Publié le 7 février 2026 21h30. Cuba fait face à une crise énergétique aiguë, conséquence d’un embargo pétrolier américain, qui entraîne des restrictions sévères sur l’accès aux carburants, les transports et les services essentiels.
- La vente de diesel est suspendue et l’accès à l’essence est limité, avec des délais d’attente pouvant atteindre deux mois via l’application Ticket.
- Le gouvernement cubain priorise l’approvisionnement des secteurs jugés essentiels, tels que la santé, l’eau, la défense et le tourisme.
- Des mesures d’urgence sont mises en place, incluant le télétravail, la réorganisation des horaires bancaires et le report d’événements culturels majeurs.
Face à une pénurie de carburant exacerbée par l’interruption des livraisons de pétrole vénézuélien et de nouvelles sanctions américaines, le gouvernement cubain a annoncé un ensemble de mesures d’urgence ce samedi. Ces restrictions visent à garantir l’approvisionnement des services essentiels et des secteurs économiques stratégiques, tout en limitant drastiquement l’accès des citoyens aux carburants.
La société Cimex, filiale du conglomérat GAESA (contrôlé par l’armée), a indiqué que la vente de diesel en pesos cubains et en dollars américains est temporairement suspendue. L’essence B90 et B94 reste disponible à la vente en dollars, mais uniquement via l’application mobile Ticket, avec une limite de 20 litres par personne et par véhicule. Les utilisateurs de cette plateforme signalent déjà des délais d’attente de deux mois pour obtenir un créneau.
L’année dernière, La Havane avait déjà commencé à dollariser certains services, notamment les stations-service, afin de compenser la baisse du tourisme et des transferts de fonds. Cette nouvelle situation renforce la pression sur l’économie cubaine, fortement dépendante des importations d’énergie.
Le vice-Premier ministre Oscar Pérez-Oliva Fraga a précisé vendredi que le carburant disponible serait prioritairement alloué aux « services essentiels », à la production d’électricité, aux « services de santé », à l’approvisionnement en eau, aux activités de défense et à la pérennité des secteurs générant des revenus en devises étrangères, comme le tourisme.
Le gouvernement cubain encourage également les entreprises privées à importer leur propre carburant, en facilitant les procédures administratives.
Les États-Unis ont interrompu les livraisons de pétrole vénézuélien à Cuba le 3 janvier, suite à des sanctions contre le régime de Nicolás Maduro. Le 29 janvier, un décret a été publié imposant des droits de douane aux pays fournissant du carburant à l’île. Cuba importe environ les deux tiers de ses besoins énergétiques.
Outre les restrictions sur les carburants, d’autres mesures ont été annoncées. Certaines banques ajusteront leurs horaires d’ouverture, tandis que des événements culturels, comme la Foire internationale du livre de La Havane, ont été reportés « jusqu’à nouvel ordre ». Le télétravail est encouragé dans les entreprises publiques, et les employés qui ne peuvent ni télétravailler ni déménager seront placés en « interruption de travail » jusqu’à résolution de la situation.
Dans le secteur de l’éducation, des cours mixtes seront mis en place dans les universités, en tenant compte des spécificités de chaque filière et de chaque établissement.
Concernant les transports, le ministre Eduardo Rodríguez a assuré que les vols nationaux et internationaux seraient maintenus, et que les aéroports et les ports continueraient à fonctionner. Cependant, le trafic ferroviaire sera fortement perturbé, avec des liaisons nationales assurées tous les huit jours par destination.
Certains hôtels de l’île ont également commencé à fermer leurs portes et à transférer les touristes vers d’autres établissements, en réponse à la crise énergétique, ont confirmé des sources du secteur à l’agence EFE.
Le président cubain Miguel Díaz-Canel a reconnu jeudi la complexité de la situation, prévenant que les Cubains vont « vivre des temps difficiles, très difficiles ».