Publié le 10 février 2026 14h19. Le gouvernement irlandais entend durcir la réglementation des locations de courte durée, notamment dans les villes de plus de 20 000 habitants, afin de libérer des logements pour les résidents et de soutenir le secteur touristique.
- Restriction des locations de courte durée dans les villes de plus de 20 000 habitants.
- Un accord de principe a été trouvé entre les partis au pouvoir et le ministre du Tourisme.
- Des critiques fusent de l’opposition, dénonçant une mesure jugée rétrograde ou motivée par des considérations politiques.
Un compromis a été trouvé hier soir entre les différents partis de la coalition gouvernementale et le ministre du Tourisme, Peter Burke, concernant la régulation des locations de courte durée. Ces locations, définies comme des séjours d’une durée maximale de 21 nuits, sont de plus en plus pointées du doigt pour leur impact sur la disponibilité des logements et la hausse des loyers.
Initialement, le gouvernement envisageait d’appliquer ces restrictions aux villes comptant au moins 10 000 habitants. Le seuil a finalement été relevé à 20 000, une modification significative qui a suscité des réactions mitigées. Selon le recensement de 2022, vingt villes irlandaises dépassent ce cap, avec Drogheda, dans le comté de Louth, en tête avec 44 135 habitants.
Le ministre Burke a insisté sur la nécessité d’une plus grande clarté pour les opérateurs du secteur.
« Il est essentiel que pour les cinq villes, qui seront l’élément clé de la réussite du secteur du logement à partir du secteur à court terme, cela fournira une voie solide pour y parvenir. »
Peter Burke, ministre du Tourisme
Il a également souligné l’importance de renforcer la résilience du tourisme irlandais, notamment dans les régions où la construction de nouveaux hôtels n’est pas viable à court terme.
La législation encadrant ces locations sera examinée par un comité de l’Oireachtas dans les prochains jours. Le ministère du Logement devrait également publier une déclaration de planification sur cette question sensible.
L’opposition n’a pas tardé à réagir. Eoin Ó Broin, porte-parole du Sinn Féin pour le logement, a dénoncé une « étape complètement rétrograde », accusant le gouvernement de « harceler » les locataires. De son côté, Conor Sheehan, député travailliste en charge des questions de logement, a critiqué le relèvement du seuil, le qualifiant de décision motivée par des « raisons politiques ». Il a également remis en question le rôle du ministre Burke, se demandant si c’était lui ou son collègue Michael Healy-Rae, qui s’était précédemment exprimé contre une réglementation plus stricte, qui prenait réellement les décisions.
« Le gouvernement doit sérieusement réprimer les fournisseurs comme Airbnb, les plateformes comme elles, qui permettent actuellement aux gens de proposer leurs propriétés, des personnes qui ne se seraient pas enregistrées et n’auraient pas respecté la législation de 2019. »
Conor Sheehan, porte-parole travailliste pour le logement
Parallèlement à ces mesures, le Tánaiste a annoncé l’extension de l’initiative City Living, visant à lutter contre l’abandon et les logements vacants dans les grandes villes. Les candidatures à ce programme seront ouvertes cet été, avec l’objectif de « régénérer certaines de ces grandes villes » et de « remettre en service davantage de logements » face à la crise du logement.
La Confédération irlandaise de l’industrie du tourisme (ITIC) a exprimé son inquiétude face à l’incertitude persistante concernant la réglementation des locations de courte durée. Eoghan O’Mara Walsh, son PDG, a salué l’intention du gouvernement de cibler les villes de plus de 20 000 habitants, mais a plaidé pour une plus grande clarté. Il a notamment soulevé la question d’une éventuelle interdiction des locations de courte durée et des locations de vacances, qui pourrait nuire à l’économie touristique. Il a également insisté sur la nécessité d’une période de grâce d’environ neuf mois pour permettre aux propriétaires de se mettre en conformité avec la réglementation.
Selon l’ITIC, il est crucial de trouver un équilibre entre la nécessité de libérer des logements pour les résidents et la protection des locations de courte durée dans les zones rurales et régionales, où l’offre hôtelière est souvent insuffisante.