Publié le 25 octobre 2025. Une avancée scientifique japonaise jette un nouvel éclairage sur l’apparition des cheveux gris. Des chercheurs de l’Université de Tokyo suggèrent que ce phénomène pourrait être un mécanisme de défense naturel du corps contre le cancer.
- Des scientifiques ont découvert que la perte de pigmentation des cheveux, résultant de dommages à l’ADN des cellules souches du follicule pileux, pourrait empêcher la formation de tumeurs.
- Lorsque ces cellules sont endommagées, elles cessent de se régénérer et se différencient, un processus qui conduit au grisonnement et qui freine la prolifération cellulaire potentiellement dangereuse.
- Cette découverte, publiée dans la revue *Nature Cell Biology*, révèle une relation complexe entre le vieillissement cellulaire, la sénescence et la prévention du cancer chez l’homme.
L’équipe de recherche, menée par le professeur Emi Nishimura, a mené des expériences sur des souris pour analyser le comportement des cellules souches du follicule pileux. Elle a observé que face à des ruptures de brins d’ADN, ces cellules entrent dans un processus appelé « différenciation couplée à la sénescence ». Au lieu de se multiplier, elles se transforment en cellules différenciées, un mécanisme qui stoppe leur division et, par conséquent, limite le risque de développement de cellules cancéreuses. Selon le professeur Nishimura, « une même population de cellules souches peut suivre des destins opposés (épuisement ou expansion) en fonction du type de stress et des signaux du microenvironnement ». Ainsi, les cheveux gris et le mélanome seraient deux issues possibles d’une même réaction cellulaire face à une agression génétique.
Les chercheurs ont également constaté que certaines cellules peuvent, sous l’action de cancérigènes, éviter ce processus de différenciation et conserver leur capacité de renouvellement. Cependant, cette voie augmente le risque de prolifération incontrôlée, soulignant l’équilibre délicat que le corps maintient entre le vieillissement capillaire et la prévention du cancer. L’apparition de cheveux gris pourrait donc être interprétée comme un signe que les défenses naturelles de l’organisme fonctionnent correctement.
Il est important de noter que, bien que cette étude ait été réalisée sur des modèles animaux, les scientifiques estiment que les conclusions pourraient aider à mieux comprendre les liens entre vieillissement, sénescence cellulaire et cancer chez l’humain. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour la médecine régénérative et la prévention oncologique, offrant une vision plus nuancée du processus biologique à l’origine des cheveux gris.
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R. Badillo