Publié le 14 février 2026 à 15h42. L’Irlande envisage de suivre l’exemple du Royaume-Uni en interdisant le vapotage dans les voitures transportant des enfants, une mesure qui s’inscrit dans une volonté plus large de lutter contre la dépendance à la nicotine, en particulier chez les jeunes.
- Le gouvernement irlandais se dit prêt à légiférer pour interdire le vapotage en présence d’enfants dans les véhicules.
- Cette annonce intervient alors que le Royaume-Uni dévoile un projet de loi visant à restreindre davantage l’usage des cigarettes électroniques, notamment dans les lieux publics fréquentés par les enfants.
- Une nouvelle législation irlandaise est en cours d’examen, visant également à limiter la publicité pour les produits du vapotage.
Le Taoiseach (Premier ministre) Michel Martin a exprimé sa ferme opposition au vapotage, le qualifiant de « revanche des géants du tabac ». Il a souligné le manque d’évaluation appropriée de l’impact de ces produits sur la santé, en particulier celle des jeunes.
« J’ai un seuil de tolérance très bas pour les vapes. Pour le moins, je pense qu’ils représentent la revanche des géants du tabac après que nous les ayons affrontés à cause des cigarettes. »
Michel Martin, Taoiseach
Le gouvernement irlandais examine actuellement un amendement au projet de loi sur la santé publique (produits du tabac et produits pour inhalation de nicotine) afin de renforcer la réglementation en matière de vapotage. Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus globale visant à protéger la santé publique et à prévenir l’addiction à la nicotine. Selon les données du projet d’enquête scolaire européenne 2024 sur l’alcool et autres drogues, environ 32 % des élèves de 15-16 ans en Irlande ont déjà essayé la cigarette électronique ou le vapotage, et 16 % en consomment actuellement, dont 7 % quotidiennement.
Parallèlement, le Royaume-Uni a annoncé son intention d’étendre l’interdiction de fumer pour inclure le vapotage dans les voitures transportant des enfants, les terrains de jeux et à l’extérieur des écoles. Le secrétaire britannique à la Santé, Wes Streeting, a justifié cette mesure par la nécessité de protéger les enfants de l’exposition à la fumée secondaire et aux vapeurs nocives.
« Les enfants et les patients ne devraient pas avoir à souffrir parce que d’autres choisissent de fumer. »
Wes Streeting, secrétaire britannique à la Santé
Une consultation publique de 12 semaines est en cours au Royaume-Uni pour recueillir les avis sur les modalités de mise en œuvre de cette interdiction, notamment en ce qui concerne les exemptions et la communication auprès du public. Le gouvernement britannique espère ainsi créer une génération sans tabac et protéger les jeunes d’une vie de dépendance. Les chiffres récents de l’Office britannique des statistiques nationales (ONS) montrent que, pour la première fois en 2024, le nombre d’adultes utilisant des vapes ou des cigarettes électroniques (5,4 millions) dépasse celui des fumeurs (4,9 millions).
En Irlande, le ministre de la Santé, Jennifer Carroll MacNeill, a déjà obtenu l’approbation du Cabinet pour un projet de loi visant à interdire la vente de vapes à usage unique, une mesure similaire ayant déjà été adoptée en Irlande du Nord en avril dernier. Ce projet de loi prévoit également de restreindre les arômes disponibles et la publicité pour ces produits.
Michel Martin a également souligné l’importance de s’attaquer à la publicité pour les vapes, qui n’était pas encadrée lors de l’introduction de l’interdiction de fumer en 2004, alors qu’il était ministre de la Santé.