Publié le 8 février 2024. Un simple t-shirt à l’effigie d’une institution montréalaise a créé un véritable engouement après être apparu dans la série à succès «Rivalité passionnée», propulsant les ventes en ligne et attirant l’attention sur la métropole québécoise.
- La diffusion d’un épisode de la série «Rivalité passionnée» a entraîné une explosion des ventes de t-shirts et de bagels de St-Viateur Bagel.
- Tourisme Montréal observe un intérêt accru pour la ville de la part des fans de la série.
- Des experts estiment que la série renforce l’image positive de Montréal, en mettant en avant son authenticité et son ouverture d’esprit.
St-Viateur Bagel, la célèbre boulangerie montréalaise fondée en 1957, a connu une augmentation spectaculaire de ses ventes suite à une apparition remarquée dans la série «Rivalité passionnée». Dans les premières minutes du cinquième épisode, l’actrice Sophie Nélisse, interprète de Rose Landry, porte un t-shirt arborant le logo de l’entreprise.
Selon Benjamin Choquette, directeur marketing de St-Viateur Bagel, les commandes en ligne ont «explosé» dès le 12 décembre dernier, date de diffusion de l’épisode. «Les ventes de marchandises, surtout le t-shirt avec le logo, ont presque triplé», a-t-il précisé. Si l’augmentation des commandes de bagels a été moins marquée, elle reste significative.
L’engouement s’est principalement manifesté au Québec et en Ontario, mais des commandes ont également été enregistrées en Colombie-Britannique, en Saskatchewan, et même en Europe et aux États-Unis, où la série a rencontré un grand succès. La succursale de l’avenue Mont-Royal est passée d’une centaine à 200-300 commandes par jour dans les deux semaines suivant la diffusion de l’épisode.
«Puisqu’on affiche le logo avec les t-shirts dans toutes nos boutiques, ils le reconnaissent tout de suite et ils nous disent l’avoir vu dans la série. Ils repartent donc avec un souvenir de plus», a expliqué M. Choquette.
«C’est vraiment une scène où il n’y a personne d’autre à l’écran, sauf l’actrice avec notre logo. Ça nous a pris un peu de court»
Benjamin Choquette, directeur marketing de St-Viateur Bagel
L’équipe de St-Viateur Bagel avait été informée de l’utilisation de son t-shirt dans la série, mais n’avait pas anticipé un tel impact. L’entreprise espère désormais accueillir Sophie Nélisse dans ses locaux pour célébrer ce succès inattendu.
Au-delà de St-Viateur Bagel, c’est l’image de Montréal qui pourrait bénéficier de cette exposition. Tourisme Montréal observe un intérêt croissant pour la ville de la part des fans de la série, notamment sur les réseaux sociaux. «Pour l’instant, on voit qu’il y a un engouement visible sur les réseaux sociaux. Il y a une multiplication des vidéos de personnes qui affirment vouloir venir à Montréal à la suite de la série», a déclaré Aurélie de Blois, porte-parole de l’organisme.
Bien que la série ait été principalement tournée en Ontario, une partie de l’histoire se déroule à Montréal, où résident les personnages principaux, Shane Hollander et Ilya Rozanov, capitaines respectifs des équipes de hockey fictives des Métros de Montréal et des Raiders de Boston. La série ne montre qu’une brève image réelle de la ville, une vue aérienne du parc Jean-Drapeau et de la Biosphère dans le quatrième épisode.
«Même si Montréal n’est pas son personnage principal, comme peut l’être la capitale française dans Emily à Paris, la série canadienne de la plateforme Crave contribue à renforcer l’image de la ville»
Aurélie de Blois, porte-parole de Tourisme Montréal
«Rivalité passionnée dépeint Montréal «comme étant une ville vibrante, intense et inclusive». L’oeuvre télévisée du réalisateur et scénariste montréalais Jacob Tierney contribue à nourrir l’imaginaire autour de Montréal», a ajouté Mme de Blois.
Marc-Antoine Vachon, professeur en marketing à l’Université du Québec à Montréal et titulaire de la Chaire de tourisme Transat, estime que la série parvient à faire résonner «l’ADN de Montréal». «On parle d’un sport centenaire pour lequel on est très passionné, et ça, personne ne peut le nier. (…) C’est aussi une célébration de l’amour dans toute sa diversité. Et sur ce point, on a été audacieux à Montréal. On n’est pas juste dans le discours. On a fait des choses au niveau légal pour affirmer notre ouverture», a-t-il souligné.
«On n’a pas besoin de voir des édifices, des paysages. Ça va dans la trame territoriale, dans le récit de qui on est. (…) C’est réaliste et c’est ce qu’on appelle en tourisme, l’authenticité. C’est tellement dans l’ADN de Montréal qu’on y croit, et c’est ce qui fait un récit authentique», a-t-il conclu.
M. Vachon recommande d’aborder cet engouement avec «élégance» et «délicatesse», en évitant une récupération commerciale excessive qui pourrait nuire à l’authenticité de l’image de Montréal.