Publié le 21 octobre 2025, 07:39:00. À quelques jours des élections, le gouvernement argentin cherche à inverser une tendance morose. Tandis que le président Milei prépare un remaniement ministériel d’envergure, la coalition cherche à regagner de l’élan en vue des scrutins à venir, notamment à travers la mobilisation de ses figures clés et une stratégie de dernière ligne droite.
- Le gouvernement de Javier Milei manifeste un regain d’optimisme, espérant améliorer son image avant les élections.
- Un remaniement ministériel significatif est envisagé, affectant potentiellement plus de la moitié du cabinet.
- La stratégie de campagne s’intensifie avec des événements majeurs dans des provinces clés comme Santa Fe et Cordoue.
Alors que la campagne électorale touche à sa fin, l’équipe du président Javier Milei affiche un optimisme prudent. L’objectif est de « sauver les meubles », comme le confie un membre de la campagne libertaire, reconnaissant qu’une victoire n’est pas garantie mais que la situation s’est améliorée par rapport aux semaines précédentes. Cette accalmie relative contraste avec l’ambiance pesante qui avait suivi la défaite cuisante dans la province de Buenos Aires le 7 septembre et la résolution de l’affaire José Luis Espert.
La dernière ligne droite de la campagne est marquée par des spéculations intenses concernant un remaniement ministériel profond. Un dirigeant proche de la Casa Rosada insiste sur la nécessité d’éviter une répétition de la situation du 8 septembre, lorsque l’absence de changements majeurs après la défaite électorale avait exacerbé les tensions internes. Javier Milei lui-même a reconnu que les modifications iraient au-delà des départs liés aux échéances électorales, et plus de la moitié du cabinet pourrait être concernée dès la semaine prochaine.
Au cœur des discussions figure la continuité du « triangle de fer », le système de décision concentré autour de Javier Milei, de sa sœur Karina et du consultant Santiago Caputo. Si l’avenir du stratège reste flou, l’entourage de ce dernier affirme qu’il « fera ce que Javier considérera ». Des doutes subsistent également quant au sort d’autres membres du gouvernement, tels que Guillermo Francos, ministre de l’Intérieur, ou Mariano Cúneo Libarona, ministre de la Justice, ce dernier ayant déjà fait part de son intention de chercher de nouvelles orientations professionnelles après le 27 octobre.
Au sein de La Libertad Avanza (LLA), on estime que la profondeur de cette réorganisation gouvernementale n’est pas directement liée au résultat des élections de dimanche. Cependant, une victoire pourrait faciliter la construction d’accords de gouvernabilité au Parlement, un objectif appuyé par des interlocuteurs internationaux. Le lobbyiste républicain Barry Bennett et le secrétaire au Trésor américain Scott Bessant ont tous deux souligné, à des degrés divers, l’importance de ces alliances pour la gestion actuelle.
Pour tenter de renforcer ces liens institutionnels, le gouvernement a organisé une réunion informelle de la Commission du Budget et des Finances, en présence de représentants du ministère de l’Économie. Bien que les avancées concrètes aient été limitées, cette rencontre pourrait ouvrir la voie à des discussions plus approfondies. Des figures comme Miguel Ángel Pichetto ont insisté sur la nécessité d’une « attitude institutionnelle renouvelée avec des alliances plus efficaces », soulignant que le résultat de dimanche sera déterminant pour évaluer la capacité du gouvernement à négocier.
Sur le front législatif, des questions concernant le rejet de l’urgence pédiatrique et le veto sur le financement des universités ont été soulevées par des blocs alliés. Ces textes, tout comme la loi d’urgence pour les personnes handicapées, ont été promulgués par l’exécutif, mais leur application est suspendue dans l’attente de financements spécifiques.
Le président Milei conclura sa campagne à Santa Fe, un choix stratégique favorisant cette province pour son potentiel électoral et son rôle dans les scénarios envisagés par les enquêtes d’opinion. La présence d’une partie importante du cabinet et des candidats nationaux est prévue.
Dans la province de Buenos Aires, LLA a adopté une stratégie de polarisation face au kirchnérisme, cherchant à gommer l’impact de la défaite précédente. L’arrivée de Diego Santilli, « El Colorado », en tête de liste a été saluée pour son expérience et sa couverture médiatique. La campagne libertaire fait état d’un optimisme croissant, certains estimant que l’écart de voix pourrait être inférieur à 10 points par rapport à l’adversaire.
Un point de friction demeure concernant la réimpression des bulletins de vote. La Chambre électorale nationale doit statuer sur les modalités du décompte, national ou par circonscription, une décision qui pourrait favoriser ou défavoriser certaines formations politiques.
Le gouvernement avait initialement envisagé une stratégie différente, mais les sondages défavorables ont conduit à des ajustements de calendrier et à une mobilisation accrue. Le déplacement de figures comme la ministre Patricia Bullrich et la visite attendue du ministre Caputo témoignent de l’importance accordée à ces dernières étapes. À Cordoue, l’espoir repose sur une bonne performance de Natalia de la Sota pour attirer des voix qui, selon les prévisions, iraient initialement à Juan Schiaretti.
La situation politique révèle également une dépendance accrue envers l’ancien président Mauricio Macri, reçu à deux reprises en l’espace d’une semaine. Son analyse des résultats et de la réaction de Milei le lendemain des élections pourrait peser sur l’avenir du mandat présidentiel.