gouvernance Mohammed Bin Rashid, M. Al-Loughani a plaidé pour une approche intégrée. Il a ainsi exhorté le secteur à fusionner la production d’énergie traditionnelle et renouvelable, la considérant comme la stratégie la plus efficace pour satisfaire la demande énergétique mondiale.
Le Secrétaire général de l’OEA a insisté sur l’importance pour les nations arabes de ne plus reposer exclusivement sur les hydrocarbures. Il a préconisé un discours plus nuancé, visant à limiter la contribution du gaz et du pétrole au-delà de leur niveau actuel, qui représente plus de 50 % du mix énergétique. Bien qu’il ait reconnu la dépendance des pays arabes à ces secteurs pour l’emploi et l’investissement industriel, il a également souligné une évolution positive : depuis 2020, les investissements arabes dans les projets d’énergies renouvelables ont grimpé de 35 %, atteignant près de 18 milliards de dollars.
La stratégie Émirats arabes unis 2050 : un modèle régional
Les Émirats arabes unis montrent la voie avec leur stratégie énergétique 2050, qui prévoit des investissements massifs dans les énergies vertes. D’ici 2030, le pays ambitionne d’investir entre 150 et 200 milliards d’AED (dirhams émiratis), ce qui devrait tripler la contribution des énergies renouvelables.
Cette stratégie repose sur plusieurs piliers essentiels pour une décarbonation et une intégration réussies des énergies renouvelables :
- La réduction des émissions des secteurs de l’eau et de l’énergie pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.
- L’élimination progressive du charbon du mix énergétique.
- L’amélioration de l’efficacité énergétique de 42 à 45 % par rapport aux niveaux de 2019.
- La création de 50 000 emplois verts d’ici 2030.
Dans une démarche similaire à celle des pays arabes, la stratégie émiratie s’inscrit dans une dynamique globale de transition. L’Union européenne, par exemple, a récemment approuvé la vente d’une importante mine de charbon en Allemagne, dans le cadre de son plan de désinvestissement. La stratégie des Émirats arabes unis vise à augmenter la capacité installée d’énergie propre de 14,2 GW à près de 19,8 GW d’ici 2030.
Atteindre les objectifs mondiaux de décarbonation nécessite un développement plus cohérent et équilibré entre la nécessité de maintenir les combustibles fossiles, qui ont longtemps soutenu l’humanité, et l’impératif de développer des méthodes de production d’énergies renouvelables plus efficaces.
Le discours du Secrétaire général de l’OEA et la feuille de route des Émirats arabes unis constituent des exemples pertinents de la manière dont le monde peut s’unir pour trouver des solutions innovantes à la crise énergétique. Une dépendance continue aux combustibles fossiles classiques risque de provoquer des changements climatiques encore plus dévastateurs. Inversement, un abandon brutal du secteur pétrolier et gazier entraînerait la perte de millions d’emplois et un effondrement probable de l’économie mondiale. L’équilibre s’impose comme une nécessité.